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 Chapitre 12 - Cobal et ses environs

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


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MessageSujet: Chapitre 12 - Cobal et ses environs   Ven 4 Nov - 18:11

Chapitre XII – Cobal et ses environs


De retour à Cobal, nous fîmes part à Selwyn de nos aventures, même si nous étions tous étrangement hésitants pour évoquer les circonstances du décès de Roderick, nos déductions et nos craintes. L’elfe comprit rapidement qu’il y avait un problème et que nos difficultés à nous exprimer provenaient d’un blocage. Selwyn étant instruit et perspicace, il soupçonna que nous étions marqués… par une… un truc vraiment pas beau et du genre féminin que je ne parviens même pas à écrire.
L’elfe accepta de nous aider mais il devait aller consulter d’autres personnes. Il nous demanda de veiller sur sa boutique pendant son absence. Il nous expliqua qu’il avait racheté à un t’skrang de passage, un certain Zeben, un superbe sabre ork en os.
Quelques jours plus tard, un ork du clan des Wargs du Crâne s’était présenté à la boutique de Selwyn et voulait absolument récupérer ce sabre qu’il prétendait avoir été dérobé à son clan. Face au refus du commerçant elfe, l’ork l’avait menacé de revenir avec son clan. Selwyn craignait donc le retour de l’ork et nous demanda de monter bonne garde. Bon, pour une fois, nous aurions l’avantage du terrain.

Deux jours après le départ de Selwyn et de son garde troll Felmore, l’ork tint sa promesse et revint avec un groupe de méchants pas beaux, majoritairement orks et nains. Leur tentative d’intrusion furtive ayant foirée, ils se lancèrent dans un assaut frontal, pensant nous vaincre par le nombre. Alors qu’un âpre combat de diversion se livrait devant la porte principale, un groupe d’assaillants pénétrèrent dans le magasin par le toit. La compagnie parvint à stopper les intrus et à les tuer ou les mettre en fuite. Victoire sur toute la ligne !
Je dois avouer, à ma grande surprise et satisfaction, que je ne fus pas ridicule dans ce combat. J’ai bloqué la progression des adversaires infiltrés, je suis parvenu à en abattre un et j’ai contraint leur chef à la fuite, ayant fait échouer sa tentative de mettre le feu à la boutique alors que le combat semblait terminé.

Le voyage de Selwyn étant prévu pour plusieurs semaines et la menace ork étant éliminée, nous profitâmes de ce répit pour nous refaire une santé, développer nos talents d’adepte et parfaire nos centres d’intérêts.
Pour ma part, j’avais trouvé un chasseur elfe nommé Aderan capable de m’aider dans ma profession d’éclaireur en échange de services et de quelques pièces d’or. Je décidai ensuite d’apprendre quelques notions en premiers soins - compétence qui faisait cruellement défaut au groupe - auprès de Weclya, une vieille rebouteuse naine. Grognonne comme une naine mais généreuse et amicale quand on avait appris à la connaître.
Enfin, fort de mes échecs passés, j’estimais que quelques notions en terme de galanterie et de flirt pourraient m’être utiles. Bien que surprise par ma requête, Madame Ishir, une courtisane humaine sur le retour, m’apprit comment parler aux femmes. Il était temps. Dommage que je n’avais personne sous la main pour quelques travaux appliqués. Je n’étais pas sûr que Monsieur fût indiqué pour me donner la réplique à ce niveau…

Alors que nos entraînements se terminaient, le chef de la milice de Cobal demanda à nous voir.
« - Salut les gars ! Je sais que vous êtes des aventuriers et que vous êtes efficaces, vu le boulot que vous avez fait au magasin de Selwyn. Voilà de la racaille qui ne gênera plus le village ! J’aurais besoin de votre aide pour retrouver deux chasseurs disparus dans la vallée au nord-est. Il y a quelques fermes éparpillées le long de la rivière Grenouille et deux types ne sont pas revenus de leur chasse. La famille demande l’aide de la ville, alors j’ai pensé à vous.
- On gagne quoi dans l’affaire ? commençais-je avec un air un peu méfiant. »
« - Eh les gars, on roule pas sur l’or ici. Je vous demande juste un petit service. Pour l’instant, je ne vous ai pas trop embêté, même si vous avez tendance à faire du grabuge autour de vous. Si vous jouez aux mercenaires, je pourrais être moins cool.
- D’accord, intervint Jeb avant qu’une réplique bien sentie ne me vienne. On va aller voir ce que l’on peu faire.
- Ouais, renchérit Thregaz, ça nous permettra de bouger un peu. On commence à s’encroûter grave !
Je ronchonnais un peu pour la forme, mais c’est vrai que ça semblait être le type de petite mission idéale pour mettre à profit nos nouvelles connaissances et pour patienter d’ici le retour de Selwyn (il commençait à être long celui-là…). Mais les missions trop simples, ce n’est jamais ce que l’on croit. D’ailleurs, les missions compliquées non plus.
Une fois le plan des environs en poche, nous préparâmes nos affaires afin de partir le lendemain.

Après cette pause de plusieurs semaines, le groupe était plutôt heureux de reprendre la route des aventures. Grâce aux derniers enseignements du chasseur Aderan, je me sentais plus proche de la nature que jamais et j’observais mon environnement avec une nouvelle acuité, comme si des couleurs que je n’avais jamais vues étaient soudainement apparues. D’un pas guilleret, je pris ma position habituelle d’éclaireur, à vingt mètres devant le reste du groupe.
A la fin du premier jour, nous fîmes une halte à la ferme Soderfall. Le bâtiment, assez robuste de conception, n’était toutefois guère reluisant d’aspect et l’entretien faisait cruellement défaut. La famille Soderfall se composait des trois frères, d’une sœur et de deux adolescents. Ils semblaient plus doués pour la chasse et la glande que pour tenir une ferme. Ni futés, ni méchants, ils nous autorisèrent à camper à proximité de la ferme et nous passâmes la soirée en leur compagnie.

Le lendemain, nouvelle journée de marche vers notre destination. En fin de journée, nous parvîmes enfin à la ferme Kalk. Sur place, nous rencontrâmes une femme méfiante et désespérée, accompagnée de deux jeunes enfants. Sarune était l’épouse de Barli, un des chasseurs qui avait disparu. L’autre était son fils aîné, Androw.
Il était trop tard pour faire des recherches aujourd’hui et nous remîmes le départ au lendemain. Je fis mon possible pour aider Sarune et distraire les enfants qui étaient partagés entre leur inquiétude pour leurs proches et leur curiosité face à ces étrangers.

Une heure après l’aube, le petit déjeuner à peine avalé, Sarune nous montra les alynx que son mari utilisait pour la chasse. La mère, notamment, semblait assez énervée et ne demandait qu’à sortir. Une fois dehors, elle tira sur sa laisse vers l’est. Nous décidâmes de suivre la direction montrée par le félin. Mes talents de pistage confirmèrent que nous suivions bien les traces de deux hommes. Après trois heures de marche, nous découvrîmes une scène macabre : les deux chasseurs avaient été surpris par un groupe de cinq trolls et certainement massacrés mais leurs corps n’étaient pas là. Laissant là le reste du groupe par souci de discrétion, je décidai de suivre les traces des trolls. Deux heures plus tard, je tombai sur un campement provisoire où je discernai les traces de neuf trolls, pas moins. J’y trouvai également les ossements des chasseurs : les trolls les avaient mangés. Maîtrisant ma colère et mon envie de poursuivre la piste, je revins vers les autres et nous retournâmes à la ferme Kalk pour y annoncer la mauvaise nouvelle.
Alors que Sarune s’était enfermée pour pleurer avec ses enfants, nous discutâmes pour savoir que faire ensuite. Même si Jeb n’approuvait pas l’idée, nous avons décidé de nous séparer. Thregaz et Jeb resteraient à la ferme Kalk pour veiller sur les survivants, pendant que Gothzul, plus rapide sur sa monture, foncerait à Cobal pour informer le chef de la milice et ramener des renforts, si possible. Pour ma part, je décidai de retourner sur les traces des trolls pour en apprendre plus sur leurs intentions.

Malgré mes trois jours de retard, il ne fut guère difficile pour moi de suivre les traces d’une bande de trolls si peu discrets. Une fois sur le plateau, ils avaient pris la direction du sud-est, vers le bois des araignées. Mes talents d’adepte n’étaient pas indispensables pour une telle tâche mais ils me permettaient d’être plus rapide et plus sûr qu’un pisteur traditionnel. Chaque jour, je gagnais sur eux, heure après heure.
Le second jour de ma traque, j’arrivai au bois des araignées et j’y découvris un nouveau camp abandonné. Un examen approfondi des traces me montra qu’un dixième troll les avait rejoint. Un troll seul ? Étrange. Mais je pouvais me faire des nœuds au cerveau toute la journée que je n’en saurais pas plus. Après un repos rapide, je repris la piste qui s’orientait résolument vers le sud. En fin de journée, je parvins aux restes d’un nouveau campement. Dans celui-ci, je découvris des ossements étranges gravés de runes qui me semblaient malsaines. Leur simple présence me procurait un sentiment de dégoût que je ne pouvais expliquer sinon que par les relents d’un rituel maléfique. En examinant à nouveau les traces, je découvris celles d’un truc gluant qui semblait plutôt dégueulasse et qui avait rejoint les trolls. Toutefois, les traces gluantes repartaient vers l’est et celles des trolls obliquaient cette fois vers l’ouest et Cobal. A quoi jouaient-ils ? Je n’y comprenais rien. A moins que le truc répugnant ne leur ait donné de nouvelles instructions. Après une nuit d’un sommeil agité de cauchemars et entrecoupée de réveils brusques, je poursuivis ma traque au petit matin, fatigué mais désireux de savoir où allaient les trolls. Et la direction de Cobal m’allait assez bien. Ils n’allaient quand même pas attaquer la ville à dix ?

Les traces ne redescendirent pas dans la vallée en direction de Cobal mais menaient vers le nord-ouest, puis vers le nord. Les trolls repartaient vers les fermes de la vallée. Consterné, j’accélérai encore l’allure, craignant d’arriver trop tard. Aucune des fermes ne pourrait résister à l’attaque de dix trolls furieux.
Quelques heures plus tard, j’arrivai en vue de la ferme des Soderfall et, atterré, je ne pus que constater un nouveau massacre. Le bâtiment avait été détruit par le feu et les décombres encore fumants me dissuadèrent d’approcher plus avant. Toutefois, il me sembla apercevoir au milieu des vestiges du bâtiment des corps massifs, trop gros pour être ceux des fermiers. Certains trolls semblaient avoir péris dans la maison en flammes. Ici et là, les corps des fermiers gisaient, déchiquetés et partiellement mangés.
Mais les trolls survivants ne semblaient pas s’être arrêtés bien longtemps et étaient repartis en direction du nord-ouest, remontant sur le plateau ouest de la vallée. Parmi les traces autour de la ferme, je remarquai celles du stagian de l’ork qui semblait s’être mêlé à la bataille puis était reparti vers le nord, d’où il était venu. Tous mes potes étaient donc à la ferme Kalk. La mauvaise nouvelle c’était que Cobal n’était toujours au courant de rien.
Désespérant de comprendre la logique des trolls dans cette affaire, je repris la piste qui évitait la ferme Burison et repartait vers le nord puis vers l’est une fois arrivé à hauteur de la ferme Kalk. J’y découvris les restes de Sarune et des deux enfants, une ferme saccagée et tous les animaux massacrés par plaisir. Les trolls étaient ensuite repartis vers l’est, remontant vers le plateau. Selon les traces toujours, mes compagnons étaient partis en direction de la ferme Burison avant l’attaque. Toute la famille Kalk avait désormais péris. Repensant aux deux enfants avec lesquels j’avais joué quelques jours auparavant et à la tristesse de Sarune, j’étouffais un sanglot de rage et d’impuissance. Ravalant ma rancoeur, je délaissais les traces des trolls et partis vers la ferme Burison.
Quelques heures plus tard, j’y retrouvais mes compagnons retranchés avec la famille naine. Le bâtiment était solide et les habitants déterminés. Si nous avions une chance contre les trolls c’était ici. Si ceux-ci revenaient, mais personne ne doutait qu’ils allaient revenir pour finir le boulot dans la vallée. Épuisé par des jours de marche forcée, j’allai m’écrouler dans un coin pour y récupérer mon retard de sommeil.

La nuit suivante, l’alerte fut donnée : les trolls arrivaient ! Sales, hirsutes, bavant et les yeux injectés de sang, ils frappaient tout ce qui se présentait à eux, mais avec un sens de la tactique étonnant. Pendant que le gros de la troupe chargeait de front nos défenses, d’autres trolls contournaient les bâtiments pour franchir le mur d’enceinte et nous assaillir par l’arrière. Thregaz défendait l’entrée et, comme à son habitude, en prit plein la gueule dés le début du combat. Le reste des défenseurs contenaient les trois autres trolls avec plus ou moins de bonheur. Pour ma part, je rameutai deux nains afin d’harceler un troll. La tactique marcha assez bien mais nous étions individuellement trop faibles pour lui faire grand mal.
Gothzul parvint à se débarrasser de son adversaire assez rapidement (une bonne recrue cet ork, vraiment) et fonça intercepter deux trolls qui arrivaient sur nos arrières et qui s’en prenaient à un étrange t’skrang arrivé juste avant l’assaut des trolls.
A l’entrée, les trolls se gênaient entre eux et se frappaient, laissant un peu de répit à Thregaz pour se reprendre et revenir après son sang de feu qui signait généralement le début de la fin pour nos ennemis. Les choses semblaient progressivement s’améliorer pour nous… jusqu’à ce que mon adversaire me délivre un énorme coup de hache de pierre qui me jeta à terre, meurtri. M’attendant à une nouvelle attaque, je roulai à terre mais le troll tomba à son tour, vaincu par un sortilège du t’skrang inconnu. Je me relevai péniblement et me désolai de l’état de ma tunique de cuir.
Soudain, ce fut le déclic : ma tunique déchirée, le souvenir de Sarune et des enfants, le massacre des Soderfall et des Kalk, tout cela se bouscula dans mon esprit et je sentis une rage froide monter. L’épée haute, je me jetai sur le troll qui combattait Gothzul, quelques mètres plus loin, et l’éventrai pour le compte.
Face à la détermination et à l’efficacité des défenseurs, les trolls étaient tombés les uns après les autres. Toutefois, la rage qui m’avait saisi ne retomba pas et j’eus brusquement envie de tuer le t’skrang inconnu. Je résistais à cette pulsion et ressenti en contrecoup une vive douleur dans tout mon corps, en même temps que je perçu un murmure insidieux qui me promettait une récompense si j’obéissais et des tourments sans fin si je persistais à résister. A cette idée d’asservissement mental, tout mon être se révolta et je résistais de plus belle, mettant fin à la tentative de contrôle mais la douleur ne fit qu’empirer. Je vomis un flot de sang et m’évanouis.

Le lendemain, je me réveillai en piteux état. Mes compagnons ne valaient guère mieux et, comme moi, ils avaient subis l’assaut mental de… le truc qui nous avait marqué. Tous avaient résisté, avec plus ou moins de séquelles. Durant quelques soins et un copieux déjeuner, nous fîmes connaissance avec le nouveau t’skrang. Il s’appelait So’tek et était nécromancien.
Selwyn l’avait envoyé pour nous ramener à Cobal. Vu la tournure que prenaient les événements, il devenait évident qu’il nous fallait de l’aide. Et le plus tôt serait le mieux. Après avoir aidé les nains à empiler les trolls pour les brûler hors de l’enceinte de leur propriété, nous reprîmes la route de Cobal.

Le surlendemain, nous arrivâmes à la petite ville minière qui était en pleine effervescence. Les villageois s’activaient de partout et mettaient la communauté en défense en creusant des fosses et en érigeant des palissades. Questionnant un habitant, nous apprîmes qu’ils avaient été attaqués par une bande d’orks pillards et des cadavereux. Et cet assaut s’était focalisé sur la boutique de Selwyn.
En arrivant chez l’elfe, nous constatâmes qu’il était blessé. Selwyn nous appris que Felmore était mort et que son propre salut n’était dû qu’à la présence d’un étrange mage elfe qui s’avança et qu’il nous présenta sous le nom d’Augure.
D’un naturel méfiant et tenus par la magie de la marque, nous ne pouvions nous confier à cet inconnu. Augure compris rapidement le problème et usa de sa magie à notre encontre. Dès lors, nous ne pûmes nous empêcher de parler et de raconter nos dernières aventures en détail.

Fort de ses renseignements, le mage confirma nos craintes.
« - Je vois, je vois. Considérant vos ennuis, je vous suggère fortement d’éviter de fréquenter les communautés afin ne point y apporter le malheur. Ainsi que vous l’avez fait avec les fermes de la vallée de l’est.
- Et à part jouer les ermites, on fait quoi ? grogna Thregaz.
- C’est vrai ça, continuais-je, on savait déjà qu’on était dans la merde. Si vous aviez un conseil ou un truc pour nous aider, ça serait plus utile.
- J’ai peut-être quelque chose pour vous, répliqua l’elfe en me lançant un regard glacial. Je peux vous conseiller d’aller voir un de mes amis, un sorcier qui devrait être capable de vous aider. Il s’appelle Amery Deux fois maudit et réside à Fort Vrass, dans la vallée de l’Olsir.
- Ça vient de quoi son surnom ? s’enquit Jeb.
- Vous le lui demanderez quand vous le verrez, répondit Augure. Pour le reste voyez avec Selwyn.
Génial. J’étais curieux de voir comment un type qui était deux fois maudit allait aider d’autres types qui n’étaient qu’une seule fois maudits. Pour l’instant.

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