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 Chapitre 41 - Ermold le Magnifique

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


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MessageSujet: Chapitre 41 - Ermold le Magnifique   Jeu 4 Juin - 17:55

Chapitre 41 – Ermold le magnifique
 
Une fois encore, je me demandais ce que je faisais là. Suspendu à une corde qui descendait vers l'entrée verticale d'un kaer inconnu, je suivais Thregaz et Jeb. Je jetai un coup d'œil vers le haut et vis les membres de l'équipage du drakkar regarder notre descente. Les trolls et les sylphelins du Souffle de Thystonius avaient tous été volontaires pour nous accompagner mais il ne s'agissait pour le moment que d'une simple reconnaissance et notre petit groupe soudé devait suffire. N'empêche que je le trouvais un peu trop petit notre petit groupe…
Mais qu'allait-il faire dans ce drakkar ?
 
Tout avait commencé il y a deux semaines.
Notre campagne victorieuse contre la Main de la Corruption datait de près d'un an et nous avions tous passés beaucoup de temps à nous entraîner et à acquérir de nouvelles connaissances ici ou là, de Brindol à Throal.
J'étais retourné dès que possible à la grande cité naine pour y retrouver Maloniel et nous avions enfin pu donner libre cours à nos élans amoureux sans avoir besoin de sauver le monde toutes les semaines. Parallèlement, j'étudiais auprès de maîtres pour développer mes talents et consultait les ouvrages de la grande bibliothèque pour y approfondir mes connaissances sur Andelin et sa région.
Les débuts de notre liaison furent assez compliqués. Grâce à So'tek, j'avais obtenu une potion pour éviter le risque de mettre enceinte à nouveau involontairement ma partenaire. Toutefois, le t'skrang m'avais prévu que le mélange pouvait avoir des effets secondaires. Ceux-ci ne se firent pas attendre et je fus victime d'hallucinations auditives des plus perturbantes : aux moments les plus inattendus, je percevais des voix réprobatrices et notamment celle de Carélia. Il n'est pas besoin d'insister sur le fait que la jeune voleuse fut un peu déçue de nos premiers rapports. Par chance, ces hallucinations ne durèrent que quelques jours. J'eus à cœur de me faire pardonner ensuite mon manque de concentration auprès de ma partenaire.
De son côté, Maloniel devait parfois repartir en mission d'exploration pour plusieurs semaines. Ce fut donc une relation en pointillé mais cela nous convenait tous les deux. Nos sentiments étaient forts mais nous avions chacun notre vie et un désir d'indépendance et d'aventure très puissant. Aucun n'aurait renoncé à sa vie pour l'autre et aucun ne l'envisagea.
 
À Fort Vräss, les choses avaient évolué également.
Salanaek, le père de So'tek avait repris connaissance peu après le festival d'Astendar mais il n'avait parlé de ce qui lui était arrivé qu'avec son fils et Augure. Augure, justement, s'était remis rapidement et il était parti régler ses affaires sans presque un merci. Bref, égal à lui-même dans sa suffisance et la distance qu'il mettait avec les autres. Étonnamment, il revenait désormais régulièrement à Vräss mais surtout pour discuter avec So'tek et son père.
Toutefois, je savais qu'il était un spécialiste de la civilisation elfique et qu'il faudrait tôt ou tard que je quémande son assistance. J'avais un peu d'orgueil mais il ne pouvait longtemps faire le poids face à l'enjeu qu'était la cité d'Andelin.
Gothzul, le guerrier ork, avait quitté le village pour mener à bien des quêtes personnelles et veiller au renouveau de ce qu'il restait du clan des Lances-Sanglantes. Il allait nous manquer.
 
J'étais allé à Brindol faire une visite à Carélia et à mon… fils. Je parvenais à trouver toujours une excuse pour dissuader la jeune femme de ma rejoindre à Vräss mais cela devenait chaque fois plus compliqué. Garel, pour sa part, continuait à me déstabiliser régulièrement par ses mimiques et son regard dans lequel brillait bien trop d'intelligence pour un enfant de moins de 2 ans. J'aurais pu trouver un autre homme pour Carelia et les pousser l'un vers l'autre mais cela me semblait lâche tant que je n'aurais pas élucidé le pourquoi du comportement étrange de Garel. Et, malgré tout, il restait mon fils.
 
De retour de Brindol, je constatai qu'Augure était présent et j'étais bien décidé à lui parler d'Andelin dès que j'en aurais l'occasion. Je remarquai aussi la présence d'un étrange personnage, un humain qui s'était installé à l'auberge depuis quelques jours. Il se donnait le nom d'Ermold le Magnifique et semblait constituer un étrange mélange d'érudit-troubadour-magicien de pacotille. Il avait déjà sa petite réputation en ville et distrayait la clientèle de ses contes et tours de magie.
Ce n'est qu'à l'aube que l'alerte fût donnée. Augure avait été trouvé agonisant. Il avait été poignardé et l'aspect de sa blessure laissait également craindre la présence d'un poison. Deux sentinelles du village avait été tuées également.
Ce fut un chasseur qui apporta bientôt la réponse à nos questions. Alors qu'il partait relever ses collets, il avait aperçu Ermold quitter discrètement le village et rejoindre un navire volant qui l'attendait plus loin. Le vaisseau s'était ensuite dirigé vers le sud.
 
Pourquoi cette attaque ? Tout ceci était mystérieux. So'tek avait réussi à ralentir les effets du poison mais il ne parvenait pas à guérir Augure. Il avait également recueilli quelques mots de son patient et il semblait qu'Ermold lui avait volé un objet très important. Le nécromancien t'skrang nous demanda, à Thregaz et à moi-même, de partir rapidement pour Throal. Il était parvenu à identifier le poison mais il ignorait comment le contrer. Avec ses indications écrites, je devrais pouvoir trouver des pistes pour un antidote à la bibliothèque de Throal et le drakkar de Thregaz pourrait m'y mener rapidement. Lui-même devait rester sur place pour contenir les effets du poison. Jeb se porta volontaire pour venir avec nous, la présence d'un élémentaliste pouvant s'avérer utile.
Nous quittâmes Vräss le surlendemain.
 
Quelques jours plus tard, nous arrivâmes à la bibliothèque de Throal. Je trouvais l'ambiance assez morose et je compris rapidement pourquoi en voyant la tête de l'employé lors que je lui donnai le titre du livre dont j'avais besoin. Il se répandit en excuses hésitantes pour expliquer qu'il n'était pas disponible. Conscient d'un problème plus grave, je m'identifiai auprès de son supérieur qui se souvenait de l'aide que nous avions déjà apporté à la bibliothèque. Nous apprîmes alors que ce livre d'herboristerie avait été dérobé la veille et que c'était un exemplaire unique. La description de la dernière personne à l'avoir emprunté correspondait à Ermold. Le salopard avait bien préparé son coup !
Après quelques questions posées aux Portes du Ciel, il s'avérait qu'Ermold avait embarqué quelques heures plus tôt en direction du nord-ouest. Nous fîmes au plus vite l'appoint des réserves du navire et partîmes à sa poursuite. Avec Hiravud Fier-grelot à bord, la traque pouvait reprendre : ses talents de Maître du Vent lui permettait de suivre la trace d'un navire aérien tout comme moi je l'aurais fait d'un groupe de chevaux dans la neige.
 
Quelques jours après, nous survolions les montagnes de Scytha. Nous découvrîmes un modeste village dans lequel nous fîmes halte pour refaire le plein de provisions et de renseignements. Les habitants, assez primitifs, furent craintifs à l'approche du groupe de trolls, mais la présence des sylphelins les étonna et ils acceptèrent de nous recevoir.
Nous apprîmes qu'un autre navire était passé la veille et qu'il s'était dirigé vers le kaer abandonné, plus loin. Ils n'y allaient jamais car cet endroit était connu pour être maléfique. Des fumées nocives en sortaient et des cadavéreux avaient été vus autour.
 
Et voilà pourquoi je me retrouvais suspendu à un drakkar volant, entre le ciel en l'inconnu, suivants deux amis parfaitement inconscients et sourds à mes conseils de prudence. Comme d'habitude.
 
Thregaz s'était arrêté car il était presque arrivé au bout de la corde mais il ne voyait pas le fond du cratère dans lequel nous descendions.
"- Y'a plus de corde mais il y a encore de la descente, nous informa-t-il.
- Tu vois le fonds ? questionnais-je.
- Non mais je crois qu'il y a de l'eau !
- Suffisamment pour sauter ?
- Sais pas mais ça vaudrait mieux pour nous !
- Et y'a des bestioles dans l'eau ?
- Sais pas mais ça vaudrait mieux pas pour elles !
- Et comment qu'on va savoir ?
- Facile : j'vais voir !
- Hein ?! Non !!!!!"
Trop tard. Il avait sauté dans le vide et l'inconnu, suivi de peu par Jeb.
Des fous ! J'accompagnais des fous ! Je m'interrogeai néanmoins sur qui est le plus fou : le fou ou celui qui suit le fou ?
Je perçu deux "plouf" successifs et patientai le temps qu'ils donnent signe de vie.
"- C'est bon, ça craint rien. Y'a plein d'eau et pas de bestioles, tu peux venir, m'informa le troll sur un ton que je perçu un brin ironique.
- Certes, mais on remonte comment après ?
- C'est après, donc on verra après. Pour l'instant on explore, rétorqua l'écumeur du ciel.
- Heu… t'es sérieux là ?
- Du calme Valérian, tempéra Jeb. Je ferai quelques sorts et ça ira.
- Mais pourquoi t'as pas fait ces sorts pour descendre ?
- Ce n'était pas nécessaire puisque la gravité était avec nous, répliqua-t-il.
Je préférai ne pas répondre. J'assurai mon matériel et sautai dans l'eau.
 
L'eau était moins froide que ce que j'avais craint et je ne vis pas le fond. Je nageai vers la berge et rejoignis mes amis qui patientaient en explorant les lieux. Un couloir taillé permettait de quitter le cratère et s'enfonçait dans les ténèbres. Bon, ce n'était pas comme si nous avions eu le choix…
Avec un soupir résigné, je sortis mon quartz luminescent et pris la tête du groupe. Après une quinzaine de mètres d'un couloir rectiligne en légère pente descendante, nous arrivâmes devant une arche surmontée d'un crâne de dragon en pierre. Alors que j'approchai prudemment, nous entendîmes distinctement une voix venir de l'arche : "Faites un don si vous voulez passer".
Merde ! Nous n'avions pas prévu les petits cadeaux à échanger ! Thregaz suggéra de lui donner une ration à bouffer. Je plaçai de la nourriture dans la vasque prévue à cet effet.
"Offrande acceptée. Vous pouvez passer".
Sans relâcher ma vigilance, je passai sous l'arche et nous débouchâmes  juste après dans une salle enténébrée. L'éclat de mon quartz et le sort de lumière de Jeb étaient réduits à un point lumineux qui n'éclairaient presque rien. Nous sentions sous nos pieds un sol inégal et nos déplacements devenaient assez hasardeux. Je me rapprochai du mur de droite et y gardai la main dessus afin de pouvoir retrouver facilement la sortie. J'entendis soudainement Thregaz pousser une exclamation de surprise puis un bruit de chute quelques mètres plus bas. Notre troll venait involontairement de trouver l'accès vers le niveau inférieur.
Alors que nous entendions des bruits de combat qui venait du dessous, Jeb entrepris de trouver le trou puis d'y tisser un treillage céleste pour y descendre. Cela nous pris néanmoins un certain temps et, lorsque nous débouchâmes dans la pièce inférieure, nous trouvâmes l'écumeur du ciel en mauvais état et qui faisait face à plusieurs sylphelins corrompus, teigneux et vindicatifs. Dans cette pièce, la lumière réagissait normalement et nous distinguions normalement nos adversaires.
Une fois perdu l'avantage du nombre et de la surprise, les affreux changelins ne firent pas longtemps le poids et nous nous en débarrassâmes promptement. Toutefois, notre combattant avait déjà récolté de bien vilaines blessures. Ça commençait bien !
 
Un autre passage descendant nous menant dans une pièce qui contenait le tombeau d'un obsidien et une arche murale étrange surmontée de symboles inconnus que l'élémentaliste t'skrang identifia comme étant une porte astrale, actuellement inerte. Tout ceci ne me disait rien qui vaille : un taré qui vole un artefact à Augure pour ensuite rejoindre ce kaer abandonné qui contenait des portes astrales. Ça sentait pas bon !
N'ayant pas d'autres alternatives, nous remontâmes dans la salle obscure et l'examinâmes plus avant. En face du passage par lequel nous étions arrivés se trouvait la sortie de la pièce et nous descendîmes quelques marches avant d'arriver dans le coude d'un couloir. Nous pouvions continuer tout droit ou partir vers la gauche. J'optai pour cette seconde possibilité et je passais sous une nouvelle arche, sans crâne ni inscription aucune, pour parvenir dans une nouvelle pièce qui contenaient deux autres portes astrales, elles aussi inertes nous confirma Jeb. J'empruntai le couloir qui continuait en face mais nous dûmes rapidement nous résoudre à faire demi-tour car le passage était obstrué par un éboulement.   
 
Comme nous avions simplement fait demi-tour, ce fut Jeb qui revint le premier dans la salle des deux portes astrales et qui reçut de plein fouet l'attaque d'un groupe de trois trucs qui ressemblaient à des cadavéreux. Il encaissa quelques coups puis resta figé sur place, gênant Thregaz qui arrivait en second. Le troll se lança à l'attaque et bouscula la première créature, l'obligeant à reculer. Thregaz poussa son avantage mais la créature évita l'attaque suivante et l'écumeur du ciel se retrouvait au milieu des trois adversaires. Comme je pouvais difficilement l'aider depuis l'arrière – et encore moins rester sans rien faire – j'effectuai une roulade entre les jambes du troll et surgis derrière deux créatures. Je me redressai juste à temps pour voir Thregaz se figer à son tour après avoir reçu un coup. Bigre ! Seul contre trois, ça n'allait pas être de la tarte !
Je blessai l'un des adversaires et parvins à éviter toutes leurs attaques en tournant autour d'elles et en les obligeant à se gêner. Thregaz réussi à sortir de sa paralysie et il massacra une créature en lui assénant un terrible coup de hache de dos. Une autre créature se retourna vers lui et le blessa, le figeant à nouveau. Mais cette diversion avait été suffisante pour me permettre de découper à mon tour un adversaire. En un contre, la dernière créature ne dura pas longtemps et elle tomba bientôt à mes pieds. Je me félicitai mentalement pour mon efficacité puisque personne n'était en état de le faire puis allai aider mes amis.
 
Peu avant la fin du combat, j'avais noté la présence de silhouettes dans le couloir derrière moi, au niveau de l'arche par laquelle nous étions arrivés. Il y avait eu une brève discussion puis les personnes étaient parties. Comme j'avais mieux à faire sur le moment, je n'avais pas pu y accorder toute l'attention nécessaire. Rétrospectivement, je songeai qu'ils devaient être trois ou quatre et il me semblait les avoir entendu parler en sperethiel. Des elfes ici ? Il s'agissait certainement d'hommes d'Ermold mais le fait que ce soit des elfes m'étonnait.
Quelques minutes, Jeb et Thregaz avaient vaincu leur engourdissement et étaient prêts à continuer, après quelques soins. Si j'avais eu la bonne idée d'éviter les coups jusque-là, il n'en était de même pour mes compagnons qui étaient déjà mal en point.   
Une fois prêts, notre groupe revint au niveau du coude, au pied du petit escalier qui menait vers la pièce obscure, et nous continuâmes vers la gauche. Après quelques mètres, le couloir fit un nouveau coude vers la gauche. Peu après, je remarquai un passage dans le mur de droite qui descendait en pente assez raide et je perçus des bruits de voix au loin dans le couloir qui continuait tout droit. Je décidai d'aller en direction des voix : mieux valait leur tomber dessus plutôt que l'inverse.
Nous débouchâmes bientôt dans un grand hall désert. Les murs comportaient des fresques très anciennes et partiellement effacées par le temps. Nous n'avions guère de temps à perdre avec cela pour le moment et nous poursuivîmes par le passage en face. Plus loin, nous passâmes un coude vers la droite et fûmes stoppés par un gouffre. Jeb lança un nouveau treillage céleste pour passer l'obstacle et nous pûmes continuer.
 
De l'autre côté du gouffre se trouvait un ancien tombeau avec des cadavres momifiés dans des alcôves. Jeb s'assura que c'étaient de vrais cadavres et remarqua en même temps un objet intéressant dans une des alcôves. Alors qu'il s'apprêtait à le prendre, deux cadavres s'animèrent brusquement et se saisir du t'skrang. Thregaz et moi volâmes au secours de notre ami. Face à notre assaut, les goules délaissèrent l'élémentaliste blessé. Je balançai un grand coup d'épée large dans la tête de mon adversaire. Il recula sous l'impact puis me sauta dessus, récoltant un second coup en plein vol qui le jeta à terre, en piteux état. Jeb, qui avait repris ses esprits, le termina d'un sort bien placé alors que, de son côté, Thregaz achevait sa goule par un coup de hache qui envoya la tête de la créature rouler plus loin. Jeb se remit de ses émotions puis ramassa l'objet de sa convoitise. Il semblait ravi du butin.
 
Nous continuâmes par le seul couloir qui partait de la pièce. Au sol, je remarquai les traces récentes d'un groupe de quatre ou cinq personnes. Certainement ceux que j'avais entendu discuter auparavant. Au fond du couloir, il y avait deux séries de trois colonnes dans le mur de gauche, avec un passage entre les deux séries de colonne qui menait à une autre pièce. Le couloir n'allait pas plus loin, il n'y avait donc qu'une seule issue. Toutefois, en approchant, je remarquai des silhouettes dissimulées derrière les colonnes. Alors que je prévenais les autres, je reçu une flèche et Thregaz écopa d'un sort offensif. Je chargeai l'archer alors qu'un épéiste sortait de la colonne voisine pour m'intercepter. De son côté, Thregaz chargea le lanceur de sort et fut également stoppé par un combattant mais ce dernier passa simplement à côté de lui et fonça vers Jeb, le blessant une nouvelle fois. Mais ce fut le fois de trop car Jeb tomba au sol, inanimé.
Thregaz et moi nous repliâmes pour secourir notre élémentaliste. Je blessai le guerrier gravement et le troll arriva juste après pour lui envoyer un second coup que l'adversaire – un elfe - encaissa également. Sacrément résistant pour un elfe ! Je le poursuivis alors qu'il se repliait vers l'archer et l'autre guerrier. Thregaz en profita pour charger le lanceur de sorts désormais seul et exposé et lui asséna un terrible coup qui la terrassa. Thregaz lui plaça un second coup à terre pour faire bonne mesure.
À ce moment, Ermold sortit du passage entre les colonnes et passa au-dessus de la mêlée sur un trône des vents, hors d'atteinte et ricanant de satisfaction. Il quitta la scène en empruntant le couloir par lequel nous étions venus. Les combattants, qui étaient finalement tous des elfes, reculèrent lentement pour protéger la fuite de leur maître. Alors que Thregaz arrivait à ma hauteur, il poussa un cri et s'effondra, victime d'un étrange rayon vert reçu dans le dos. Finalement le lanceur de sorts n'était peut-être pas si mort que cela !
Désormais seul contre quatre adversaires coriaces, il m'apparut plus raisonnable d'être clément et de les laisser fuir. Je leur fis un salut de mon arme et leur déclara que, dans ma grande mansuétude, je consentais à les laisser partir. L'un des elfes me rendit mon salut avec un sourire ironique et ils quittèrent les lieux d'un pas rapide. Des adversaires honorables ? Bigre, voilà qui changeait agréablement des sbires d'Horreurs et des orcs. J'appréciai encore un peu plus les elfes.
 
J'allai à nouveau m'occuper de mes amis inconscients. Décidément, cela devenait une habitude dans cette aventure. Il semblait que l'acquisition d'une nouvelle épée, que j'avais baptisée "Griffe", et l'approfondissement de mes techniques de combat pendant cette dernière année avaient été un bon investissement et je me sentais beaucoup moins inutile dans les combats. De là à combler le vide laissé par Gothzul, il y avait un gouffre que je n'étais toutefois pas prêt de franchir.
Quelques pansements et potions plus tard, Jeb et Thregaz étaient à nouveau en position verticale. Ils n'étaient pas en bon état, mais ils pouvaient marcher. Je proposai de jeter un rapide coup d'œil dans la salle qu'Ermold venait de quitter et de repartir au navire prendre quelque repos. Les autres acquiescèrent et nous empruntâmes le passage entre les colonnes.
 
Nous entrâmes dans une vaste caverne qui comportait de larges marches menant à une pyramide située au fond. Cette dernière était clairement de style thérane, elle était surmontée d'une statue de forme arachnide qui semblait faite de cristal. Tout cela ne m'inspirait que méfiance. Je demandai à Jeb ce que lui montrait sa vision astrale. Il confirma bientôt que la pièce était une vaste zone de corruption dont le point focal était la pyramide.
Mon attention ayant été attirée immédiatement par ce fichu bâtiment, j'en avais négligé d'observer le reste de la pièce. Ce qui explique que l'attaque nous prit complément par surprise.
 
Une énorme créature de type arachnide se laissa brutalement tomber du plafond, au bout d'un fil, droit sur Jeb qui tomba au sol. Ayant étudié les Horreurs et créatures affiliées avec So'tek, j'identifiai immédiatement une Jéhutra, un rejeton d'Horreur. Elle ressemblait à une énorme araignée qui aurait emprunté les pattes chitineuses d'un crabe et la gueule d'un loup enragé. Bref un très mauvais client…
Du coin de l'œil, j'aperçus sa copine qui dévalait du sommet de la pyramide pour venir dans notre direction. De mieux en mieux ! Nous avions tout intérêt à nous débarrasser rapidement de la première avant que la seconde n'arrive sur nous. La Jéhutra qui était sur le t'skrang déclencha un pouvoir de zone qui créa un labyrinthe de cristal autour de nous et nous isola les uns des autres. J'évacuai la panique qui menaçait de m'envahir, fermai les yeux et me concentrai sur les sons grâce à mon talent de vigilance. Malgré la distorsion des couloirs de cristal, j'identifiai les cris de Jeb et la direction à prendre. Je bondis et, après quelques virages, j'arrivai dans le dos de la créature qui s'en prenait à notre malheureux élémentaliste coincé dans une gangue de cristal. Je lui rentrai "Griffe" dans le dos jusqu'à la garde et le rejeton pivota dans ma direction en piaillant de douleur et d'indignation. Elle projeta dans ma direction un éclat de cristal qui se referma sur moi et m'emprisonna, à l'instar de Jeb. La gangue se resserrait lentement sur moi et me blessait de manière croissante. Satisfaite de nous voir tous deux inoffensifs, la Jéhutra partit à la recherche du troll qui errait dans le labyrinthe. La situation était déjà désespérée et le second rejeton n'était pas encore arrivé. J'adressai une prière à Astendar et sollicitai son soutien alors que je bandai mes faibles muscles pour briser ma prison de cristal. Quelques secondes plus tard, à ma grande surprise, je parvins à m'en extraire. Avec quelques mots de remerciements à ma passion sur les lèvres, je partis au plus vite à la recherche de Thregaz et de la créature.
Elle affrontait l'écumeur du ciel et j'arrivai une fois de plus dans son dos mais, cette fois, elle avait anticipé mon arrivée et grimpa le long du mur de cristal pour éviter d'être prise en étau et préféra entamer une retraite prudente pour attendre le renfort proche de l'autre rejeton. Constatant qu'elle était en mauvais état, je rangeai mon épée et sortis mon arbalète. Deux carreaux plus tard, la créature chut à mes pieds. Je dégainai Griffe et lui plongea dans le corps pour faire bonne mesure. Les parois de cristal disparurent aussi vite qu'elles étaient apparues. Et d'une !
 
Je jetai un coup d'œil en direction de la pyramide mais ne vis pas la seconde Jehutra. Alors que je levai la tête, elle se laissa tomber sur Thregaz avant que je n'aie le temps de le prévenir et elle créa à son tour un labyrinthe de cristal. Ravalant un juron, je m'orientai pour rejoindre mon ami. Toutefois, avec les blessures et la fatigue qui commençait à se faire sentir, il était évident que je ne pourrais pas rester efficace encore longtemps et cela valait sans doute aussi pour Thregaz qui avait reçu plus que sa part de blessures, comme à son habitude. J'invoquai pour la première fois le pouvoir de questeur "esprit de jeunesse" et entonnai une succession d'encouragements qui m'était destinée tout autant qu'à Thregaz. Il était question de ne pas baisser les bras et de tenir bon, du fait que nous ne pouvions pas mourir ainsi après tout ce que nous avions déjà accompli, d'un gueuleton que nous ferions à la prochaine auberge et de tous ceux qui comptaient sur nous.
 
Je parvins, en titubant, à rejoindre le combat. Thregaz n'était pas vaillant, effectivement, mais il ne cédait pas un pouce de terrain à la créature et l'affrontait crânement. J'infligeai une blessure à la Jehutra et celle-ci se retourna vers moi pour m'attaquer pendant que Thregaz se débattait dans une prison de cristal. Le rejeton d'Horreur m'infligea la blessure de trop et je commençai à tomber. Soudain, le pouvoir de l'esprit de jeunesse m'emplit d'une énergie nouvelle qui me fit me redresser et repartir au combat. Ragaillardi également, Thregaz explosa la gangue de cristal et poussa un cri de défi qui résonna dans la salle. Interloquée, la créature se tourna à nouveau vers lui. Le troll s'entailla un bras et invoqua la magie du sang. Il devint complètement furieux et chargea la Jéhutra, désormais sur la défensive, pour lui asséner une succession de coups furieux qui eurent bientôt raison de la résistance du rejeton. Le troll ne s'arrêta de frapper que lorsque la créature fut réduite à un tas de morceaux sanguinolents. Abasourdi par l'attitude de mon ami, je me reculai… puis tombai alors que les effets de l'esprit de jeunesse cessaient. La douleur et la fatigue eurent raison de ma résistance et les ténèbres m'emportèrent.
 
Je repris connaissance à bord du Souffle de Thystonius. Thregaz nous avait ramené au drakkar où nous avions reçu des soins. J'étais dans un état pitoyable et Jeb ne valait guère mieux. J'appris que j'étais resté plusieurs heures dans le coma avant de refaire surface. Le pouvoir d'Astendar que j'avais utilisé avait failli me tuer mais l'absence de ce pouvoir m'aurait condamné plus sûrement encore. Astendar n'était pas une passion de demi-mesure et elle protégeait les audacieux. C'est du moins ce dont je voulus me persuader pour expliquer que je sois encore en vie. Mais ça fait sacrément mal l'audace, me dis-je en me redressant. 
Nous apprîmes également qu'aucun navire n'avait été vu quittant les environs du kaer. Ce qui laissait supposer qu'Ermold était encore là, à manigancer quelque chose qui ne nous plairait pas s'il arrivait à ses fins. Cependant, mon état physique et moral était au plus bas. Grièvement blessé et abattu psychiquement par le dernier combat, je ne me voyais pas repartir. Autant lors de la dernière campagne, je me battais pour protéger le Val d'Olsir des magouilles de la Main de la Corruption, autant là ça me semblait plus lointain. Paumé dans un kaer inconnu, à la poursuite d'un inconnu qui avait empoisonné un type que je n'appréciais pas plus que ça.
Est-ce qu'Augure valait que l'on meure tous pour lui ? La réponse était non. 
Est-ce que l'on devait risquer nos vies pour empêcher Ermold libérer une Horreur de plus ? La réponse était oui, je le crains. Gros soupir…
 
Après une journée complète de repos, nous redescendîmes dans le cratère. Cette fois, notre groupe s'était renforcé de deux trolls et du pote sylphelin de Thregaz, Hiravud Fier-Grelot. Je pris ostensiblement la position d'arrière-garde pour bien montrer ma réticence à repartir dans mon état mais, à part quelques sourires amusés, il n'y eu pas beaucoup de réaction. Le sylphelin ouvrit la marche et nous revînmes au niveau du seul passage que nous n'avions pas exploré, à savoir le conduit dans le mur de droite juste avant la grande pièce aux murs avec les fresques à moitié effacées. Le passage était assez étroit et taillé de manière plus inégale que le reste du réseau, de la terre recouvrant le sol.
Alors que les premiers débouchaient dans un couloir perpendiculaire, le troll Gousse-d'aïl, gêné par la poussière déplacée par ceux qui le précédaient, émis un éternuement puissant. Le couloir trembla un instant puis je sentis la voûte s'effondrer derrière nous. Je poussais le troll devant moi et nous évacuâmes dans un nuage de poussière le passage désormais éboulé.
"Désolé !" déclara Gousse-d'aïl à la cantonade en reniflant. Il allait falloir trouver une autre sortie désormais.
 
Ravalant mon énervement, je décidai de reprendre la tête du groupe et choisi de remonter le couloir par la gauche. Nous perçûmes à ce moment des bruits mécaniques qui résonnèrent dans le réseau souterrain, semblant venir des profondeurs de la terre. Après avoir échangé un regard inquiet avec Thregaz, je poursuivis dans le couloir et débouchai bientôt dans une salle qui contenait deux petites fosses sur notre droite et un sarcophage contre le mur de gauche. Pas de portail en vue cette fois.
Un rapide coup d'œil aux trous dans le sol montra qu'ils étaient profonds d'environ deux mètres et contenaient des ossements au fond. Rien de réjouissant mais rien d'étonnant dans ce lieu sinistre.
 
Alors que j'approchai du sarcophage, une forme spectrale apparut devant celui-ci et tourna sur elle-même tout en acquérant plus de précision. Nous distinguâmes bientôt le fantôme ou le spectre d'une elfe qui dansait de manière assez erratique, comme une marionnette qui répondrait aux gestes d'un fou. Son visage exprimait une tristesse infinie qui m’émut profondément. Le groupe était captivé par la danse de l'apparition et la grâce chaotique qui s'en dégageait. Au-delà de l'apparence désordonnée des mouvements, je décelai une chorégraphie harmonieuse, mais troublée par des gestes parasites et irrépressibles. Je croisai son regard et j'y lu un mélange de sentiments forts et contradictoires : tristesse, espoir, folie et agressivité tout à la fois. J'y devinai aussi une invitation à la rejoindre. Étonné par tout ce que je voyais dans cette apparition, je fis un pas en arrière. Le sentiment de menace et d'agressivité augmenta d'un cran. Une fois de plus, tout cela puait le piège. Mais le piège était-il d'accepter l'invitation ou de la refuser ?
 
Je fis un nouveau pas en arrière et m'apprêtai à demander à tout le monde de quitter la pièce quand je perçu un son mélodieux et triste, comme un appel à l'aide. Si j'avais eu mon luth, j'aurais pensé qu'il venait de lui. Je me tournai vers les autres et leur demandai s'ils avaient perçu cet appel. Leurs regards interrogatifs répondirent à ma question. Était un encouragement de ma Passion ou un appel du spectre ? Toutefois, en bon questeur d'Astendar, je ne pouvais décemment refuser une invitation à danser, fut-ce avec un fantôme.    
Je laissai la consigne à Thregaz de me tirer de là s'il estimait que cela se passait mal. Je pris ensuite une grande respiration puis m'avançai vers le spectre tournoyant.
 
J'essayai d'accorder mes pas aux siens et de suivre de mon mieux son tempo frénétique. J'évitai toutefois de reproduire les gestes erratiques qui parasitaient la grâce de sa danse et me concentrai sur son harmonie générale.
Immédiatement, je fus saisi par l'impression de solitude et de folie qui émanait de ma partenaire. Je sentis également un froid glacial m'envahir progressivement mais qui affectait plus mon âme que mon corps. Je rivai mon regard à celui du spectre et, derrière la folie se tenait l'espoir. J'entrevis la possibilité de pouvoir l'aider, la libérer, mais cela ne serait pas sans risques. Je parvins à calquer mes gestes sur les siens et m'abandonnai à la transe de la danse. Des images apparurent alors dans mon esprit…
 
Elle était une des dirigeantes du kaer Argovesia, joyau des montagnes de Scytha. Elle habitait un somptueux palais souterrain, entourée du raffinement de l'artisanat elfique et des mécaniques naines. Les couloirs étaient larges, lumineux et remplis d'une foule bruyante et active.
 
Au fil de l'évocation de son passé, je sentis le spectre s'apaiser progressivement et la folie céder du terrain en même temps que son sentiment de solitude. Elle appréciait ma tentative. Parallèlement, je sentais ma vitalité s'échapper par ce lien tissé entre nous et l'impression de froid croître encore.
 
Elle était jeune, belle et talentueuse. Une sorcière déjà brillante et promise à un bel avenir. Elle s'appelait Miraëlan et son peuple l'aimait pour ce qu'elle était et l'adorait pour ce qu'elle deviendrait. Elle étudiait la sorcellerie, la diplomatie et les arts de la noblesse ; les courtisans ne manquaient pas autour d'elle.
 
Un faux pas interrompit brusquement la vision. Maîtrisant la panique et l'énervement, je me concentrai à nouveau sur la danse en invoquant l'aide d'Astendar. Bien vite, je fus de nouveau en harmonie avec le spectre de l'elfe et le lien fut retissé entre nous.
 
Miraëlan supervisait les automates, des merveilles de précision et de technologie. Le kaer Argovesia était une ancienne cité naine modifiée par les thérans. Ces automates avaient été fournis aux nains en échange de l'exploitation de leurs ressources. Toutes les races, autres que les nains présents dans le kaer, étaient des thérans.
 
Au fil de l'évocation, l'impatience de la forme spectrale de Miraëlan grandit et elle se rapprocha pour s'accrocher à moi. Sa danse avait presque complètement perdu son apparence chaotique et nous évoluions désormais en harmonie, sa grâce elfique était désormais pleinement perceptible aux spectateurs. Et mon énergie vitale continuait de se déverser en elle.
Thregaz se gratta le menton. Il ne semblait rien se passer d'anormal mais il ne pouvait se défaire d'une impression de danger. Le spectre s'était calmé et Valérian continuait de danser. Toutefois, ne commençait-il pas à devenir pâle à son tour ?
 
Le kaer Argovesia abritait de nombreux lanceurs de sorts puissants et les expériences magiques étaient fréquentes et toujours plus hardies. Miraëlan était l'apprentie d'un puissant sorcier obsidien. J'entrevis furtivement l'image d'un tombeau et d'une petite pièce avec une porte astrale que nous avions déjà visitée.
 
La danse avait ralentie et nous étions désormais enlacés. J'étais noyé par l'affluence des souvenirs de l'elfe, jusqu'à en occulter ma propre identité. Mais je percevais que ces informations nous seraient capitales pour la suite et pour comprendre ce qu'Ermold faisait ici. La question était de savoir si je les obtiendrais avant de mourir. Mais je lisais un tel espoir dans les yeux de ma cavalière, désormais si proche, que je n'aurais pu la lâcher.
 
C'était avant le début du Châtiment. Certaines expériences s'étaient mal déroulées, on rapportait ici et là des disparitions et des meurtres. La vie paisible et protégée au sein du kaer semblait peu à peu sombrer dans la crainte et la méfiance. Il apparut évident aux yeux des plus avertis qu'une Horreur était entré dans le kaer et qu'elle affectait progressivement les occupants. Le temps n'était plus aux demi-mesures et le danger était imminent.   
 
Le danger était tout aussi certain pour moi et je sentais que ma vie ne tenait plus qu'à un fil, un fil qui me reliait au spectre de Miraëlan. Elle était proche de la libération, j'étais au seuil de la mort. Si je le franchissais avant elle, nous perdions tous les deux. Je mobilisai mes ultimes forces par une prière à la Passion qui m'a déjà tant de fois protégé et obtint un sursaut d'énergie que je mis à profit pour faire mes derniers pas de cette danse mortelle.
 
Miraëlan et les meilleurs lanceurs de sorts se réunirent pour faire face à la menace. Ils établirent un rituel conçu pour enfermer l'Horreur Agoastya dans le temple des Passions du kaer. La congrégation parvint à achever l'incantation mais au prix de leurs vies.
Les sauveurs furent fêtés en sauveurs et en héros. Ils furent ensevelis avec les honneurs et la kaer fut, momentanément sauvé. Mais si quelqu'un libérait Agoastya et ouvrait les portes astrales, la région serait rapidement une base avancée pour les Horreurs.
Tout se brouilla soudainement. Le froid devenait insoutenable et un souffle me parcouru, porteur d'un sentiment de gratitude. Je sombrai dans les ténèbres glaciales.
 
Thregaz vit Valérian chanceler. Il se précipita alors qu'il tombait, inconscient, au sol. Simultanément, le spectre se dissipa avec un soupir qui résonna longuement dans la pièce aux murs de pierre.
Jeb inspecta le corps glacé de l'éclaireur et finit par trouver un pouls faible mais régulier.
 
Je repris connaissance, après quelques soins, dans un état de confusion total. Je ressentais toujours un froid mordant, tant dans mon corps que dans mon esprit. Mais le pire était que j'avais conservé les souvenirs de Miraëlan, comme un legs au temps présent, une ultime contribution afin de défaire les Horreurs de notre temps. Il me fallut quelques instants pour faire le tri, retrouver ma propre personnalité et définir une ligne de conduite.
Bien que encore grièvement blessé  des combats de la veille et affaibli par ma danse spectrale, je me relevai et informai le groupe de ce que j'avais appris en quelques phrases. En même temps, je m'étais mis en route d'un pas, tout d'abord chancelant puis plus affirmé au fur et à mesure que ma détermination prenait le dessus sur mon état.
Les souvenirs de la sorcière elfe me permettaient d'avoir une vue générale du kaer dont je connaissais désormais les moindres détails. Enfin… les moindres détails d'avant le Châtiment.
Habité par ses souvenirs et son sens du sacrifice, je menais le groupe dans les entrailles du kaer, là où je pensais trouver Ermold : devant la porte astrale principale.
 
Au pas de charge, nous descendîmes deux niveaux pour arriver à proximité d'une salle d'où provenaient des bruits métalliques et des voix d'elfes. Sans doute une arrière-garde laissée par Ermold. Nous laissâmes nous-même Jeb et un troll pour les surveiller puis continuâmes vers le but de périple : Ermold.
Nous le trouvâmes là où je le pensais. Sur la place principale, devant le plus grand des portails astraux. En plein rituel, hagard, il envoyait des giclées de sang de ses poignets entaillés par le portail qui bourdonnait de sinistre manière. Le portail serait bientôt ouvert et il s'agissait d'agir au plus vite mais je craignais un nouveau piège de la part de l'invocateur. Thregaz demanda à Hiarvud d'aller chercher Jeb et l'autre troll, laissés à l'autre extrémité du couloir, pendant que lui et Gousse-d'aïl chargeait Ermold. De mon côté, je me déplaçai plus discrètement, arbalète chargée, en direction des bâtiments apparemment déserts derrière Ermold. Je trouvais étrange qu'il soit seul. Les elfes étaient-ils tous restés dans la salle à l'entrée du couloir ?
 
L'assaut des trolls prend Ermold par surprise et le jette à terre. Une fois la surprise passée, il se reprend rapidement puis lance un sortilège de peur, faisant fuir ses agresseurs. Je sortis d'un bâtiment à ce moment-là et utilisai mon arbalète pour tirer définitivement un trait sur sa vie et ses magouilles. Frappé en pleine poitrine, Ermold tomba à terre. Je terminai le travail d'un coup de Griffe en pleine gorge. Achever les mourants n'est pas dans mes habitudes mais je fis volontiers une exception pour lui.
 
Une fois le groupe réuni, nous revînmes nous occuper des elfes. Ces derniers cherchaient vainement à arrêter les automates et à refermer le portail depuis la salle des machines. Informés du décès de leur ex-employeur, ils ne manifestèrent guère de ressentiment et sollicitèrent une trêve. Eux-mêmes n'étaient pas en très bon état et ils affirmèrent avoir été trompés par Ermold. Il les aurait employés pour l'aider à ouvrir un portail pour téléporter des troupes théranes et il n'avait jamais été question de faire venir des Horreurs.
Intrigué de rencontrer des thérans, j'entamai rapidement la conversation avec eux. Mes autres compagnons étaient plus réservés. J'appris que leur groupe s'appelait la Compagnie des Chasseurs de Sang. Je remarquai surtout que le lanceur de sorts était en fait une très séduisante elfe du nom d'Eliora Nash.
La belle semblait également ravie d'entamer la conversation et nous échangeâmes moult point de vue sur nos sociétés respectives, chacun contrant les arguments de l'autre autant par jeu que par conviction. La séduction était sous-jacente dans notre joute verbale. Cette fille avait piqué ma curiosité et même un peu plus.

En devisant tranquillement, nous quittâmes par le passage emprunté par les elfes, vu que le passage que nous avions emprunté était obstrué.
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Chapitre 41 - Ermold le Magnifique
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