Suivi de la campagne des Lions de Pierre, 5ème saison
 
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 Chapitre 56 - Expéditions dans Parlainth

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar
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MessageSujet: Chapitre 56 - Expéditions dans Parlainth   Lun 27 Fév - 23:05

Chapitre 56 – Expéditions dans Parlainth
 
Le lendemain matin, alors que nous étions tout prêts au départ, Jezra arriva en courant et demanda à ce qu’on la suive rapidement chez elle. Craignant le pire, nous l’accompagnâmes. Sur place, nous découvrîmes l’elfe Bethany, questrice de Garlen, penchée sur Audra, alitée et délirante. Selon la questrice, le mal dont souffrait Jasom se propageait. L’Horreur semblait remonter les liens du sang. La suivante serait Jezra puis la famille d’Audra, où qu’elle se trouve à Barsaive. Cela ne changeait pas grand-chose pour nous, sinon renforcer notre résolution.
Nous revînmes vers les portes du Refuge qui ouvraient sur Parlainth. Les gardes voulurent savoir si nous souhaitions leur assistance au retour, dans l’hypothèse où nous aurions des ennemis à nos trousses. Je compris l’intérêt de la question quand nous apprîmes que cette assistance nous couterait la bagatelle de 20 pièces d’argent chacun. Et encore, ils nous faisaient un prix d’ami à la demande de Torgak, sinon c’était 50 pièces. Quelque peu écœurés par l’approche mercantile de la plupart des habitants de notre démarche qui ne visait qu’à préserver leur ville, nous payâmes notre écot.
 
Grâce à mes talents d’éclaireur, je retrouvai rapidement les traces de Sekra, la troubadour corrompue. Il fut décidé que Wowyn et moi assurerions l’avant-garde et le rôle d’éclaireurs, le reste du groupe suivant à vingt mètres derrière, prêts à accourir en cas de danger. Le voleur humain de la Légion était plutôt spécialisé dans la détection des pièges et je lui laissai ce rôle, me concentrant sur l’orientation dans ce dédale et la vigilance à l’encontre de tout ce qui était susceptible de nous menacer. C’est-à-dire la ville entière.
 
Le début fut assez simple. La grande artère était large, rectiligne et en assez bon état si l’on exceptait l’énorme trou qui scindait la voie en deux et qui menait aux étages inférieurs. La visibilité était bonne et les emplacements pour se dissimuler réduits. Après une bonne heure de marche prudente mais tranquille, nous aperçûmes trois petites silhouettes simiesques qui fouillaient des décombres. Wowyn m’informa qu’il s’agissait de fouineuses, des créatures peu dangereuses par elles-mêmes mais qui entretenaient et réactivaient les pièges qu’elles rencontraient.
Les fouineuses nous aperçurent alors et détalèrent promptement. Difficile de savoir d’où elles étaient venues et par où elles étaient parties. L’ensemble de la zone devait donc être considérée comme piégée. Nous redoublâmes de vigilance et la vitesse de notre progression s’en ressentit.
 
Pour suivre l’itinéraire du plan, nous dûmes bientôt quitter l’artère centrale et nous engager dans des ruelles plus tortueuses et plus risquées. Une brume glaciale nous tint bientôt compagnie, rendant notre équipée plus désagréable encore, tant par le froid qui nous saisissait que par les dangers potentiels qu’elle nous dissimulait.
Toutefois, contre toute attente, nous arrivâmes devant un bâtiment décrit par Sekra comme l’entrée de l’antre de l’Horreur, sans rencontrer ni piège ni hostilité. Cela nous parut un peu simple. Mais le groupe de Sekra, venu quelques jours auparavant, avait peut-être fait le ménage sur notre itinéraire.
 
Thregaz prit la place de Wowyn alors que nous nous engagions dans l’ouverture qui s’enfonçait dans le sous-sol. À l’arrière, So’tek traça des défenses au sol pour éviter que des ennemis nous assaillent sur l’arrière. Sage précaution.
Nous progressâmes ensuite dans une vaste cave, assez haute de plafond. L’air était fétide et chargé d’odeur de moisi, de putréfaction et de remugles qu’il valait mieux ne pas chercher à identifier. Nous aperçûmes bientôt notre hôte : un corps vaguement rond dans lequel s’ouvrait ci et là des yeux injectés de sang ou des gueules suintantes. Pas de tête mais quatre membres qui lui permettaient de se déplacer ou d’attaquer avec leurs extrémités tranchantes. Le tout irradiant de malignité et de corruption. Bref, une vraie Horreur.
Alors Thregaz et Ghorghor chargeaient, des projectiles magiques fusèrent sur le monstre. Celui-ci ne fit pas grand-chose pour éviter les projectiles et pour cause : les blessures causées par les attaques apparurent sur ceux qui les avaient causé et non pas sur l’Horreur.
Mira m’informa que notre adversaire disposait d’un puissant pouvoir de renvoi de blessures. Je lui demandai d’intervenir pour dissiper ce truc ou nous en protéger. Elle tissa un sortilège qui renforça grandement la protection magique de l’ensemble de notre groupe.
 
Pendant ce temps, les combattants de notre première ligne étaient arrivés au corps-à-corps et frappaient la créature de leur mieux, causant plus de dommages à eux-mêmes qu’à cette dernière. Celle-ci répliqua et ses pattes fauchèrent l’armurier nain et l’écumeur du ciel troll. Avec des cris de douleur, ceux-ci tombèrent rapidement à terre, inconscients.
Un vaste réseau de ronces apparut bientôt dans la cave, nous séparant les uns des autres et brisant à la fois notre cohésion et nos lignes de vue.
So’tek et Flèche de feu menaient le reste des combattants et un feu roulant de projectiles, magiques ou physiques, déferla sur l’Horreur, sans grand dommage pour cette dernière. En revanche, chaque attaque qui touchait le monstre affaiblissait notre équipe.
La sorcière troll eut l’excellente idée de projeter la créature au plafond, l’empêchant de recourir à ses attaques physiques. Avec nos meilleurs guerriers au sol, il était important d’empêcher l’ennemi de prendre l’avantage au corps-à-corps.
De son côté, Taladar utilisait ses talents de troubadour pour exalter les membres de notre compagnies et leur permettre de se dépasser.
 
Pour ma part, j’hésitais à entrer dans le combat. Je combattais correctement mais je savais ma puissance de frappe limitée et la capacité de renvoi de blessures était assez dissuasive. Mira m’informa que le pouvoir de l’Horreur avait ses limites et qu’elle ne pouvait renvoyer qu’une certaine quantité de dommages. Il valait donc mieux faire peu d’attaques mais qu’elles soient le plus efficaces possible. Fort de ces renseignements, je rangeai mon épée, franchis un rideau de ronces avec souplesse, puis sortis mon arbalète que je chargeai tout en murmurant une prière à ma Passion.
De son côté Miraëlan lança une attaque astrale sur la créature. Cette dernière réussit à en dévier une partie mais n’apprécia pas le surplus de dommages. So’tek tituba en recevant le renvoi de blessure.
 
Enfin prêt, je visai posément le monstre, anticipant l’apparition d’un œil sur le corps boursoufflé. Je songeai à un petit garçon qui souffrait, à sa mère qui l’avait rejoint dans son calvaire et à sa sœur qui le ferait bientôt si nous n’y mettions un terme. Je songeai à mes amis inanimés qui avaient besoin de soins, à tous ceux que cette saloperie avait déjà fait souffrir et tués. Qu’Astendar guide ma main !
Le carreau fusa et pénétra profondément à l’intérieur de la créature, lui arrachant un spasme de douleur. So’tek récolta une nouvelle fois le renvoi de blessure et tomba à terre. Bon sang ! Cela tournait à l’hécatombe !
Alors que je rechargeai, je jetai un regard au reste du groupe. Les membres de la Légion tenaient bon mais leurs attaques manquaient d’efficacité et peinaient à percer la capacité d’encaissement de l’Horreur. Des blessures commençaient à apparaître chez eux aussi. De son côté, Taladar continuait vaillamment à soutenir ses compagnons mais il souffrait également de blessures.
Pour le moment, j’avais eu la chance d’être épargné par les renvois de blessures – à moins que ce fût la chance d’héberger une sorcière qui me protégeait. Je ne ressentais qu’une légère fatigue due à la ponction de mon énergie par Miraëlan afin d’utiliser sa magie.
 
J’épaulai une seconde fois mon arbalète et essayai d’y mettre autant de conviction que d’habileté. Une fois encore, j’évoquai la Passion d’Astendar, l’innocence de Jasom et Jezra, l’amour d’Audra pour ses enfants, mon amitié indéfectible pour mes amis et appuyai sur la gâchette.
Le second tir fut aussi efficace que le premier et apporta un point final à notre travail d’équipe : l’Horreur poussa un cri de douleur, de surprise et de déception mêlées puis ne bougea plus, toujours suspendue contre le plafond.
 
Tous ceux qui étaient valide se portèrent au secours des blessés. So’tek était en mauvais état mais il s’en sortirait une fois encore. De leur côté, Thregaz et Ghorghor reprenaient lentement conscience. Bien qu’à peine blessés, ils semblaient affectés et éprouvaient visiblement des difficultés à reprendre pied mentalement.
Pendant le combat, j’avais aperçu un faible mouvement dans le charnier qui occupait le mur du fond de l’antre de l’Horreur. Je me frayai avec répugnance, méfiance et détermination dans les monceaux de corps et finis par trouver un t’skrang qui bougeait encore. Il prononça quelques mots et il s’avéra que ce survivant était rien de moins que le maître d’armes Slytess. Le destin continuait à être taquin avec moi et à souffler le chaud et le froid. Nous fouillâmes rapidement la zone mais il n’y avait pas d’autre survivant. En revanche, nous trouvâmes des pièces d’or et d’argent, quelques bijoux et objets de valeur qui permettrait de rémunérer un peu notre expédition.
 
Il était hors de question d’établir un campement dans l’antre de l’Horreur mais, compte tenu de l’état du groupe, il n’était pas prudent de nous aventurer dans les ruelles où nous serions trop vulnérables avec nos blessés. Je fis un peu le tour des environs. Grâce au plan, j’évitai les zones réputées dangereuses et choisi un bâtiment facile à défendre, de l’autre côté de la ruelle. J’avais des craintes sur ce qui pouvait se tapir dans les bâtiments voisins, mais celui-ci semblait sûr.
 
Nous soignâmes les blessés, prîmes un repas froid et définîmes les tours de garde. Hormis So’tek et Taladar gravement blessés, tout le monde était à peu près en état. Toutefois, l’état mental de Thregaz était inquiétant. Si Ghorghor semblait surmonter l’épreuve du cauchemar imposé par l’Horreur, le troll restait silencieux et avait le regard perdu, comme si son esprit vagabondait ailleurs.
Si on excepte la manifestation d’un rejeton d’Horreur composé d’os et de bric-à-brac qui fut promptement dispersé par un sortilège de la sorcière trolle Firadda, la nuit fut relativement calme. Néanmoins, tout le monde avait les nerfs à fleur de peau, à cause du combat passé, du brouillard glaçant, des bruits inquiétants qui résonnaient plus ou moins au lointain et bien peu dormir vraiment.
 
Nous reprîmes la route à l’aube. Nos blessés étaient désormais tous en état de marcher et de soutenir le rythme lent imposé par la vigilance nécessaire à la détection des pièges latents du lieu.
Cependant, les Passions devaient décidément veiller sur nous car nous ne rencontrâmes pas plus de problèmes au retour qu’à l’aller. En milieu d’après-midi, nous franchîmes les lourdes portes du Refuge et retrouvâmes une relative sécurité.
 
Alors que le gros de l’équipe allait à l’auberge pour se reposer ou à l’autel de Garlen pour y recevoir des soins, Ghorghor et moi filâmes chez Audra pour avoir des nouvelles. Nous y trouvâmes la questrice elfe Bethany qui veillait encore la famille. Elle nous rassura d’emblée sur le succès de notre entreprise : Jasom et Audra étaient libérés de l’emprise de l’Horreur et se remettaient lentement de l’épreuve.
Encore affaiblie, Audra vint nous voir pour nous remercier avec chaleur. Elle n’avait pas beaucoup d’argent mais tenait à nous offrir un objet qu’elle tenait de son défunt mari et qu’elle savait magique. C’était une boîte en métal quelque peu rouillée qui contenait une petite statuette de cire en forme d’araignée. Un objet superbe mais fragile et un peu inquiétant. Bethany examina l’artefact et affirma qu’elle sentait un pouvoir de guérison en émaner. Nous la remerciâmes tout en nous demandant à qui donner ce truc. Pour ma part, la boîte rouillée n’allait pas du tout avec le reste de ma tenue.   
 
Alors que nous nous apprêtions à partir, mû par une impulsion, je me tournai vers Audra.
« Puis-je vous poser une question personnelle ?
- Bien sûr.
- Votre époux étant décédé, pourquoi restez-vous à Port-aux Ruines ? Ce n’est pas vraiment un endroit pour élever deux jeunes enfants. Qu’est-ce qui vous retient ici ?
Elle cilla de surprise et une brève lueur d’indécision passa dans son regard.
- Hé bien… on ne peut pas refaire ainsi sa vie n’importe où. Cette maison est modeste mais elle m’appartient et j’ai un travail.
- Que faites-vous ?
- Je suis aide-cuisinière dans une des auberges.
- Cela ne devrait pas être trop difficile de trouver une place similaire dans une autre ville. Un endroit avec moins de dangers et pas seulement des orks et des trolls comme modèles.
- Et vous pensez que je vais emmener ma maison avec moi ?
- Non, mais je devrais pouvoir vous en trouver une pour vous et vos enfants.
Ghorghor fronça les sourcils.
- Tu veux les ramener à Fort Vräss ?
- Je ne pense pas que Fort Vräss soit, pour le moment, un bon endroit pour une famille. Je pensais plutôt à Brindol. Ce ne sont pas les maisons vides qui manquent là-bas désormais.
Audra, qui n’avait rien perdu de notre échange, reprit la parole.
- Vous savez, des belles promesses, on m’en a déjà fait pas mal et je n’ai pas envie de lâcher le peu que j’ai pour un joli mensonge.
- Écoutez Audra, vous ne nous connaissez pas, d’accord. Mais nous avons dit que nous sauverions Jasom et nous l’avons fait. Si je vous dis que je peux vous aider, c’est que je le peux vraiment. Mais vous n’avez pas besoin de me répondre maintenant. Prenez le temps de la réflexion, nous sommes là pour quelques temps encore.
- Et pourquoi nous aideriez-vous ?
- Parce que ce n’est pas un bon endroit pour des enfants. Je n’aurais pas aimé grandir ici.
- Hum… je vais réfléchir à votre proposition.
- Je ne vous en demande pas plus. Bonne journée et à bientôt.
Alors que nous partions, je sentais le regard d’Audra dans mon dos. J’espérais qu’elle prendrait la bonne décision. Et j’espérais aussi qu’elle ne se méprenait pas sur mon offre.
 
Nous nous dirigeâmes ensuite vers la Trolle pointilleuse où nous retrouvâmes la partie valide de l’équipe pour fêter dignement notre victoire. Et sans mort chez nous, qui plus est. So’tek était dans sa chambre et se reposait. Taladar, moins exubérant qu’à l’accoutumée, annonça bientôt qu’il ne pourrait pas assurer ce soir et monter se coucher assez tôt. Thregaz, toujours distant, rejoignit également sa chambre assez tôt.
En début de soirée, je filai discrètement à l’auberge occupée par dame Hautevoix. Je lui fis un rapport rapide de notre expédition, saluai Maloniel et Jessaëlle, puis récupérai mon luth. L’ambassadrice naine m’informa également que le contact qu’elle attendait aurait du retard et qu’il ne fallait pas l’attendre avant plusieurs semaines, voire un mois. Je grimaçai à cette nouvelle car le coût de la vie au Refuge était tout sauf anecdotique. Face à ma remarque, Dame Belisiel m’assura que nos frais seraient pris en charge par Throal et me donna le nom d’un contact pour récupérer les fonds nécessaires à notre séjour prolongé. Je repartis ensuite à la Trolle. Les deux filles devaient être un peu dépitées de ne pas pouvoir venir fêter avec nous mais chacun son boulot.
 
Finalement, ce repos imposé avait du bon. Surtout lorsque je découvris qu’il y avait un éclaireur très compétent en ville. Il était plus que temps que je passe mon sixième cercle ; seul l’enchainement trop rapide des événements m’en avait empêché jusque-là.
Larer Rakith était un humain sec, presque émacié, aux habits élimés. De prime abord, on le prenait presque pour un mendiant. Du moins, lorsqu’on le remarquait car il avait un certain don pour passer sans attirer l’attention et se dissimuler à la vue de tous.
Bref, en terme d’apparence, difficile de faire plus dissemblable que nous deux. À la vue de ma tenue, il ne me crut pas, dans un premier temps, lorsque je lui annonçai que j’étais éclaireur et je j’avais besoin d’un mentor.
Mon entraînement pris une semaine et me coûta plus que je ne pouvais payer. Mais l’économe et secourable So’Tek régla bien vite ce souci matériel. Cent pièces d’or n’était pas une somme anodine et j’appris même qu’il m’avait fait une ristourne conséquente à la demande de Torgak. L’examen du passage de cercle fut une formalité car j’avais largement les talents nécessaires.  
Dire que Rakith devint un ami serait largement exagéré car nous n’avions guère que notre discipline en commun. Pourtant, j’acquis rapidement du respect pour l’humilité et la discrète maîtrise démontrée par mon mentor. De son côté, il semblait beaucoup se divertir de mes récits d’aventure et de mon idéalisme.
 
Cette nouvelle progression au sein de ma discipline me permit de développer de nouveaux talents avec l’aide de Rakith. J’avais choisi la marche des vents, un talent qui me permettait de me déplacer dans l’air. Sans réellement me permettre de voler, cette aptitude me conférerait une mobilité et une polyvalence accrue. Mais surtout, j’avais désormais accès à la vision astrale. Ce talent m’ouvrait l’accès à un nouveau sens et offrait un nouveau monde à mes yeux émerveillés. L’espace astral est une région infinie qui coexiste avec le monde matériel, un plan distinct mais étroitement lié au réel.
Je discernais désormais la force vitale de toute chose vivante, y compris un brin d’herbe, les énergies magiques et les trames astrales. C’était un paysage à la fois merveilleux et intimidant, surtout à proximité d’un endroit comme Parlainth. Et c’était surtout le monde actuel de Miraëlan.
 
Cette dernière était ravie que je puisse enfin accès à ce pouvoir qui lui semblait si basique.
«  Tu vois, mon chéri, je vis là-dedans. Contrairement à ce que tu pensais, je n’ai jamais été dans ta tête, ni une passagère clandestine, ajouta-t-elle sur un air taquin.
- Alors à quoi je sers, moi ? m’enquis-je avec un brin de déception.
- Tu es… comment dire… mon ancre dans le monde réel. Tu portes mes bracelets auxquels tu es lié ; ces bracelets sont ma porte d’entrée dans ton monde. Je viens quand tu as besoin de moi ou quand tu me manques pour partager un peu ton quotidien mais, la plupart du temps, je suis dans l’espace astral.
- Tu y fais quoi ?
- Je me déplace, j’étudie ce que je vois, j’écoute et je regarde les autres personnes.
- À proximité ?
- Pas nécessairement car les distances sont, d’une certaine mesure abolies dans l’espace astrale. Toutefois, je m’éloigne assez peu car je veux pouvoir revenir rapidement si tu as besoin de moi. De plus, les environs immédiats de l’espace astral de ce lieu sont dangereux et pollués de corruption. L’autre conséquence, c’est que – n’étant pour le moment qu’une pure créature astrale – j’apprécie assez peu les excursions à Parlainth. Je peux t’assurer que le plan astral est encore plus hostile que le plan réel. Il ne faudra pas trop compter sur mes talents si ce genre de voyages se répète.
- Tu préfères que je laisse les bracelets à Port-aux-Ruines la prochaine fois ? m’enquis-je avec prévenance ?
- Non ! Surtout pas ! Ne me laisse pas derrière toi ! Si tu ne revenais pas, que deviendrais-je ?
Sa voix était angoissée et presque suppliante.
- Ce n’est assurément pas ce que je souhaite mais si nous devons retourner à Parlainth, ne serait-ce que pour te trouver un corps, ce serait moins risqué pour toi, non ?
- Ce sera surtout plus risqué pour toi sans mon aide. Tu as risqué ta vie pour moi, je serai bien ingrate de me cacher aux premiers risques. Je resterai avec toi et t’assisterai autant que de besoin.
- Sauf que moi, je ne pourrai pas t’aider si tu es toi-même attaquer. À moins qu’avec mon nouveau talent, je puisse te rejoindre pour t’assister à mon tour ?
- En aucun cas ! Si une créature est suffisamment méchante pour me menacer, tu ne ferais pas le poids contre elle et tu serais nettement plus faible que dans le monde réel. Pour le moment, nous allons continuer à être complémentaires. »
 
Après mon passage de cercle, je pris quelques jours pour développer mes nouveaux talents. Mira était un mentor autrement plus agréable pour m’aider avec la Vision astrale. Il est clair que je ne suis guère objectif en écrivant ceci et je n’ai rien à reprocher à Rakith.
Je développai ensuite quelques autres talents, notamment ceux de combat et d’esquive, négligés depuis quelques temps, ainsi que l’Orientation et les Sarcasmes.
 
De son côté, Ghroghor avait également profité du temps libre pour passer son cinquième cercle de forgeron, avec le même succès.
 
Pendant les semaines que durèrent nos passages de cercle, Slytess fut veillé et soigné par son amie Sekra. Avec la disparition de l’Horreur qui l’avait marqué, cette dernière avait retrouvé progressivement sa santé mentale et elle ne tarissait pas d’éloges sur notre groupe.
Dès que j’en eu l’occasion, je passai voir le maître d’armes t’skrang afin d’avoir un entretien sur les cuves qui contenaient des corps. Il fut assez étonné et hésitant sur ce sujet. Visiblement, cela lui rappelait de terrifiants souvenirs et Sekra dut m’aider à le convaincre de parler.
Nous apprîmes finalement que l’endroit se situait dans les catacombes de la zone de guerre, dans la partie ouest de la ville. Il nous mit en garde sur les dangers de ce secteur et sur ce que nous trouverions sur notre chemin, notamment une porte dissimulée avec un fort niveau de corruption magique ainsi qu’un redoutable gardien mécanique. Il nous faudrait entrer dans un fort et éviter un groupe de thérans présents sur place afin d’accéder aux catacombes.
 
Fort de ces renseignements, nous nous attelâmes à la préparation d’une nouvelle expédition. Pendant que Thregaz et So’tek faisaient du repérage aérien de la zone depuis le drakkar troll, Ghorghor et moi entreprîmes de chercher quelques adeptes pour nous accompagner. Nous commençâmes par les membres de la Légion du Crépuscule qui s’étaient montrés à la hauteur lors de notre précédente aventure dans Parainth. Cette fois, Flèche-de-feu et son groupe se montrèrent peu disposés à nous rejoindre car nos motivations n’étaient pas les leurs. Seule Firrada, la sorcière trolle, accepta car elle soupçonnait la présence d’une importante bibliothèque dans ce secteur et elle était toujours avide de connaissances.
À notre grande surprise, Sekra, la troubadour t’skrang, nous proposa ses services avec un certain empressement. Visiblement, elle était désireuse de participer à cette expédition qui pourrait être une nouvelle page héroïque de la légende des Lions de Pierre, ainsi que de nous prouver sa reconnaissance pour l’aide que nous lui avions apporté en détruisant l’Horreur qui avait failli causer sa perte. Compte tenu de sa force de caractère et du fait que c’était elle qui avait recueilli les renseignements auprès de Slytess, nous acceptâmes.
Soucieux de rester discret, nous décidâmes de limiter la taille de notre groupe. Nous serions donc six : Thregaz, So’tek, Ghorghor, Firrada, Sekra et votre serviteur.
 
Le jour suivant, nous quittâmes Port-aux-ruines pour embarquer sur le Souffle de Thystonius. Thregaz mit le cap résolument vers le zeone ouest de Parlainth qui serait le théâtre de notre prochaine aventure. L’une des plus périlleuse.
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