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 Chapitre 39 - La Main de la Corruption

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


Messages : 541

MessageSujet: Chapitre 39 - La Main de la Corruption   Dim 22 Mar - 17:15

Chapitre 39 – La Main de la Corruption
 
Quelques jours après la victoire sur Nasrig-Tog et le nettoyage des mines des nains de la Compagnie de la Poignée de Main, un nouveau conseil de guerre se tint. L'étape suivante de notre offensive devait être déterminante puisqu'il s'agissait rien de moins que de neutraliser les serviteurs de la Main de la Corruption dans leur antre, un étrange kaër situé à quelques jours de marche de là.
La route qui serpentait vers le nord passait par un col situé non loin de ce kaër avant de descendre vers l'embouchure du fleuve Olsir.
Il fut décidé qu'un petit groupe partira en éclaireur pour trouver le repaire des ennemis et le meilleur moyen d'y parvenir, pendant que le gros des forces suivrait la route pour s'en rapprocher. Bien évidemment, les Lions de Pierre eurent une fois encore l'immense honneur d'être désignés pour cette partie de plaisir. Tant de confiance, ça faisait chaud au cœur…
Comme j'avais vu venir le truc bien à l'avance et que je commençais à piger mon rôle dans toute cette affaire (marche ou crève…), je n'émis pas la plus petite protestation et je fus même l'un des instigateurs du plan. J'avais tellement hâte de terminer cette campagne et de rentrer à Vräss pour le festival que j'aurais pris seul d'assaut ce foutu kaër. Enfin, bon… pas tout à fait quand même.
 
À deux semaines du début du festival, la compagnie des Lions de Pierre se lança à la recherche du repaire des sectaires de la Main de la Corruption.
La première journée se déroula sous les meilleurs auspices. Le temps fut clément, nous ne fîmes aucune rencontre hostile et je découvris un abri qui nous permis de passer une nuit plutôt confortable. Sans sa finalité, j'aurais pris grand plaisir à cette escapade.
 
Le second jour, le terrain devint plus compliqué et nous entrâmes en moyenne montagne. En milieu de journée, au détour d'un pan de roche, nous arrivâmes devant deux grands lions de pierre, semblables à ceux que nous avions vus à l'entrée du kaër dans lequel nous avions tué l'Horreur. Il y avait sans nul doute un lien et une explication à cela, mais elle nous échappait pour l'instant. Alors que nous étions arrêtés pour admirer les superbes sculptures qui n'avaient pas trop souffert du passage du temps, un lion plus petit mais d'aspect tout aussi minéral sortit de derrière une statue et s'approcha de notre groupe. Sa peau était semblable à celle d'un obsidien et ses griffes semblaient de pierre, crissant sur la roche qu'il effleurait. Son attitude ne semblait pas hostile mais plutôt fière et curieuse. Il s'avança à dix mètres de nous, nous fixa intensément avant de faire de quelques pas de côté, nous laissant ostensiblement le passage qui passait entre les deux statues et continuait à monter dans la montagne.
Conscients de vivre un événement important mais sans en saisir toute sa portée, nous passâmes respectueusement devant le noble animal. J'abandonnai à son attention une pièce de viande prélevée sur ma chasse de la veille, en guise de remerciement et de tribut. Je ne sais pas vraiment s'il mangeait mais je pensais qu'il fallait lui offrir quelque chose. Après tout, les obsidiens mangaient aussi. Cette rencontre étonnante nous laissa silencieux quelques instants mais nous y vîmes tous un bon présage. Plus tard, je découvris un nouveau refuge naturel où nous passâmes une nuit calme.
 
Un soleil radieux se leva sur le troisième jour de notre périple. Cette fois, nous arrivâmes dans la haute montagne et les choses se compliquèrent. Mon rôle d'éclaireur impliquait de trouver les voies d'ascension les plus faciles pour mes compagnons moins en phase avec l'environnement. Après quelques heures sans difficultés notables, nous fûmes stoppés par une falaise qui montait quasiment à la verticale. J'entrepris de grimper pour trouver les meilleurs points d'escalade pour le groupe ; groupe qui comptait notamment un troll d'un fort beau gabarit. Grâce à mes talents d'adepte, je pouvais déceler les points d'appui qui supporteraient son poids, tout en restant accessibles à un ork teigneux et un t'skrang peu physique.
Après une ascension délicate d'une bonne dizaine de mètres, je décidai d'une pause sur un petit surplomb. C'est le moment que choisit une harpie hargneuse pour m'agresser. Après quelques échanges d'invectives et de coups, j'aperçus un groupe de quatre autres créatures qui arrivaient à la rescousse de leur copine. Face à la menace dans un environnement déjà périlleux, je choisis de rompre le combat et de redescendre aussi vite que possible vers mes compagnons. Grâce au soutien magique de So'tek qui me couvrait, je m'en sortis sans trop de mal mais je perdis mon épée dans l'opération. La nuée de harpies arriva alors au contact et fit la connaissance avec nos combattants. Énervé, Thregaz lança sa hache qui transperça une créature et en blessa une autre derrière. Jolie brochette de grosses poulettes !
Devant une telle résistance, les survivantes décidèrent de rompre le combat et de fuir, non sans lancer une malédiction sur notre infortuné troll.
 
Cette malédiction se manifesta par une idée fixe chez notre ork qui était furieux et qui n'arrivait plus à se concentrer sur la mission. Conscients du problème, nous décidâmes de nous occuper d'abord de ces fichues harpies afin que Thregaz retrouve toute sa lucidité. Je parvins à récupérer mon épée et nous nous mîmes en marche dans la direction prise par les créatures en fuite.
En fin de journée, nous arrivâmes en vue de l'aire des harpies. Celles-ci, au nombre de sept, nous observaient de loin et nous lançaient railleries et injures à foison. Avisant les nombreux os éparpillés tout autour de leur camp, So'tek tissa un sortilège et leva un groupe de squelettes faits de bric et de broc mais combattifs. Voyant cela, les harpies chargèrent notre groupe.
Avant que la nuée ne s'abatte sur nous, je blessai une créature d'un carreau d'arbalète puis l'engageai au corps-à-corps. Toutefois, face à notre groupe prêt et aguerri, les harpies furent promptement expédiées.
 
Alors que Gothzul aida notre nécromancien légèrement blessé, Thregaz entreprit de fouiller les décombres au pied de l'aire des créatures. Pour ma part, je me dis que s'il y avait quelque chose de valeur, cela devait se trouver dans leur nid et j'entamai l'escalade.
Une fois arrivé au sommet, je fus assailli par un groupe de bébés harpies, plus énervants que réellement dangereux. Une fois le coin nettoyé à grands coups de pieds, je fouillai l'aire mais ne découvris rien qui ne justifie mes efforts.
Nous reprîmes la route ensuite, avec un Thregaz libéré de son obsession. À la nuit tombée, nous dûmes monter un campement sommaire et inconfortable car je n'avais découvert aucun endroit propice à une halte.
Le petit déjeuner fut agrémenté de l'attaque d'une libellule géante un peu trop hardie pour sa santé. Elle périt bien vite sous les coups de la compagnie.
 
En milieu de matinée, je parvins à retrouver le sentier que nous avions abandonné pour mener notre expédition anti-harpie. Quelques heures plus tard, nous arrivâmes en vue de l'entrée d'un kaër gardé symboliquement par deux lions de pierre. Le but de notre boulot de repérage.
Alors nous nous apprêtâmes à suivre le sentier dans l'autre sens, afin d'aller chercher le reste de l'expédition, un étrange personnage sortit du kaër. Il ressemblait à un vieil ermite et n'avait pas l'air bien dangereux… mais il arborait sur ses habits usés le symbole de la Main de la Corruption. Après quelques salutations, l'homme se présenta sous le nom d'Herniel et il nous invita à entrer dans le kaër avec un sourire engageant. Le groupe hésita car tout ceci sentait le piège à plein nez. Herniel continuait à bavasser et j'étais à deux doigts de sortir mon épée pour lui passer au travers du ventre… lorsque j'en vins à le trouver plus sympathique. Ses propos avaient attisé ma curiosité et nous avaient convaincu de ses bonnes intentions.
 
Nous décidâmes finalement de le suivre à l'intérieur. Un petit coup d'œil n'engageait à rien, n'est-ce pas ? Nous arrivâmes dans une vaste caverne qui abritait de nombreux bâtiments, dont certains de forme pyramidale. Herniel nous fit parcourir plusieurs couloirs entre des bâtiments inconnus avant de nous mener à nos chambres. Celles-ci étaient fort coquettes, dotées d'un lit confortable et d'un bel ameublement. Il nous laissa chacun dans une chambre, en nous informant qu'un bon repas nous serait bientôt servi. Je rejoignis ma chambre, tout sens critique aboli et enchanté à l'idée d'un bon repas pris dans un si bel endroit. Quelques instants plus tard, Gothzul surgit, me saisit et me secoua avant de me balancer une grande claque. Furieux, je m'apprêtai à répliquer. C'est alors que je constatai que mon environnement avait changé et que ma belle chambre était en réalité un cachot lugubre. Mes soupçons et ma hargne à l'encontre de Herniel revinrent en force. Nous reformâmes le groupe puis quittâmes le bâtiment pour nous mettre en quête de la sortie ou de quelqu'un sur qui taper.
 
Une fois sortis du couloir, nous arrivâmes en vue de la grande salle et découvrîmes papy Herniel et deux t'skrangs femelles. So'tek poussa un hoquet de surprise et sembla médusé : les deux t'skrangs étaient ses sœurs qu'il n'a pas vu depuis plus de 15 ans. Vu le jeune âge de So'tek, je me demandai comment il pouvait les reconnaître. Soupçonnant une nouvelle entourloupe d'Herniel, je lui décochai immédiatement un carreau dans le bide. Pris au dépourvu et blessé, le cultiste reçut dans la foulée un coup de hache de la part de Thregaz, qui avait immédiatement suivit mon offensive, ce qui mit Herniel à terre. Gothzul se jeta ensuite sur lui, coude en avant, pour finir de le neutraliser.
La riposte à notre attaque fut immédiate : un ork m'assaillit de dos et me blessa, un sylphelin sorti de nul part décocha trait sur trait sur Gothzul, et les deux t'skrangs femelles - une maitresse d'armes et une nécromancienne -  attaquèrent Thregaz. Tout cela tourna rapidement à la mêlée générale.
 
Je pivotai pour affronter l'ork et lui lançai une riposte fulgurante qu'il évita de justesse. Agile le bougre ! Gothzul arriva à mon côté pour me soutenir, négligeant l'archer sylphelin qui peinait à percer l'armure de notre guerrier de ses traits et qui devait désormais se défendre contre les attaques magiques de So'tek. Plus loin, Thregaz commençait à dérouiller contre les deux sœurs qui l'affaiblissaient progressivement.
Au milieu de tout ce cirque, Herniel reprit conscience, se redressa et hurla "Neutralisez l'éclaireur !" Merde, ça c'était pas bon pour moi ! Je le sentais un brin revanchard le vieux.
Du coup, le voleur ork qui s'était tourné pour faire face à Gothzul pivota à nouveau vers moi et m'attaqua derechef, m'infligeant une nouvelle blessure. De son côté, Thregaz tomba à terre, temporairement vaincu par les attaques conjuguées des deux t'skrangs.
Après quelques passes d'armes, Gothzul et moi finîmes par avoir le dessus sur le voleur ork. Juste à temps car les deux sœurs s'en prenaient désormais à nous. Pendant que la maîtresse d'armes attaquait notre guerrier ork, la nécromancienne me bombardait de projectiles magiques, en vain.
Je rechargeai mon arbalète mais, plutôt que de tirer sur une t'skrang qui ne me quittait pas des yeux, je choisis de décocher mon carreau sur le sylphelin qui continuait d'occuper notre nécromancien. Mon projectile ne fit que frôler l'agile petite créature qui répliqua d'une flèche enflammée que je reçu en pleine poitrine et qui me mit à terre, aux portes de l'inconscience.
 
Je vis Gothzul céder du terrain face à la maîtresse d'armes t'skrang, épuisé par ses nombreuses blessures et So'tek tomber à terre, lui aussi victime de l'archer sylphelin. Une part de moi aspirait à sombrer dans une inconscience bienveillante alors qu'une autre luttait pour se relever et aider ses compagnons d'armes en fâcheuse posture. J'entendis soudain quelques notes de musique étouffées venues du luth d'Astendar délicatement emballé dans mon sac. Sachant quel sort attendait ce magnifique objet en cas de défaite, je rassemblai ce qu'il restait de ma volonté vacillante et me redressai, un genou à terre. Du coin de l'œil, je vis Gothzul tomber à son tour, alors que Thregaz se relevait et attaquait la combattante t'skrang avant qu'elle n'achève notre ork.
Dans un état second, je fis le calme dans mon esprit, repris mon arbalète, engageai un carreau et visait l'archer sylphelin qui avait fait si mal à notre groupe. Cette fois, le projectile trouva sa cible et la petite créature, blessée, tomba juste à côté de Gothzul qui ouvrit un œil, empoigna sa hache et l'abattit sur le sylphelin avant qu'il ne comprenne ce qui lui arrivait. So'tek s'était lui aussi relevé et achevait à coup de sorts sa sœur nécromancienne alors que Thregaz en terminait avec l'autre t'skrang femelle.
Quelques secondes plus tard, tout était fini. Nous étions tous en vie mais dans un état pitoyable, grièvement blessés et épuisés. Gothzul et Thregaz, ravis, affirmèrent que ça avait été un beau combat. Beau, je ne sais pas, mais douloureux, c'est sûr !
 
Après un instant de repos et quelques potions revigorantes, les Lions de Pierre entamèrent l'exploration du kaër.
Au pied de l'un des bâtiments pyramidaux, nous trouvâmes un groupe de vieux cultistes inoffensifs qui ne faisaient que marmonner. So'tek les écouta un moment et nous rapporta qu'ils répétaient inlassablement que les ruches avaient été dispersées. Ça, ce n'était pas une bonne nouvelle et nous risquions de nous retrouver bientôt avec de nouveaux problèmes avec les invaës.  
 
Nous poursuivîmes notre exploration des lieux. L'endroit semblait abandonné depuis longtemps sauf à quelques endroits où les cultistes s'étaient installés. Tout cela manquait cruellement de vie, de chaleur, d'objets personnels. Il y avait peu de nourriture, des loques plus que des habits. Et aucune statue des Passions.
Dans l'une des pyramides So'tek parvint à dissiper les illusions qui nous masquaient des fresques anciennes mais encore lisibles pour un esprit averti. Celles-ci contaient une histoire avec un dragon rouge qui avait des relations avec la population locale. Ces fresques avaient été modifiées récemment et elles évoquaient à Thregaz et à moi celles des cercles magiques d'ossements que nous avions vus dans le kaër près de Sarfaë et dans les bâtiments du lac de Rhem. Des trucs qui faisaient référence au culte de la Chasseresse, une Horreur d'un autre gabarit que le petit monstre à moitié mort qui nous avait marqué et que nous avions tué dans le premier kaër du Lion.
 
Au fond de la pyramide, dans un sanctuaire, nous trouvâmes un sarcophage en cristal opaque, comme s'il était rempli de fumée. So'tek détermina qu'il était protégé par un sceau magique et il préféra ne pas y toucher. Il y avait beaucoup de traces d'allers et venues dans cet endroit et nous découvrîmes les chambres qui étaient occupées par les sœurs de So'tek.
Plus loin encore, un cercle d'ossements acheva de nous convaincre du lien entre la Main de la Corruption et les invaës, et ceci à une vaste échelle qui dépassait le cadre local. Au-delà du cercle, nous découvrîmes de petites cavernes qui contenaient des cocons d'invaës. Tous vides…
 
En poursuivant notre exploration, nous en revînmes dans la pyramide qui devait initialement nous servir de prison. En fouillant de manière systématique les autres cellules, nous trouvâmes deux autres sarcophages. L'un contenait Augure et l'autre un t'skrang du nom de Salanaek qui était rien de moins que le père de So'tek. Décidément, la famille de notre petit nécromancien semblait très mêlée à cette histoire. So'tek décela que les occupants des sarcophages n'étaient pas en bonne santé et que leur trame astrale était retenue par une puissante magie nécromantique. Bref, rien de bien réjouissant.
 
Après une nouvelle période de repos, nous décidâmes que je partirai chercher les renforts pendant que les autres se soigneraient et garderaient les lieux. Je serais plus discret et plus rapide seul.
Mon petit voyage se déroula sans difficulté et je retrouvai un contingent d'orks, trolls et sylphelins au niveau de la route.
Le lendemain, j'étais de retour avec les renforts. Je fus étonné de trouver Thregaz veillant So'tek et Gothzul. Cee derniers étaient encore plus blessés qu'à mon départ. Le troll m'informa que, par curiosité, ils avaient voulu examiner et titiller d'un peu trop près le cercle d'ossements  et qu'ils s'étaient fait méchamment repousser par l'esprit gardien. Ils sont vraiment joueurs mes copains…
 
Deux jours plus tard, une fois la compagnie remise en bon état, nous laissâmes les lieux aux mains des orks et reprîmes le chemin de Fort Vräss. Maintenant que la Main de la Corruption s'était pris notre pied en pleine gueule, il était temps de rentrer à la maison pour préparer dignement le festival d'Astendar. Hormis l'intérêt pour les adorateurs de cette passion, notre jeune communauté jouait gros sur l'organisation de notre premier évènement digne de ce nom.
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