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 Chapitre 09 - Mauvaise passe

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


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MessageSujet: Chapitre 09 - Mauvaise passe   Mer 2 Nov - 18:58

Chapitre IX - Mauvaise passe


Alors que les membres du groupe rencontraient Charboyya pour lui remettre le courrier qu’il attendait de sa famille et lui faire le récit de nos aventures, j’allais retrouver Kalleshane pour voir quel accueil elle allait me réserver.

Toujours aussi ravissante et à l’aise avec sa clientèle, elle m’avait aperçu du coin de l’œil mais poursuivait sa vente en cours. Quelques instants plus tard, elle se tourna vers moi avec une expression indéchiffrable. Mais le sourire éblouissant n’était pas au rendez-vous.
« - Bonjour Kalleshane. Je suis de retour.
- Je le vois bien. Et que puis-je pour toi ? Il te faut du tissu ? ajouta-t-elle avec sourire ironique.
- Non, je voulais juste savoir si tu avais prévu quelque chose ce soir…
- En fait, oui.
- Ah… J’avais espéré que…
- Et bien cesse d’espérer. Notre aventure d’un soir a été agréable, mais cela n’a été que ça : une aventure d’un soir.
Son sourire était froid et elle s’était raidie, comme si elle s’attendait à des protestations ou une réaction colérique de ma part.
- Fort bien ! Et bien, au moins c’est clair et cela m’arrange, pour tout dire. Je te souhaite une bonne journée.»
Je fis demi-tour et la planta là. J’aperçu tout de même sur son ravissant visage une expression d’étonnement qui compensa partiellement ma déception. J’avais eu plus d’un mois pour penser à cette fameuse soirée. Elle m’était tombée dans les bras tellement facilement que j’en étais venu à soupçonner son caractère plutôt volage.
Une fois cela fait, je rejoignis le reste du groupe et fis mon plus beau sourire à Maloniel lorsqu’elle me regarda.

En soirée, Ulnich, le patron de l’auberge « Mon ami l’obsidien » où nous étions revenu, nous présenta un étrange personnage. Avec ses vêtements de cuir élimés et son visage mal rasé, il était clairement à ranger dans la catégorie « louche ». Roderick avait discuté avec Ulnich de la statuette du dragon et ce dernier nous avait dit qu’il connaissait quelqu’un que cela pouvait intéresser. Et à voir la mine des autres, le type qui s’était présenté comme s’appelant Galahel ne leur inspirait pas plus confiance qu’à moi. Il fut très surpris que nous refusions de vendre l’objet. En effet, nous voulions l’échanger contre un tutorat pour Ardelëa. Galahel nous assura qu’avec la somme qu’il nous proposait nous pourrions trouver un mentor pour elle. Mais rien n’y fit et Galahel s’en fut.  

Le lendemain, Ulnich nous prévint qu’un commerçant cherchait des aventuriers qui ne soient pas originaires de Grandfoire et que le job pourrait nous intéresser.
Une fois sur place, nous rencontrâmes le t’skrang Kar’Tharsis qui tenait une boutique d’épices de luxe dans un des quartiers marchands les plus riches de la cité. Sa boutique avait été vandalisée, toutes les épices étaient répandues à terre et avaient été mouillées. Pour le reste, pas d’effraction ni casse d’aucune sorte. Un poignard à la décoration étrange et caractéristique était ostensiblement planté dans le comptoir. Bref, cela sentait l’avertissement à plein nez, même si notre employeur ne voyait pas de qui cela pouvait venir. Il se disait honnête et n’avait aucun ennemi capable de faire ce genre de chose. Un commerçant honnête, ben voyons ! Et qui plus est, dans un quartier riche… il nous prenait vraiment pour des gogos ! Mais bon, s’il payait bien, pourquoi pas. Et une aventure en ville nous changerait un peu.
Je mis mes talents d’adepte à contribution et commençai à chercher des traces. Grâce à ma magie, cela ne fut guère difficile de les découvrir et de les suivre à l’extérieur. Je partis tel un limier, sans prévenir les autres tant ma concentration était grande. Thregaz me suivit néanmoins, se disant que sa présence pourrait être utile si je parvenais à me remonter la piste jusqu’au bout. Ce brave Thregaz… j’en étais venu à le considérer comme mon ange gardien. Solide, fiable, ne parlant que quand il le fallait et toujours prêt à faire la fête, il était sans doute celui que j’appréciais le plus dans notre compagnie. Maloniel mise à part bien sûr.

Les traces nous menèrent à plusieurs quartiers de là, dans un coin nettement moins opulent. Nous nous tenions devant La Bibliothèque, la taverne la plus minable que j’aie jamais vu. Après nous être consulté d’un coup d’œil, nous entrâmes. En scrutant la faune locale, peu reluisante, nous vîmes qu’un petit t’skrang miteux nous observait en retour. En m’approchant de sa table, il nous fit signe de nous asseoir et engagea la conversation comme s’il nous attendait.
- « Vous cherchez quelque chose les gars ?
- Nous ? Pourquoi cette question ?
- C’est clair que vous avez la tête de gars qui cherchent quelque chose.
- En fait, nous visitons la ville.
- C’est sûr, dans une taverne comme celle-là, tous les voyageurs ont envie de s’arrêter… »
Le t’skrang me considéra avec un sourire torve et une expression rusée. Je remarquai à ce moment la décoration particulière de l’épée courte à son côté. Exactement la même que celle du poignard fiché dans le comptoir de Kar’Tharsis. En tout cas, nous ne faisions pas fausse route. Mais la chose me semblait un peu trop facile et je flairais l’embrouille.
- « Est-ce que vous voulez du boulot ? Ton pote troll à l’air efficace et s’il t’accepte comme compagnon c’est que t’es moins fiote que t’en as l’air.
Je laissais passer l’insulte.
- Et que faut-il faire ?
- Vous verrez ça avec votre employeuse. Rendez-vous demain à 10 heures à l’auberge du Saule et du Sylphelin. Vous demanderez Telba Shiresa. C’est compris ?
- Compris. Mais pourquoi nous parlerait-elle ? Elle ne nous connaît pas.
- Vous lui donnerez mon nom, Nas’Katal, et direz que vous venez de ma part.
- Et pourquoi nous ?
- Ça vous intéresse ? Vous êtes là, non ? Moi j’ai autre chose à faire et j’aime pas les questions. »

Thregaz et moi étions prêts à lui mettre la main au collet pour un entretien plus « poussé » mais il se leva et, sans que sache comment il s’y prit, une bagarre se déclencha dans l’auberge. Thregaz n’était pas le dernier pour mettre des avoinées quand il en avait l’occasion et il entreprit une distribution générale de tartes aux marrons. De mon côté, je me retirai rapidement de la mêlée et sortis pour faire le tour du bâtiment car je pensais que le petit t’skrang allait profiter de la diversion pour filer par derrière. Je patientais en vain pendant un bon moment. Finalement, je recrutai quelques gamins des rues pour assurer la surveillance en échange de quelques pièces.
Thregaz sortit finalement et m’informa qu’un des clients avait été tué dans l’échauffourée, par une lame. J’étais quasiment certain que le t’skrang était dans le coup.

Nous retournâmes voir le reste du groupe qui menait l’enquête en direction des magouilles du quartier : milice corrompue, trafiquants locaux, rivalités commerciales. Bref, le genre de merde qui remonte toujours dès que l’on creuse là où il y a un peu d’argent en jeu dans un endroit civilisé.
Un fois les infos mises en commun, Thregaz et moi repartîmes à la Bibliothèque car il fallait en apprendre plus sur ce t’skrang fuyant. Alors que le troll entrait pour poser des questions, je fis le tour du bâtiment pour l’inspecter plus attentivement. Je remarquai une gouttière qui passait juste à côté d’une fenêtre qui semblait mal fermée. J’allais entreprendre l’escalade lorsque j’entendis des bruits de bagarre venant de la salle centrale de la taverne. Une nouvelle baston ? Déjà ?

Je me précipitai pour aller aider le troll. L’idée même semblait ridicule mais je ne pouvais pas laisser tomber mon meilleur compagnon. Je le vis devant le comptoir, pris à parti par plusieurs clients. Mon sang ne fis qu’un tour, je saisis un gobelet sur une table et en asséna un grand coup sur la tête du premier client qui arriva à ma portée. Le type s’effondra sans un cri sous le choc, comme une marionnette dont on aurait coupé tous les fils. Une tâche de sang commençait déjà à se répandre sur le mauvais plancher. Cela mit immédiatement fin à la bagarre et l’aubergiste, en colère, nous demanda de quitter son établissement. J’étais tétanisé et dans un état second. Thregaz me prit doucement par le bras et me fis sortir, une lueur de respect dans le regard. A peine dehors, je fis quelques pas hésitants et allai vomir dans la ruelle annexe. J’avais assassiné un inconnu qui ne me menaçait pas.
Quelques instants plus tard, le troll me ramena à Mon Ami l’Obsidien. Lorsque les autres arrivèrent, il leur raconta mon exploit. Car c’était bien un exploit pour eux. Ils me félicitèrent et commandèrent une tournée pour fêter cela. C’était plus que je ne pouvais en supporter et je quittai l’auberge. Un peu inquiets, ils vinrent me chercher plus tard. J’acceptai de revenir sous condition qu’ils ne parlent plus de cet épisode. Ils acceptèrent mais sans comprendre mon état d’esprit. Je mangeai rapidement puis alla me coucher. Je ne trouvai le sommeil que bien tard et mes cauchemars ne furent guère compatissants.

Le lendemain, Thregaz et moi nous rendîmes à l’auberge Le Saule et le Sylphelin. C’était un établissement d’une grande classe, au milieu d’un somptueux parc surveillé par des gardiens privés armés. Nous y rencontrâmes Telba Shiresa, une elfe distinguée, jolie, propre sur elle et dénuée du moindre scrupule. Bref, une belle salope pleine aux as. Elle haussa un sourcil de surprise en nous voyant.
« - Vous êtes qui tous les deux ?
- Voici Turguz, je suis Arias. Nous sommes envoyés par Nas’Katal. D’après lui, vous auriez du boulot pour nous.
- Et pourquoi je vous donnerais du boulot ? Je ne vous connais pas.
- Il y a beaucoup de personnes qui ne nous connaissent pas ici. C’est plutôt bien dans certains cas.
- Hum. Et vous savez faire quoi ?
- Nous faisons ce qu’il faut pour que l’employeur soit satisfait.
- Je vois. Bien, pourquoi pas après tout. Nas’Katal a foiré son coup et il ne mérite pas une seconde chance. Vous allez reprendre son boulot mais avec plus d’efficacité et en mettant un point final à cette affaire.
- Un point final ?
- Vous me réglez définitivement cette affaire. Si cet abruti de Kar’Tharsis ne veut pas comprendre, tant pis pour lui. Je vous offre 1.000 PA pour en finir avec lui, plus 1.000 pour vous débarrasser de Nas’Katal. Il en sait trop.
- Très bien. On vous fait ça quand ?
- Le siècle prochain ! Non mais, vous croyez quoi ? Vous faites ça le plus vite possible et après vous serez payé.
- D’accord, le plus vite possible. Mais pas avant d’avoir une avance de 200 PA.
L’elfe pris deux petites bourses dans son sac et nous les jeta avec un reniflement méprisant.
- Prenez ça et disparaissez ! »

A partir de là, les choses se compliquèrent et nul ne comprit vraiment ce qui se passa. Pendant que Roderick allait voir notre employeur pour lui poser des questions, le reste du groupe se mit à la recherche de Nas’Katal. Puisque Telba Shiressa  estimait qu’il en savait trop, il fallait absolument le retrouver pour en apprendre plus dans cette affaire.
Pendant que nous sillonnions la ville en vain, Roderick se faisait attaquer par Nas’Katal qui avait déjà exécuté le commerçant. L’échauffourée tourna mal et Roderick faillit mourir. Il s’en sorti in extremis en mettant le feu à la boutique. Les deux t’skrang restèrent à l’intérieur du magasin qui partit en flammes. Tout comme notre première mission urbaine qui était un beau fiasco.

Le lendemain matin, à l’auberge, Roderick signala que Jeb ne répondait pas pour venir déjeuner. Et Maloniel n’était pas descendue non plus. Après quelques plaisanteries salaces sur les activités supposées des deux absents, nous montâmes voir ce qu’il en était. Nous avons tambouriné en vain aux portes. Finalement, j’allai chercher Ulnich afin qu’il nous ouvre.
Dans la chambre du t’skrang, nous trouvâmes Jeb profondément endormi. Visiblement drogué, vu son absence totale de réaction lorsqu’on le secouait. De mon côté, je trouvais la chambre de Maloniel vide. Toutes ses affaires personnelles avaient disparues. Le fait que Jeb soit drogué n’expliquait pas son départ. Peu après, Thregaz signala que la statue du dragon avait disparu. Et ça, en revanche, ça expliquait très bien le départ de notre petite voleuse…

Alors que nous redescendions dans la salle centrale en commentant les événements, nous aperçûmes Galahel et Maloniel installés à notre table. Galahel avait la main posé sur un certain coffret : celui qui contenait la statuette du dragon. La jeune humaine avait la tête baissée, visiblement penaude et mal à l’aise.
Galahel nous ramenait la statuette que Maloniel avait volé pour lui vendre. Il nous informa avoir  discuté un peu avec la voleuse pour en savoir un peu plus sur la compagnie et qu’il nous accordait désormais un peu de confiance. Il avait craint que nous ne soyons des ennemis de Throal. Je me demande sur quoi il se basait pour croire ça. Il nous souhaita ensuite une bonne journée et s’en alla. La voleuse était un peu honteuse et n’en menait pas large. Elle ne souhaitait plus continuer avec la compagnie car elle était dépitée par notre attitude, notre manque d’ambition et notre peu d’efficacité. Comme pour lui donner raison, une énième dispute éclate entre Roderick et Adanhedel. Lassé par leurs prises de bec et profondément déçu par Maloniel, je quittais l’auberge.
J’avais espéré tellement mieux d’elle. En l’espace de quelques jours, j’avais été jeté par Kelleshane, j’avais assassiné un pauvre type et j’avais perdu Maloniel. Je me sentis à nouveau déprimé, avec l’impression de ne jamais parvenir à faire quelque chose de bien et que les coups du sort continuaient à s’accumuler. Je n’avais même pas envie de discuter avec la jeune voleuse tant sa trahison me désespérait. Avec le recul, je me dis que j’aurai dû.

Une fois de plus, c’est Thregaz qui vient me rechercher. Je crois que c’est bien le seul que j’apprécie dans cette équipe, avec Jeb. Je ne supporte plus les querelles intempestives du nain et de l’elfe et il va falloir que l’on règle cela un jour ou l’autre.
Pour l’instant, Roderick et les autres souhaitaient retrouver Galahel et ils demandèrent à Maloniel de nous mener à lui avant de quitter la compagnie. Le nain fit un grand discours et pardonna à la jeune voleuse. Il est tellement gentil et naïf qu’il mériterait des baffes parfois…

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