Suivi de la campagne des Lions de Pierre, 5ème saison
 
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 Chapitre 54 - De glace et de feu

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar
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MessageSujet: Chapitre 54 - De glace et de feu   Ven 9 Déc - 20:57

Chapitre 54 – De glace et de feu


Vanar Kegan nous avait rejoints à la mine une semaine après l’envoi de notre message, comme prévu. Il identifia rapidement le problème et y remédia avec célérité et compétence. Il eut également quelques mots assez durs pour celui qui avait été la cause de tout ceci et qui lui avait fait perdre une semaine de son temps. Il ne s’attarda pas plus que nécessaire et entreprit dès que possible son voyage de retour.
 
Pendant ce temps, le travail avait repris sous la supervision temporaire du contremaître en chef Oker, en attendant la nomination et l’arrivée d’un nouveau directeur pour la mine.
Ghorghor et quelques nains s’occupaient à taper sur du métal en suant dans la grande forge. Je fus appelé car mes compétences de soigneur étaient requises, ce qui m’amena à penser que la réputation de dextérité des nains avec un marteau semblait usurpée.
Alors que j’arrivai dans la salle surchauffée, la blague que j’avais préparée sur les nains et les marteaux mourut sur mes lèvres : un énorme élémentaire de feu jaillissait en silence d’un des puits de lave utilisés par la forge, dans le dos des mineurs qui me regardaient. Face à mon expression, les nains se retournèrent et poussèrent des cris d’effroi face à la créature.
Tétanisé par l’apparition, Ghorghor ne put éviter d’être saisi et meurtri par l’élémentaire. L’armurier se débattit violemment et parvint à échapper à son adversaire. Toutefois,  ce dernier le poursuivit, ignorant les autres nains. L’attaque semblait ciblée contre mon pote et cela n’augurait rien de bon.
Alors que Ghorghor tentait d’échapper à son poursuivant, j’ordonnais aux mineurs présents de remplir des récipients d’eau et d’arroser la saloperie ignée. J’arrivai moi-même à projeter un seau d’eau sur l’élémentaire mais sans autre effet visible qu’un nuage de vapeur. Ce dernier n’en démordait pas et finit par attraper à nouveau mon ami armurier. Je laissai tomber le seau, sorti mon épée et attaquai la créature de feu. Mon assaut le blessa mais cela ne lui fit nullement lâcher sa prise.
Plus grave encore, l’élémentaire se dirigeait droit vers le second puit de lave, bien décidé à y plonger avec Ghorghor qui commençait à se ressentir durement des brûlures. Je demandai à Mira d’attaquer magiquement la créature et, simultanément, je redoublai l’ardeur de mes assauts.
Nos efforts conjugués finirent par payer et le monstre de feu s’effondra juste avant de rejoindre le puit de lave. Quelques secondes de plus et Ghorghor n’était plus qu’un souvenir.
 
J’envoyai ensuite un des nains présents rattraper Vanar Kegan afin de le ramener d’urgence tout en prodiguant les premiers soins à un Ghorghor gravement brûlé et plutôt secoué par l’attaque.
Quelques instants plus tard, l’élémentaliste arriva sur place, guère accommodant.
« Et quoi ! Vous allez encore me faire perdre mon temps longtemps ici ? J’ai du boulot dans ma forge moi ! tempêta-t-il.
- Ghorghor a été attaqué par un élémentaire de feu, balançai-je avec un laconisme qui en disant long sur mon inquiétude.
- Seulement lui ?
- Il ne s’en est pris qu’à lui et m’a ignoré malgré mes attaques. Son objectif était clairement de tuer Ghorghor, répondis-je.
- Vraiment ?! Hum… voilà qui est étrange. Quelle taille ?
Nous décrivîmes de notre mieux la créature ignée et le froncement de sourcils de Vanar Kegan s’accentua encore d’un cran.
- C’est effectivement préoccupant. Je vais aller consulter l’élémentaire de la montagne pour en savoir plus. Et… je ne saurais trop vous conseiller d’éviter la proximité des sources de feu importantes d’ici là mon cher Ghorghor, ajouta-t-il sur un ton badin.
Alors que l’élémentaliste nain allait chercher des informations, je me fis aider d’un mineur pour remonter mon pote armurier dans la zone d’habitation.
 
Vanar Kegan revint quelques heures plus tard.
«  Alors, selon mes renseignements, il y aurait des perturbations élémentaires dans la région.
- Et qu’elle est la taille de cette région ? m’enquis-je
- Pardon ?
- Elles partent d’où et vont jusqu’où vos perturbations ? précisai-je. Vräss est-elle menacée ?
- Oh… non, non, pas pour le moment, répondit Vanar. L’origine de ces perturbations serait située à quelques dizaines de kilomètres vers l’est.
- Vers l’est ? Hum… Cobbal est plus loin. Y’a pas grand-chose entre les deux.
Ghorghor avait plissé les yeux et réfléchissait.
- Si, répondit-il, il y a le bâton d’Avanthus. On l’a enterré dans ce coin-là.
- Juste enterré ? m’enquis-je, un peu interloqué.
- Ouais… on l’a un peu oublié ce truc.
- Apparemment, lui ne t’a pas oublié, mon gars, commenta Vanar Kegan avec gravité.
- Ouais… je vais me soigner et me reposer un peu et on ira voir ça après.
 
Toutefois, la nuit fut peu clémente avec Ghorghor. Il souffrait tellement de ses brûlures, malgré mes soins et une potion, qu’il ne parvint guère à dormir. Le lendemain, je vins m’enquérir de son état et constatai qu’il n’était pas vraiment en état d’entreprendre un voyage, risqué qui plus est.
Peu après, un mineur vint nous prévenir que trois dames demandaient à voir Ghorghor. Trois dames ? Bigre, mon ami armurier semblait connaître du beau monde.
 
Une fois à l’extérieur, les trois dames en question s’avérèrent être humaines… ou du moins d’apparence. Plutôt jeunes, elles ne cherchaient pourtant aucunement à se mettre physiquement en valeur, ni par leur tenues, ni par leur attitude. Arborant chacune un certain nombre d’artefacts magiques, elles suintaient le pouvoir et le mépris.
« C’est vous Ghorghor ? entama la première.
- Oui, c’est moi. À qui avons-nous à faire ?
- Nous sommes la Triade. Vous devez retrouver le bâton d’Avanthus, et rapidement, poursuivit la seconde.
- Y’a un problème avec le bâton ? s’enquit l’armurier nain.
- Vous n’auriez pas dû abandonner un tel objet dans la nature, sans surveillance. Votre inconséquence risque de noyer toute la région dans un déluge de flammes si vous ne réparez pas rapidement votre erreur, conclut la troisième.
- Quels risques courrons-nous ? Et qui êtes-vous ? intervins-je.
Trois regards glacés se tournèrent vers moi.
- Nous sommes la Triade, commença l’une.
- Les gardiennes d’Avanthus, continua une autre. Et pour les risques, c’est une mort assurée pour tous les habitants de la région si Avanthus se réveille.
- C’est nous qui avons créé la cage de glace magique d’Avanthus, termina la dernière.
Bref, comme je le soupçonnais, elles n’avaient de jeune que l’apparence.
- Mira, tu en penses quoi de ces trois femmes ? Elles te semblent être ce qu’elles prétendent ?
- Voyons voir… hum, elles sont indéniablement puissantes et elles prennent grand soin de dissimuler leur aura. Pour le reste, c’est difficile à dire mais ça reste plausible.
- Très bien, merci ma belle.
Je revins à la conversation qui se poursuivait.
- Et que devons-nous faire ? demanda Ghorghor ?
- Retrouvez le bâton et apportez-le devant le trône d’Avanthus.
- Heu… c’est pas justement ce qu’il faut éviter ? m’étonnai-je.
- Nous serons sur place et nous le neutraliserons, daigna répondre l’une des trois.
- Bon, ben le temps de…
- Ne perdez pas de temps ! Il vous faut partir au plus vite ! Le temps joue contre nous, me coupa celle du milieu.
- Très bien, capitula Ghorghor. Nous partons dans l’heure. »
Il leva les yeux au ciel et soupira. Ce n’est pas sitôt qu’il soignerait ses blessures.
Satisfaites, les femmes de la Triade s’en furent, sans un salut. Leur manière ma rappelaient un type bizarre qui s’appelait Rosper. J’espérais que l’on ne faisait pas une connerie en suivant leurs directives.
 
Quelques heures plus tard, sur la route de Cobbal, j’aperçus dans le ciel le squelette d’un dragon. Trois silhouettes humanoïdes étaient accrochées dans sa cage thoracique. Le dragon laissait derrière lui comme une traînée de givre. Je montrai la scène à Ghorghor qui haussa les épaules d’un air fataliste. Une fois encore, nous étions embarqués dans un truc qui nous dépassait.
J’eus une pensée compatissante pour mon compagnon d’aventure. Je comprenais fort bien son état d’esprit qui était aussi le mien quelques jours auparavant.
 
Le lendemain, nous arrivâmes au pont qui enjambait un bras de la Rivière du Supplice. Ghorghor me prévint que le pont était gardé par Urthen le troll. Nous avançâmes vers sa cabane, sans déclencher aucune réaction. L’armurier nain s’en étonna. Il appela puis, faute de réponse, entra dans la petite baraque. La porte était ouverte et il régnait un certain désordre à l’intérieur. Nous trouvâmes Urthen inconscient sous une table, baignant dans une flaque de sang. Il n’était pas mort mais très mal en point.
Compte tenu que c’était une connaissance de Ghorghor, je sacrifiai une nouvelle potion et lui prodiguai des soins. Bientôt, le troll revint à lui. Après les présentations d’usage, il nous informa qu’il avait été attaqué par une elfe du nom de Jessaëlle et son épée enflammée. L’armurier ne masqua pas son incrédulité. Que venait faire la maîtresse d’armes ici ? Toutefois, quand Ghorghor m’apprît que c’était Jeb qui avait enchanté son arme, tout devint évident. L’enchantement intégré dans l’arme de l’elfe devait posséder un peu du pouvoir du bâton de feu qui avait corrompu le t’skrang. Et Jessaëlle cherchait désormais le bâton. Il fallait se dépêcher et y arriver avant elle.
 
Le lendemain soir, nous arrivâmes au village des nains reclus. Celui-ci semblait abandonné depuis un certain temps. Fatigués et peu désireux de crapahuter de nuit, nous décidâmes de faire halte dans une des maisons.
Quelques heures plus tard, alerté par un bruit étrange, Ghorgor me réveilla. Effectivement, cela ressemblait à quelque chose de mécanique… comme des coups de pelle ou de pioche. Après un stage comme mineurs, nous étions assez calés pour reconnaître ce type de bruit.
 
Guidés par le bruit mais ralentis par la nuit et la nature accidentée du terrain, nous parvînmes à proximité de la source du bruit. Effectivement, une elfe maniait la pioche avec une belle énergie. Elle avait les traits tirés et ses yeux avaient une fixité de mauvais aloi. Compte-tenu qu’elle avait fait la route comme nous et n’avait pas pris de repos, elle était du genre increvable.
Nous convînmes d’une attaque en tenaille et je contournai la maîtresse d’armes pendant que Ghorghor avançait dans son dos.
Il était plus que temps car elle se baissait pour ramasser un objet long enveloppé d’une couverture qu’elle jeta à ses pieds, dévoilant le bâton de feu. Alertée par l’approche peu discrète du nain, Jessaëlle pivota d’un bloc et jeta la pioche dans la direction. Le nain para le projectile inattendu et hésita une seconde, seconde que l’elfe mit à profit pour sortir son épée et se mettre en garde. Ghorghor avança et porta une attaque que la maîtresse d’arme esquiva sans peine. Elle répliqua et blessa l’armurier qui recula. Mal guéri de sa rencontre avec l’élémentaire de feu et épuisé par la route, le nain n’était pas au mieux de sa forme, loin s’en fallait.
De mon côté, je m’approchai discrètement, bien décidé à assommer l’elfe d’un coup de pommeau d’arme. Mais Jessaëlle perçut mon arrivée, esquiva mon assaut et riposta tout en se retournant. Je reçu la lame en plein ventre et reculai à mon tour face à la virtuosité de la maîtresse d’arme. Visiblement, elle n’avait pas les mêmes scrupules que moi à faire des trous dans ses adversaires. Ghorghor crut bon de profiter de mon assaut pour revenir dans le combat. Mal lui en prit car l’elfe se joua une nouvelle fois de son attaque et lui infligea une seconde blessure qui le jeta à terre.
 
Comprenant que nous n’étions pas de taille face aux talents de bretteur de la maîtresse d’armes, je décidai de tenter autre chose et lançai pour la première fois mon pouvoir d’Incitation à l’amour. Mal préparé et placé dans une situation inadéquate face à une personne déjà sous influence magique, mon pouvoir n’eut d’autre conséquence que de la troubler le temps d’un battement de cœur. Elle se reprit et me fit face, me mettant au défi de l’attaquer à nouveau.
J’optai encore pour un autre tour et usait de mon pouvoir de déguisement magique pour prendre son apparence. Là encore, ma tentative eut peu de succès et elle n’eut aucune réaction. Jessaëlle regarda brièvement en l’air et entreprit de reculer puis elle se retourna et courût vers la montagne. J’aidai Ghorghor à se relever et nous engageâmes la poursuite, même si le terme était exagéré vu notre vitesse.
Je demandai alors à Mira si elle pouvait se projeter dans le corps de la fuyarde et prendre le contrôle de son corps. Quelques instants plus tard, la princesse désincarnée m’informa qu’elle ne parvenait pas à passer les protections magiques de l’elfe. Dès lors, je ne m’étonnais plus que mes petits tours n’aient guère rencontrés de succès si une sorcière du calibre de Mira était repoussée.
 
Soudain, un bruit d’ailes et de vent emplit la nuit : un dragon descendit brutalement vers l’elfe, l’attrapa dans une de ses pattes et remonta dans un même mouvement, sous nos yeux ébahis.
Nous stoppâmes la poursuite. Il y a des moments où il faut savoir s’incliner et reconnaître qu’on n’est pas à la hauteur.
 
Alors que nous regardions nos espoirs s’envoler, littéralement, un nouveau bruit d’air malmené emplit le ciel au-dessus de nous. Nous levâmes la tête pour apercevoir le Souffle de Thystonius qui arrivait à notre verticale et deux cordes qui pendaient vers nous. Ghorghor et moi en attrapâmes chacun une et nous fûmes prestement hissé par des trolls jusqu’à bord du navire aérien.
Nous fûmes accueillis par So’tek et Afiriz car Thregaz était occupé à donner des ordres à l’équipage pour poursuivre le dragon. Il ne savait pas pourquoi nous voulions le rattraper mais le simple fait que nous le souhaitions lui suffisait. Et son équipage suivait joyeusement les directives, pas plus inquiet que ça face à la nature de ce qu’il poursuivait. Toujours aussi motivés nos p’tits gars…
 
So’tek nous informa qu’ils étaient passés à la mine pour nous récupérer. Là-bas, les nains avaient parlé de trois femmes bizarres et d’un bâton de feu. Dès lors, Afiriz savait où nous allions.
En quelques phrases, je mis le t’skrang et la trolle au courant des derniers événements et de la nécessité de stopper Jessaëlle.  
S’il semblait difficile au Souffle de rattraper le dragon – gentiment appelé Griffe-Terreur selon So’Tek – il importait surtout de ne pas perdre le contact visuel. Toutefois, Afiriz et Ghorghor savaient exactement où aller : sur un plateau, proche du sommet, où un petit temple bâti sur une île au centre d’un lac gelé gardait le corps d’Avanthus.
 
Alors que Griffe-Terreur arrivait à l’aplomb du lac, il fut soudainement attaqué par le dragon-squelette de la Triade. Le combat était violent mais s’équilibra rapidement : le dragon de feu était plus puissant que le dragon mort mais ce dernier était soutenu par la magie des membres de la Triade. Jessaëlle se trouvait toujours dans une des pattes de Griffe-Terreur et tissait également des sortilèges. Bientôt, elle quitta le combat à bord d’un char ailé tiré par deux molosses de feu et se dirigea vers le temple.
Toutefois, nous l’avions devancé puisque nous savions où elle allait. Thregaz avait ordonné à son équipage ne nous déposer rapidement à côté du temple et d’aller ensuite mettre le navire à l’abri, hors de portée du combat titanesque entre les deux dragons.
 
Le chariot arriva à notre portée et So’tek tissa une lance astrale qui frappa sèchement Jessaëlle, la projetant hors de son véhicule et la faisant chuter durement quelques mètres plus bas sur la glace. Sans un mot, la maîtresse d’arme se releva et nous contempla de son regard inhumain, tissant déjà un sortilège offensif.
Pendant ce temps, les deux molosses s’étaient désolidarisés du chariot et entraient dans la mêlée. Le premier chargea Thregaz qui tenait seul le flanc droit. Le second fonça sur So’tek, pensant neutraliser rapidement une proie aussi fragile que dangereuse.
 
À l’arrière, Afiriz tissait ses propres sortilèges pour gêner et nuire à l’elfe qui tenait le bâton qui était l’enjeu de ce conflit. Sur le côté gauche, Ghorghor lançait ses haches de jet sur Jessaëlle. Compte tenu de son état et des talents martiaux de l’elfe, il avait choisi l’attaque à distance. De mon côté, j’allai prêter main forte à mon ami t’skrang assailli par un des molosses.
Le combat fut incertain pendant plusieurs passes d’armes. Bien qu’en sous-nombre, nos ennemis étaient résistants et Jessaëlle utilisaient des sorts de zone. Ainsi, une énorme boule de feu m’obligea à sauter derrière un couvert. Je me relevai rapidement, craignant de voir So’tek gravement blessé mais le nécromancien se ressenti à peine de la rencontre avec le projectile igné et il continuait à contenir le molosse sans trop de dommages, malgré les souffles enflammés de ce dernier. Impressionné par la résistance du t’skrang, je ne revins pas moins l’aider.
 
Sur le flanc droit, Thregaz reçu durement les attaques du molosse et chuta. Ce dernier, pensant le troll hors de combat, se désintéressa de lui et fonça sur Afiriz. Toutefois, à l’aide de son talent de Sang de feu, l’écumeur du ciel se releva rapidement et avança vers la maîtresse d’armes d’un pas résolu. Cette dernière tissa un sort de ténèbres et espérait y disparaître. Mais les effets arrivèrent un peu trop tard et l’elfe ne put éviter le revers rageur du troll qui la projeta au sol. Jessaëlle bougeant encore faiblement, le troll décida d’en finir et lui asséna un terrible coup à terre.
Un nuage ténébreux et opaque envahit la scène de combat, plongeant les protagonistes dans l’expectative. Grâce à sa vision astrale, Miraëlan me guida vers les molosses qui combattaient toujours et nous parvînmes à en terminer aussi avec eux.
 
Le nuage sombre se délita bientôt dans l’air frais et pur de la montagne. Afiriz était à terre et Ghorghor n’était pas loin de tourner de l’œil également.
Nous constatâmes que le combat entre les deux dragons tournait désormais à l’avantage de Griffe-Terreur. Ce dernier brisa la côte sur laquelle se tenait l’une des femmes et celle-ci chuta dans le vide, tombant lourdement sur la glace du lac.   
Ghorghor décida d’aller voir si elle était toujours en vie. Il n’était sans doute pas la personne la plus appropriée pour cette tâche mais So’tek et moi étions déjà aux côtés d’Afiriz pour lui prodiguer les premiers soins.
 
Bien évidemment, quelques minutes plus tard le nain appelait au secours. Non seulement, il n’avait pas pu rejoindre la femme tombée sur la glace, mais lui-même était coincé sur une plaque qui s’était désolidarisée du reste. S’il avançait vers un bord, la plaque basculerait, l’envoyant au fond de l’eau glaciale, c’est-à-dire une mort certaine compte tenu du poids de son armure et de ses talents de nageur. Sacré Ghorghor ! Ça n’était vraiment pas une bonne période pour lui. Thregaz alla aider l’armurier.
Pour ma part, constatant que So’tek s’occupait d’Afiriz avec son efficacité coutumière, j’allai voir ce qu’il restait de la femme de la Triade.
Évitant les zones fragilisées par les combats - le nôtre et celui des dragons qui se passait aussi au-dessus du lac – je partis d’un pas chassé et rythmé. Mon sens de l’équilibre et mes talents d’éclaireur me permettaient de progresser rapidement.
Tout en devisant mentalement avec Mira sur mes talents dans l’exercice du patin, je parvins vers le corps. Après quelques examens rapides, il s’avérait qu’elle était commotionnée et contusionnée mais, à ma grande surprise, elle n’avait aucune fracture. Après quelques soins superficiels, elle reprit connaissance et me demanda de l’aider à se relever. Je m’exécutai et lui offris ensuite l’une de mes dernières potions de soins. Vu sa puissance, il valait mieux conserver ce genre d’alliée en vie. Je l’amenai ensuite vers le temple où elle rejoignit So’tek et Afiriz qui était à nouveau debout, bien que peu vaillante.
Au loin, j’aperçu Thregaz qui me faisait de grands signes de détresse. Allons bon ! J’allai encore devoir jouer au sauveteur. La femme – qui s’appelait Te eshpa - se tourna vers moi et me demanda d’aller chercher les autres au plus vite mais qu’elle ne pouvait pas nous attendre. Récupérant le bâton de feu, elle s’engagea dans le temple, suivie par So’tek et Afiriz.
 
J’allai donc aider Ghorghor et Thregaz coincés sur le lac. Cela me prit un peu de temps car ils étaient d’une corpulence très différente et leurs poids ne se compensaient pas. Il me fallut donc trouver des zones de glace encore très solide et leur faire faire des tours et des détours pour rejoindre enfin l’entrée du temple.
Peu après, nous parvînmes dans la salle du trône d’Avanthus. Sa prison était assaillie par de nombreux petits élémentaires de feu qui fragilisait progressivement la gangue de glace. Quelques mètres devant, nos trois lanceurs de sorts tentaient de tisser les filaments d’un long sortilège, malgré les assauts de certains des élémentaires. Nous arrivâmes à point nommé pour les débarrasser des créatures ignées et leur permettre de terminer leur rituel qui activa les gardiens de glace. Ceux-ci éradiquèrent rapidement les petites créatures de feu et rétablir les protections autour du nain gelé. Te eshpa en profita pour renforcer le sort.
 
Nous pûmes bientôt ressortir, tout en craignant ce que nous allions découvrir. Perturbé par le rituel de glace qui avait rompu son lien magique avec Avanthus, Griffe-Terreur quittait la zone et sa silhouette rougeâtre s’éloignait rapidement dans le ciel encore recouvert du sombre manteau de la nuit. Mais ce fut le cri de désespoir de Te eshpa qui nous alerta. Des ossements éparpillés sur toute la zone témoignaient de ce qu’il restait du dragon d’ossement. Mais la femme n’avait d’yeux que pour les deux petites silhouettes draconiques qui gisaient sur la glace : ses deux sœurs avaient également péri dans le combat.
Ainsi, je n’étais pas loin de la vérité quand je les avais comparées à Rosper. Elles étaient simplement plus proches d’Arondry que d’un grand dragon.
Face au désespoir de Te eshpa, So’tek décida de tenter l’impossible. Aidé par Thregaz, il allongea les deux corps l’un près de l’autre et réduisit les fractures dans un premier temps avant d’entamer un rituel qui nous était inconnu.
 
Un peu gêné par cette démonstration d’une magie qui m’échappait totalement, j’allai voir le cadavre d’une jeune elfe que tout le monde avait choisi d’ignorer, une certaine Jessaëlle qui avait été la compagne d’aventure d’Afiriz et de Ghorghor. Et de Jeb.
Maintenant qu’elle était morte, son visage avait perdu son expression tourmentée et elle avait dû être jolie. Du moins avant que le troll ne la défonce de sa hache de pierre.
Cette mort me navrait et l’attitude des autres me mettait mal à l’aise. Je n’avais pas l’impression que quiconque avait décidé de lui laisser une chance de s’en sortir, malgré qu’elle ait été envoûtée par une force qui avait déjà tué Jeb. J’avais essayé de la neutraliser sans la blesser mais en pure perte. Les enjeux étaient sans doute trop importants pour faire du sentimentalisme mais je ne pouvais me défaire d’une impression de gâchis et de perte, même si je ne la connaissais pas. Cela aurait pu être Luriel Lame-Trèfle.
 
Je revins vers les autres à la demande de Miraëlan. Elle observait le rituel de So’tek et elle me dit que c’était là que les choses importantes se passaient. Le nécromancien était, en effet, en train de réussir un véritable miracle. L’un des petits dragons était revenu à la vie et le jeune t’skrang ne s’autorisa qu’une petite minute de repos avant d’entamer un second rituel avec le même succès. Il manqua s’effondrer de fatigue ensuite et Thregaz le rattrapa avec prévenance. Incrédule, Te eshpa allait de l’une à l’autre puis se tourna vers le nécromancien épuisé et l’assura de sa reconnaissance éternelle.
 
J’intervins avec le sentiment de gâcher la fête mais cela me semblait avoir de l’importance.
« Pardonnez-moi mais j’aimerais que l’on parle d’une autre personne décédée.
- Qui ça ? demanda Thregaz.
- L’elfe que tu as défoncé.
- Ouais ! J’lai pas raté celle-là ! se félicita mon robuste ami.
- En effet… Et tu peux m’expliquer pourquoi tu avais besoin de la massacrer ainsi ?
- Ben… c’était la chef des ennemis, non ? Elle balançait plein de sorts et elle était aussi assez pénible au combat. Il fallait la buter, non ?
- La neutraliser et lui reprendre le bâton, certes. La buter, je ne suis pas sûr.
- Elle était trop dangereuse, j’ai pas voulu prendre de risque, expliqua le troll.
- Tu veux en venir où, Valérian ? s’enquit Ghorghor.
- À moins que je ne me trompe, Ghorghor, c’est la même elfe qui t’a accompagné dans tes premières aventures, avec Afiriz et Jeb, non ?
- Ben oui, répondit le nain en se grattant la tête de perplexité.
- Et vous pensez vraiment qu’elle mérite de finir de cette manière ?
Cette fois, je les regardai les uns après les autres.
- Il fallait faire un choix. Elle était trop dangereuse avec ce bâton, se défendit l’écumeur du ciel. Tu râles juste parce que c’était une elfe et que t’aimes bien les elfes.
- Et si cela avait été Jeb à la place de l’elfe, t’aurais tapé pareil ? rétorquai-je, piqué au vif. Parce que ce qu’elle a subi, c’est ce qui est arrivé à Jeb ! Et cela pourrait même être à cause de Jeb si ça lui est arrivé à elle.
Cette fois, ils étaient tous un peu gênés.
- Ghorghor et Afiriz, vous qui l’avez connu, est-ce que vous pensez qu’elle mériterait aussi une seconde chance, comme les deux femmes que So’tek a relevé ?
- Elle avait son petit caractère mais elle se battait bien et elle était courageuse. Je dirais oui, répondit l’armurier nain après un temps de réflexion.
- Pareil, ajouta Afiriz avec son laconisme habituel.
- Mais est-ce qu’on ne prend pas un risque à la ramener, s’enquit Ghorghor. Elle est peut-être toujours sous l’emprise du contrôle d’Aventhus.
- Effectivement, ça serait dommage de la ramener pour devoir la tuer juste après, reconnus-je. Dame Te eshpa, vous en pensez quoi ? Est-ce que cela vous semble sans risque ?
La dragonne s’occupait de ses sœurs mais elle n’avait rien perdu de notre conversation.
- A priori, je dirais oui. Son trépas a certainement dissipé tout contrôle. Par ailleurs, Avanthus est de nouveau solidement au frais. Et pour un bon moment je l’espère.
- Merci pour votre réponse.
Je me tournai alors vers notre nécromancien.
- So’tek es-tu encore capable de faire des miracles ? m’enquis-je.
- Hum… La connaissance, je l’ai toujours. En revanche, côté énergie je suis un peu à court pour le moment. Je peux le faire mais je devrai en passer par la magie du sang et il faudra un sacrifice, répondit le t’skrang tout en réfléchissant.
- Heu.. tu entends quoi par sacrifice ? repris-je non sans inquiétude.
- Oh ! Rien de bien méchant. Un peu d’énergie vitale de l’un d’entre vous pendant un an.
- Je suis volontaire ! lança Ghorghor. Elle m’a sauvé la mise plus d’une fois et je lui dois bien ça ! »
 
Grâce à So’tek et à la contribution de l’armurier nain, Jessaëlle revint bientôt à la vie également. Dommage que nous n’ayons pas pu ramener aussi Jeb à l’époque. La maîtresse d’armes allait avoir besoin de soins et de repos pendant quelques jours. 
Te eshpa et ses sœurs furent rapidement debout et elles tenaient à nous remercier dignement. Elles nous offrir chacune des pouvoirs différents, selon son domaine magique de prédilection.
So’tek discuta avec la nécromancienne Calah et choisit un pouvoir qui lui conférait la capacité de se fondre dans les ombres. Un talent fort utile pour se rendre discret ou se soustraire à une mauvaise rencontre.
Ghorghor, pour sa part, alla voir l’élémentaliste Askatra et revient bientôt avec une paire d’ailes métalliques. Voilà qui allait conférer une mobilité inégalable à notre armurier et de nouvelles possibilités pour le groupe. Et avec ça, plus de risque qu’il ne soit coincé sur un bout de glace.
De mon côté, j’allai retrouver l’illusionniste Te eshpa que j’avais secouru sur le lac gelé. Elle me fit un certain nombre de propositions mais l’une d’elles eut immédiatement ma faveur : un pouvoir qui donnait une coupe et un état toujours impeccable à mes tenues. J’avais suffisamment pesté contre les environnements hostiles qui abîmaient toujours mes vêtements de qualité supérieure. Avec ma panoplie du parfait héros, j’aurais toujours la classe, même dans le Noir Marais ou au cœur de la jungle de Servos. Il faut croire que ce pouvoir était des plus efficaces car j’eus même droit à la bise
d’un Te eshpa rougissante. Cela changeait agréablement de son comportement glacial lors de notre première rencontre.
 
Les trois sœurs discutèrent ensuite avec Afiriz et lui proposèrent de devenir la sentinelle du tombeau d’Avanthus. L’expérience avait démontré qu’il fallait le surveiller en permanence. Après un instant de réflexion, la shaman troll accepta cette responsabilité. Thregaz n’allait pas voir souvent cette épouse. D’un autre côté, il en avait encore trois au village, voire même quatre s’il fallait se fier aux dires de la dénommée Shaergraz.
Nous reprîmes ensuite le drakkar des airs pour reprendre la direction de Vräss, escortés par la Triade.
 
Nous eûmes enfin le temps de discuter avec So’tek et d’échanger quelques nouvelles.    
Thregaz nous invita dans sa cabine et nous informâmes le nécromancien des derniers événements au village et dans la mine de la compagnie de la Poignée de main. À son tour, le t’skrang nous relata qu’il avait rencontré des envoyés des Chercheurs du Cœur, un groupe d’elfes qui souhaitaient restaurer le bois de Wyrm et annuler le rituel lancé par la reine Alachia. La Fleur Éternelle était un des objets nécessaires pour dissiper le rituel et redonner au bois sa beauté d’antan. Ils devaient les retrouver dans un mois pour donner notre réponse.
 
Lorsque nous étions revenus de la jungle de Servos, avant de partir pour Brindol, So’tek m’avait informé des découvertes qu’il avait fait pendant notre absence au sujet de cette fleur que nous avions ramenée du kaer Argovesia. Il m’avait raconté la légende de la Fleur Éternelle.
Plusieurs centaines d'années avant le Châtiment, les plus habiles artisans du royaume elfique de Shosara, loin dans au nord de Barsaive, conçurent un cadeau magnifique pour la reine Failla du Bois de Wyrm. Dans les roseraies qui fleurissaient autrefois autour du palais de la reine des elfes, siège de la merveilleuse Cour elfique, ils cueillirent une rose unique, parfaite, et l'enchantèrent afin qu'elle vive à jamais. Pour la mettre à l'abri de tout mal, ils fabriquèrent un écrin de cristal et l'entourèrent d'un voile de sorts infranchissables. Ils y placèrent la rose magnifique, scellèrent l'écrin de cristal, et l'envoyèrent au Bois de Wyrm en témoignage de leur amour et de leur loyauté immortels pour la reine de tous les elfes du monde.
Hélas ! La belle Fleur Éternelle ne parvint jamais entre les mains de la reine, et disparut mystérieusement entre Shosara et le Bois de Wyrm. Pendant de nombreuses années, ceux qui connaissaient l'existence du trésor crurent que les Therans l'avaient volé et mis au secret dans leur place-forte de Parlainth. Quand l'orgueilleuse capitale provinciale s'évanouit en fumée pendant le Châtiment, on crut la fleur perdue à jamais avec les autres trésors de la Cité Oubliée. 
L'écrin de cristal est de facture comparable, d'essence et de magie que les prisons qui retenaient Augure et les parents de So’tek. Il nous assura également que l’écrin était resté inviolé et que la fleur ne pouvait pas être corrompue.
 
Pour parfaire mes connaissances et bien me faire comprendre l’importance que pouvait avoir la découverte de cet objet enchanté, le nécromancien t’skrang m’avait narré également l’histoire du Bois de Sang. C’est un sujet de bien des légendes et d’histoires terribles, parfois exagérées voire inventées.

Appelée le bois du Wyrm avant le Châtiment, la plus importante forêt de Barsaive s’étend sur plus de 1 000 kilomètres, soit pratiquement la largeur totale de la frontière septentrionale de la province. À première vue, le bois de Sang est un lieu d’une fantastique beauté où les sous-bois épais et les immenses arbres rouges et verts ne permettent qu’à quelques faisceaux de lumière de percer l’obscurité de la forêt. Cependant, l’utilisation de la magie du sang a perverti le Bois, donnant naissance à une pâle imitation de la beauté et de la grâce pour lesquelles le bois du Wyrm était connu avant le Châtiment. Le bois de Sang a le discutable honneur d’être le seul endroit de Barsaive corrompu par ses propres habitants et non par les Horreurs.
Ceux qui se rendent dans le bois de Sang doivent faire face à des périls et des difficultés uniques en Barsaive. À cause du repli du Bois sur lui-même imposé par la Reine Alachia, très peu de voyageurs indésirables parviennent à traverser les lisières de la forêt ou tout simplement à en revenir vivant. Des défenses naturelles et elfiques, souvent mortelles, assurent que personne ne pénètre dans le bois de Sang sans être repéré par les gardiens de sang et les veilleurs de sang surveillant les lisières.

La Cour était autrefois le centre de la culture elfique, mais les horribles mutilations que les elfes du Bois se sont imposés pour survivre aux Horreurs ont conduit de nombreux elfes vivant à l’extérieur du bois de Sang à se détourner d’Alachia. Ils voient la reine et ses semblables comme des abominations, aussi monstrueuses que les Horreurs, et les érudits ne sont pas loin de partager ce sentiment. Les voyageurs qui visitent le bois de Sang rapportent pourtant régulièrement que les elfes du Bois demeurent des êtres magnifiques, malgré les mutilations qu’ils ont infligées à leurs corps pour survivre au Châtiment. Le château de la Reine des elfes, construit à partir de huit énormes chênes, est toujours considéré comme une des plus formidables merveilles du monde connu.

De plus, Augure ne cessait de dépérir et les potions de So’tek ne pouvaient que retarder l'inévitable.  Mais, chaque fois que les conversations s'orientaient sur les anciens royaumes elfiques d'Andelin ou Shosara, et notamment sur ses origines, le troubadour détournait la conversation. So’tek supposait qu’Augure était bien plus vieux que nous le pensions, peut-être même assez vieux pour avoir connu la cour elfique dans sa gloire d'antan.
Augure était certes un habile manipulateur. Même aux portes de la mort, il gardait des cartes en mains : les informations qui nous intéressaient véritablement ne nous seraient révélées que s'il survivait à cette épreuve. Et pour sauver Augure, il fallait entrer dans le Bois de Sang pour y obtenir des ingrédients qui n’existaient qu’à cet endroit précis.
Manipulateur ou égoïste ? Comment pouvait-il mettre sur un pied d’équilibre sa selle personne et l’ensemble des habitants d’Andelin qu’il risquait de condamner à tout jamais par son silence ?
 
So’tek fit un résumé de tous ces éléments aux autres afin que chacun sache à quoi s’en tenir et où allait nous conduire nos prochaines aventures.
Il nous expliqua ensuite le choix qui s’offrait à nous.
Soit nous aidions les Chercheurs du Cœur à restaurer le Bois de Wyrm mais nous nous aliénions la cour de la Reine Alachia. Soit nous tournions le dos aux Chercheurs et allions directement au Bois de Sang pour tenter de négocier avec la Reine, ce qui pouvait être plus intéressant pour Throal mais surtout plus risqué.
De mon point de vue, dans les deux cas nous avions sensiblement les mêmes chances de mettre la main sur les ingrédients dont So’tek avait besoin. J’informai donc mon ami t’skrang que je suivrai son avis car il m’avait l’air le plus informé sur ce sujet.
 
En fin journée, nous arrivâmes à Fort Vräss. Avisant notre retour, Maloniel vint aux nouvelles, ainsi que nous faire part des visées de l’ambassadrice. J’écoutai à peine et essayai plutôt de me faire tout petit.
 
Miraëlan se manifesta à ce moment-là.
« C’est elle ta petite amie exploratrice ?
- Heu… oui.
- Assez commune mais pas vilaine. Tu ne sembles guère content de la voir.
- Tu m’as bien fait comprendre que tu ne voulais plus que je fréquente mes ex, non ?
- Tout à fait mais c’est toi qui décide au final, non ?
- Hum… certes. Mais comme je tiens à toi plus qu’à toute autre, je pense que c’est mieux ainsi.
- C’est toi qui vois…
Elle me laissa là, en pleine confusion.
 
Maloniel nous quitta peu après, non sans m’avoir lancé un regard à la fois triste et interrogatif auquel je répondis par la plus parfaite indifférence tout en me traitant de lâche. Il faudrait vraiment que j’ai une conversation sérieuse avec elle mais le moment devait être mieux choisi.
So’tek décida alors d’aller rencontrer les membres de la Légion du Crépuscule. Ghorghor et moi l’accompagnâmes mais Thregaz préféra rejoindre ses femmes et s’occuper du navire pour le départ du lendemain. Certaines avaries nécessitaient un travail à terre.
 
Même s’il était déjà assez tard, certains légionnaires étaient encore présents dans la grande salle de l’auberge. La troll Shaergraz répéta son histoire à So’tek et insista sur le fait que Thregaz était un rejeton d’Horreur. Il s’énervait par période assez longue mais tuais tout ceux présent à proximité. Selon elle, c’est lui qui aurait massacré tout son clan. L’Horreur se nourrirait de sa souffrance, une fois qu’il aurait conscience de ses actes puis provoquerait l’oubli pour un temps. La légion souhaiterait étudier le troll afin de pouvoir remonter jusqu’à l’Horreur qui le contrôle et la détruire. Toutefois, cela nécessiterait de tuer Thregaz afin d’obliger l’Horreur à le ranimer et remonter la trace du lien qui les uni. Rien de moins !
 
Le lendemain, la majorité décida de choisir l’option de la Reine et de partir avec l’ambassadrice et ses deux accompagnateurs au plus tôt. Dame Hautevoix nous prévint qu’il faudrait toutefois faire un détour par Port-aux-Ruines, la partie habitable de Parlainth, afin d’y récupérer un sauf-conduit qui nous permettrait d’entrer dans le Bois de Sang sans être criblés de flèches.
Thregaz nous annonça que la majorité des avaries étaient réparées et qu’un départ était possible dès demain. Voilà qui était une bonne nouvelle.
Je sollicitai la possibilité d’aller à Brindol afin d’y faire quelques achats, et notamment une remise à niveau de notre stock de potions. L’ambassadrice estima que ce détour était inutile et que nous trouverions tout ce qu’il nous fallait à Port-aux-ruines.
 
Le sylphelin de la Légion du Crépuscule nous ayant espionné, il fallut discuter à nouveau avec leurs membres. Ils ne s’opposèrent pas à notre départ mais annoncèrent qu’ils nous suivraient et ne lâcheraient pas la piste de Thregaz.
 
Nous allâmes ensuite prendre des nouvelles de la maîtresse d’armes elfe. Jessaeëlle était désormais debout et dans une forme plutôt correcte pour une ex-morte. Elle se souvenait des événements mais d’une manière floue, comme un mauvais rêve. Toutefois, elle savait désormais que tout était bien réel. Elle se montra gênée et distante mais je l’assurai que personne ne lui en tenait rigueur et qu’elle avait été placée sous la contrainte, comme l’avait été Jeb auparavant.
So’tek m’ayant expliqué qu’il était souhaitable de la garder à l’œil quelque temps, histoire d’être certain qu’Avanthus n’avait plus prise sur elle, je lui parlai de notre expédition et sollicitai son concours, argumentant sur ses talents martiaux. Un léger sourire fleurit sur ses lèvres et elle nous assura de son concours, elle avait besoin de se faire pardonner ses dernières actions et elle espérait se montrer digne de notre confiance. J’eus même droit à quelques commentaires flatteurs sur mes goûts vestimentaires et un regard appréciateur à mon encontre. Le jeu de la séduction était lancé.
 
Avec Maloniel, Jessaëlle et Miraëlan à bord pendant plutôt jour, le voyage risquait d’être pour le moins intéressant.
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Chapitre 54 - De glace et de feu
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