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 Chapitre 38 - Combats dans les mines

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


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MessageSujet: Chapitre 38 - Combats dans les mines   Sam 3 Mai - 12:25

Chapitre 38 - Combats dans les mines
 
Alors que la nuit tombait, j'entamai ma tournée d'inspection du campement disparate. Celui-ci s'étendait le long de la piste qui reliait Fort Vräss aux mines naines qui abritaient désormais les écorcheurs orks corrompus par Nasrig-Tog, un shaman-insecte à la solde de la Main de la Corruption. Nous étions à mi-chemin de notre objectif, pas très loin de l'oratoire nain où nous avions fait la connaissance avec nos premiers invaës. À la seule idée d'être de nouveau confronté à ces horribles créatures, un frisson me parcourut le corps.

Notre petite armée comptait une cinquantaine d'écorcheurs orks - la part non corrompue de ce qu'il restait localement des clans des Plaies-Béantes et des Lances Sanglantes. Étaient venus s'y ajouter une quarantaine de sylphelins du clan Tiri Kitor, près de soixante trolls du clan des Cornes Tordues qui avaient répondu à l'appel de Thregaz, ainsi que les forces vives de Vräss et notamment le groupe de la Nymphe vengeresse, mené par l'ork Gortrash, et les mineurs nains de la compagnie de la Poignée de Main dirigés par Terlesk. Bref, une compagnie hétéroclite de moins de 200 donneurs de noms qui partaient affronter plus de 300 orks fanatiques, bien retranchés et épaulés par je ne sais quelles saloperies planquées au fond des mines. Tout cela s'annonçait pour le mieux, comme d'habitude !

Je songeai que j'avais fait preuve d'un optimisme débordant en organisant, juste avant mon départ de Vräss, un festival en l'honneur d'Astendar pour la fin du mois. J'aurais préféré faire cela plus tard mais le mois d'Astendar tombait en premier dans l'année et le faire pendant un autre mois aurait été malvenu. Cela pourrait attirer favorablement l'attention sur notre communauté, d'autant que j'avais proposé une pièce élémentaire d'air pour le vainqueur, c'est-à-dire l'équivalent de 1.000 pièces d'argent. J'espérais que notre expédition serait revenue d'ici là… et que je ferais partie des survivants afin de pouvoir y assister.

Alors que la plupart des combattants préparaient une petite fête pour la soirée – avec les orks, c'était fête presque tous les soirs ! - je poursuivis mon tour et discutai avec les sentinelles. Quelque chose ne me plaisait pas et j'avais les nerfs à vif. Je percevais une menace indistincte et c'était d'autant plus énervant que je ne parvenais pas à l'identifier. J'allai récupérer un morceau à manger à l'un des banquets puis repris mes rondes, bien décidé à rester vigilant et à ne pas baisser ma garde ce soir. Après tout, nous n'étions qu'à deux jours des mines et une mauvaise surprise n'était pas à exclure.
Finalement, alors que la plupart des convives ronflaient à même le sol, je décidai d'aller me coucher à mon tour, après avoir vérifié la relève des sentinelles, et je rejoignis la tente que je partageai avec So'tek.

Un temps indéterminé plus tard, en pleine nuit, je fus soudainement réveillé par des bruits suspects.
Je n'eus que le temps de saisir mon épée et jaillir de ma couche pour surprendre deux silhouettes en approche furtive et arme à la main. Je reconnus deux orks ; leurs intentions ne faisaient aucun doute et je criai pour réveiller So'tek. Les assassins marquèrent leur surprise par un temps d'arrêt que je mis à profit en les chargeant. J'esquivai l'attaque du plus proche et passai à côté de lui en l'ignorant puis frappai d'une attaque précise celui qui s'approchait du nécromancien encore couché. Mon assaut le prit complétement au dépourvu et il s'effondra comme un pantin dont on coupe les ficelles. Son compagnon poussa un juron et me lança une nouvelle attaque. J'entrepris de l'esquiver une nouvelle fois mais je heurtai le mât central et reçu une blessure au bras gauche.
Grimaçant de douleur, j'adoptai désormais une posture défensive alors que So'tek commençait à tisser un sortilège. À deux contre un, je pouvais désormais temporiser. Mais mon adversaire ne l'entendait pas ainsi et m'attaqua derechef. Il avait un gros avantage sur moi car il voyait distinctement dans la nuit, contrairement à moi. Alors que je tentai une nouvelle esquive, je butai cette fois dans un obstacle au sol qui me déséquilibra et je reçu la lame de l'assassin en pleine poitrine. Étourdi par la douleur et la puissance du coup, je tombai au sol.
Heureusement, le sort du t'skrang partit à ce moment et frappa cruellement l'ork. Face à la magie, celui-ci décida de détaler. Je me relevai péniblement, bien décidé à ne pas le laisser fuir même si je n'étais pas en état de piquer un sprint en pleine nuit, mais un second sortilège offensif du nécromancien le mit hors de combat, m'épargnant cette peine.

Nous perçûmes des cris et des appels dans le campement où il semblait régner une certaine confusion. Je craignis une attaque massive mais ce fut Gothzul qui nous rejoignit bientôt. Notre ami ork nous informa que les tentatives d'assassinat s'étaient limités à nous : deux pour Gothzul et sa compagne Narig Alsa, deux pour So'Tek et moi. Les quatre assaillants avaient été neutralisés mais la mauvaise nouvelle est que deux autres écorcheurs manquaient aussi à l'appel. Selon Torrig, ils avaient fuis, sans doute pour aller prévenir Beverun et Nasrig-Tog. Nous n'avions pas l'avantage du nombre et nous venions de perdre celui de la surprise…

Malgré les soins de So'tek, la nuit ne fut guère reposante. Mes nouvelles blessures me faisaient souffrir et je sursautai au moindre bruit, m'attendant à une nouvelle tentative d'assassinat ou craignant de voir des invaës jaillir des ténèbres. Dire que j'étais grognon au matin était un doux euphémisme.

Torrig Brisépée souhaitait nous parler et nous convint à un petit déjeuner qui tenait plus du conseil de guerre.
" – Content de voir que tout le monde est là, entama le chef ork. Par chance, les tentatives d'assassinat ont complètement échoué et cela fait quatre traîtres en moins".
La nouvelle blessure qui irradiait dans ma poitrine n'était pas tout à fait d'accord sur le fait que l'attaque avait "complètement" échouée. De plus, les quatre traîtres en moins faisaient surtout quatre orks de moins chez nous. Mais je préférai ne pas m'attirer les foudres de Torrig par mes remarques acerbes et je me tins coi.
"- Compte tenu des événements de cette nuit, poursuivit-il, il est évident que nos ennemis seront rapidement au courant de nos plans et de notre arrivée. Donc, Urrik et moi, on a pensé qu'il fallait changer nos plans et on a une nouvelle idée. Il existe un passage peu connu, discret et étroit, qui donne directement dans les mines. Notre idée c'est qu'un petit groupe s'introduise directement au cœur de leur repaire pour localiser et tuer Nasrig-Tog, pendant que nos troupes lancent une attaque générale en surface pour attirer l'attention de l'ennemi.
- Je me demande qui vous allez bien pouvoir trouver pour cette mission très risquée, ne pus-je m'empêcher d'intervenir avec un air sarcastique.
- En fait, on a pensé tout de suite à votre groupe. Avec Gothzul et l'épée de Drughar, ça va bien avec ma vision, répondit Torrig sur le ton de l'évidence.
- Ah ben, c'est sûr que si on doit bâtir des plans à partir d'une vision... fis-je remarquer, quelque peu désabusé.
- Hein !? Vous voulez dire quoi là ? Vous mettez en doute ma vision ? s'indigna le chef ork et se penchant vers moi d'un air farouche.
- C'est bon Valérian, intervint Gothzul, c'était prévu qu'on fasse un truc comme ça de toute manière du moment qu'on a récupéré l'épée. Et puis, c'est le genre de chose qu'on sait faire, non ?
- Ben voyons ! Et votre shaman, vous allez le trouver comment au milieu de mines infestées d'ennemis ? Vous pensez que le parcours est fléché ? Pour l'armée ennemie, prenez à droite, pour tomber sur Nasrig-Tog seul aux latrines, prenez à gauche. C'est ça votre plan ?
- On verra sur place, comme d'hab ! répondit Thregaz. Le gros des forces ennemies sera en train de se battre contre nos potes. On entre dans les mines, on déboîte les trucs qui nous barrent la route jusqu'à tomber sur le shaman taré et on le fait bouffer par ses insectes avec une bonne couche de terre par-dessus. C'est pas compliqué !
- Et bien, je vous souhaite bien du courage parce que ce sera sans moi !
- Tu vas pas nous laisser tomber maintenant ? s'étonna Gothzul.
- Vous trouvez que j'ai l'air prêt pour ce genre de mission suicide, quand bien même j'en aurais envie ?!"
 À ce moment, ils semblèrent brusquement découvrir que j'avais le bras gauche en écharpe et qu'un énorme pansement me recouvrait la moitié de la poitrine.
"- Hum… c'est vrai qu'il a pas l'air au top notre éclaireur, convint le Thregaz.
- Mouais, on peut peut-être lui accorder quelques heures de repos, renchérit Gothzul.
- Je peux vous assurer qu'il a bien dégusté cette nuit et que ses blessures ne se guériront pas en quelques heures, intervint So'tek. Il n'est pas en état de partir pour une telle aventure et la moindre blessure pourrait nous priver rapidement de ses compétences. Et de lui aussi, accessoirement, conclu-t-il avec un sourire de soutien à mon encontre.
- Et on a de quoi le remettre d'aplomb ? demanda le guerrier ork.
- Je pense qu'il y a encore ce qu'il faut dans la réserve mais ce n'est pas garanti, répondit le t'skrang.
- Heu… dites, avant de…
- Ouais, faut pas oublier que c'est qu'un humain, remarqua l'ork.
- Faut toujours qu'il fasse sa chochotte ! ajouta le troll.
- Hé, vous pourriez quand même…
- Laissez-moi la journée et je pense pouvoir arriver à quelque chose de satisfaisant.
- OK, So'tek, t'as carte rouge ! conclu l'ork.
- On dit "carte blanche" et pas "carte rouge", corrigea le troll.
- Ouais, je sais. Mais moi, j'aime pas le blanc, expliqua l'ork.
- HE !! JE PEUX EN PLACER UNE ??
- T'énerves pas comme ça Valérian, rétorqua Thregaz, c'est pas bon pour tes blessures !
- Ha-ha ! Très drôle ! Dites donc, il ne vous est pas venu à l'idée que je ne voulais peut-être pas venir, des fois ?
- Non. Pourquoi, c'est le cas ? interrogea Gothzul.
- Il se trouve que oui. J'en ai marre d'en prendre plein la gueule et je ne peux pas vous servir à grand-chose dans mon état.
- ça, c'est pas une bonne excuse. So'tek va te filer tout ce qu'il faut pour que tes blessures ne soient plus qu'un souvenir. C'est tout ?
- Non, c'est pas tout ! T'as qu'à prendre un de tes potes orks pour faire l'éclaireur ! Moi j'en ai marre de risquer ma peau pour des types qui ne pensent qu'à me couper en deux.
- L'est grognon, là, remarqua Thregaz.
- Bah, il a juste pas aimé qu'on le réveille par surprise cette nuit, reprit Gothzul. Valérian, tu vas pas recommencer à mettre tous les orks dans le même panier ! Si on va taper sur ceux dans les mines, c'est justement parce qu'ils ne sont plus vraiment orks. Après y'a plus de problème puisqu'il ne restera que les vrais orks des Plaies-Béantes et des Lances-Sanglantes.
- Qui pourront ensuite nous foutre à leur tour sur la gueule dans quelques semaines.
- Oh ! Ça va pas non ? Dans le lot, y'a mon père et ma nouvelle copine ! Tu crois qu'ils vont venir nous foutre sur la gueule ? Et tu crois qu'ils m'ont refilé une épée de légende pour venir ensuite m'attaquer ? T'es pas sérieux là ?! En revanche, les trucs dans les mines, si on ne leur poutre pas la gueule maintenant, quand ils seront bien prêts c'est sûr que eux ils vont venir. T'as vraiment envie qu'une armée d'invaë débarque à Vräss ? Après tout, ça pourrait être sympa en plein pendant ton festival d'Astendar… Ah ah !
- … (silence boudeur).
- Bon, maintenant, tu nous expliques pourquoi t'as envie de laisser tomber tes potes pendant une mission, pourquoi tu veux laisser une chance à cette raclure de Nasrig-Tog de raser Vräss et pourquoi tu fais pas la différence entre des saloperies d'invaës et des orks qui souhaitent un p'tit coup de main pour nous en débarrasser, hum ?"
Vaincu par son raisonnement, je baissai la tête. Bordel, depuis quand les guerriers orks utilisaient-ils la rhétorique et la psychologie ?

So'tek ne s'était pas trompé et il parvint à me remettre dans un état correct en un temps record grâce à diverses potions sorties de la réserve.
Le lendemain, j'étais à nouveau prêt pour l'aventure… du moins physiquement. Mais je finis par me faire une raison et je parvins même à prendre ma revanche sur Gothzul alors qu'il chevauchait en tête de notre colonne. Il avait l'air un peu dépassé par les événements et un brin abattu. Nos hommes échangeaient des regards dubitatifs et des murmures commençaient à courir ici et là parmi les troupes. Je le rejoignis rapidement en entamai la conversation.
" – C'est quoi cette mine de chien battu ?
- Hein ? Bah… en fait, je n'étais pas trop préparé à ça. L'épée, la prophétie et tout le reste. C'est un peu lourd à porter pour un jeune ork comme moi.
- Rien à foutre de tes états d'âme Gothzul ! Tu peux te les mettre là où je pense ; c'est déjà là que je range mon ego depuis des semaines. L'enjeu est trop important pour que tu nous la joue petit-bras. Tous ceux qui sont là croient en toi, et pas que les orks. Si tu baisses la tête, ils baissent la tête. Si tu doutes, ils doutent. Tu es notre leader, notre étendard. Et un étendard ça se porte haut ! En plus, je suis certain que tu seras à la hauteur de la situation. Tu l'as toujours été et c'est toi qui tires notre compagnie de l'avant.
- Eh ho ! Dis, t'exagères pas un peu là…
- Et alors ? Ils ont besoin de voir un chef, un vrai, alors comportes-toi comme tel. Si tu voulais te défiler, fallait le faire avant. Là, tu ne peux plus. Et le rôle de l'introspectif qui doute, c'est le mien, alors pas touche !
- Ouais, mais quand même…
- Y'a pas de quand même ! Tu redresses la tête, tu vas faire un câlin à Narig Alsa qui se pose des questions comme tous les autres, ensuite tu vas chevaucher au milieu des troupes pour déconner avec eux, histoire de leur montrer que t'es un vrai dur qu'à pas peur de ce genre de ballade et qu'on va leur marcher dessus à toutes ces merdes de rejetons de corruption. Fais honneur à ta copine, fais honneur à ton père et fais honneur aux clans !"
J'avais peur d'être allé un peu loin et de m'en prendre une – ce qui ne diminuerait en rien son prestige – mais mon discours avait porté. Au fil de mon discours, le guerrier ork s'était redressé et la lueur du combat était revenue dans son regard.
"- Ouais, t'as raison ! Les doutes, c'est bon pour les éclaireurs humains. Moi je suis un guerrier ork et on va lui faire bouffer ses larves au shaman !"
C'est bon, il était à nouveau gonflé à bloc et un quart d'heure plus tard, des chants guerriers résonnaient contre les flancs des montagnes qui nous entouraient et la troupe avançait d'un bon pas.
Un point partout !

Le lendemain, nous quittâmes la troupe pour prendre discrètement la route qui nous mènerait au passage dérobé. Nous étions six : Urrik Longuefable, notre guide, Gortrash qui avait tenu à nous accompagner et les quatre Lions de Pierre.
Le voyage de quelques heures se fit sans difficulté particulière mais les choses se compliquèrent à l'approche du passage. Deux ogres massifs faisaient office de gardien. Toutefois, le plus gênant était la présence d'un cor d'alarme suspendu à l'entrée du boyau qui s'enfonçait dans la montagne et que nous devions emprunter pour arriver au réseau minier. Éclater les deux gardiens ne semblait guère difficile. Le faire sans qu'ils donnent l'alarme était une autre paire de manches.
Il fallait de la ruse et de la discrétion et ça, c'était un boulot pour moi. Je m'éloignai du groupe par un flanc et approchai des gardiens par le côté, profitant de chacune de leur distraction. L'un d'entre eux décida d'aller faire une sieste, ce qui me convenait parfaitement. Tromper la maigre vigilance d'un seul gardien ne fut guère difficile et j'eus bientôt le précieux cor entre les mains. Je me dissimulai à nouveau puis fis signe à mes compagnons.
Un orage de violence déferla sur les pauvres ogres. Le premier fit une résistance toute symbolique. Le second fut encore plus promptement expédié alors qu'il cherchait désespérément le cor dans le couloir.

Après cet intermède, nous reprîmes notre progression et pénétrâmes dans le boyau souterrain. Toutefois, après une centaine de mètres et un coude, nous fûmes bloqués par une grosse grille cadenassée. Les bruits d'un grade faisant sa ronde de l'autre côté nous parvenaient par intermittence.
Après quelques essais infructueux, il fallut nous rendre à l'évidence ; nous ne pouvions pas l'ouvrir. Quant à la défoncer, autant oublier tout de suite ! Il nous aurait fallu quelques mineurs nains et le matériel adéquat pour la desceller mais, là aussi, ça n'était pas dans nos moyens.
Je fis donc appel à nouveau à ma ruse et dissimulai mes compagnons dans les zones d'ombre puis imitai le cri d'une chèvre des montagnes. Après quelques instants, le garde s'approcha. Je renouvelai mon imitation mais hors de son champ de vision. Rapidement, nous entendîmes le bruit d'une clé tournant dans la serrure puis le garde apparut. Toutefois, en guise de chèvre, il ne découvrit que trois orks et un troll qui ne lui laissèrent que le temps d'émettre un hoquet de surprise puis un autre de douleur avant de mourir.

Nous étions désormais au cœur du complexe souterrain. Par chance et surtout grâce à la présence de nos alliés qui attiraient l'attention en surface, nous ne rencontrâmes personne dans nos recherches. Nous passâmes du couloir à un réfectoire, puis un labo et enfin une bibliothèque qui sentait le moisi et qui contenait essentiellement des livres sur divers insectes. De là, nous accédâmes à une chambre pouilleuse qui contenait un monte-charge mais la plateforme n'était pas à notre niveau.
Grâce à sa vision nocturne et à ses capacités de saut, Thregaz se laissa tomber dans le vide. Malgré mes craintes, il revint bientôt avec la plateforme et signala des trucs insectoïdes bizarres à l'étage inférieur. Comme la nacelle n'était pas suffisante pour tout le monde, nous envoyâmes un premier groupe musclé composé de Thregaz, Gothzul et Gortrash. La plateforme revint rapidement pour récupérer le reste du groupe et nous fûmes quelques minutes plus tard tous ensemble à l'étage inférieur. Celui-ci se révélait étonnamment chaud.

Un rapide coup d'œil à notre nouvel environnement montrait qu'un seul couloir partait de cette pièce qui contenait plusieurs monte-charge. Comme s'ils avaient attendu que nous soyons tous réunis, des invaës jaillirent simultanément depuis le couloir et les puits de monte-charge. Ils projetèrent des espèces de crachats acides qui paralysèrent Gothzul et Thregaz, en première ligne, laissant Gortrash seul pour couvrir le couloir. De leur côté, So'tek et Urrik empêchait l'accès d'invaës par l'un des puits et j'en faisais de même de mon côté. À peine engagé, le combat tournait déjà mal et notre groupe menaçait d'être submergé. À nouveau, le salut vint de la magie et ce fut celle de Gortrash cette fois : son sortilège fit fuir la plupart des créatures et nous permit de nous reprendre. Si Thregaz et Gothzul se remettaient rapidement de leur paralysie temporaire, ce n'était pas le cas de So'Tek et Urrik qui avaient été touchés également.

Il fallait faire vite et trouver le shaman avant que nos adversaires ne se réorganisent. Nous ne survivrions pas à un second assaut du genre. Et la mort n'était pas la pire chose qui pouvait nous arriver en ces lieux infâmes. Thregaz porta Urrik et Gothzul se chargea de So'tek pendant que Gortrash ouvrait la marche vers le couloir et que je couvrais nos arrières.
Au bout du passage, nous arrivâmes dans une vaste salle rectangulaire qui devait être contiguë à la forge car bordée sur son pourtour d'un canal rempli de lave fumante. Voilà qui expliquait la chaleur des lieux.
Au centre de la salle se tenait celui qui devait être Nasrig-Tog et il était protégé par trois guerriers invaës, alors que j'en entendais d'autres rappliquer derrière nous. J'en informai mes compagnons et me plaçai en posture défensive, bien décidé à leur donner le plus de temps possible.
Gothzul et Thregaz posèrent nos infortunés compagnons et foncèrent dans la pièce. Gothzul para l'attaque d'un premier guerrier puis le saisit à bras le corps et le projeta directement dans la lave. Vite fait, bien fait ! Gortrash fit fuir le second invaë à l'aide de sa magie et engagea le troisième au corps-à-corps. Thregaz ne perdit pas de temps et fonça directement sur le shaman pour ne pas lui laisser le temps de les harceler de sortilèges. Il asséna un coup puissant qui jeta Nasrig-Tog à terre. Alors que le shaman tentait de se relever, il fut saisi à son tour par Gothzul. Le shaman se débattit mais il ne parvint pas à empêcher le robuste guerrier ork de le projeter à son tour dans le canal de lave où il mourut rapidement. Dès lors, ce fut la panique chez les créatures survivantes et elles s'enfuirent en poussant des glapissements de désarroi, à mon vif soulagement.

Une fois n'est pas coutume, ce combat fut promptement expédié. La puissance de Thregaz, la magie de Gortrash et les techniques peu conventionnelles mais terriblement efficaces de Gothzul avaient fait merveille.
Gothzul décapita un des invaës et récupéra la tête en trophée puis nous remontâmes à la surface une fois So'tek et Urrik remis de leur paralysie. Nous rencontrâmes peu de résistance à notre progression et nous parvînmes facilement dans le camp des Plaies-Béantes renégats. Une vingtaine d'orks nous encercla bientôt mais ils étaient circonspects. Gothzul les harangua par un discours fort approprié et brandit la tête de l'invaë. À l'annonce de la mort de Nasrig-Tog et au pardon promis s'il le rejoignait, une bonne partie des orks présents changea de camp. Ceux qui étaient déjà corrompus furent massacrés et nous fonçâmes ensuite rejoindre l'endroit où se déroulait le combat entre nos alliés et le gros des forces adverses.

Nous arrivâmes en pleine mêlée et faire un nouveau discours aurait été inutile. Les orks et Thregaz chargèrent dans le tas. So'tek resta à l'arrière pour lancer ses sortilèges et je me tins à ses côtés pour le protéger. Plus que jamais, j'avais le sentiment que ce combat de clans d'orks n'était pas le mien et je n'avais rien à faire dans une telle mêlée. Gothzul m'aurait encore sermonné s'il avait été là mais les orks restaient des brutes pour moi. Et ce n'était pas sans raison qu'ils étaient si aisés à manipuler et à corrompre.
L'arrivée de Gothzul, brandissant l'épée de Drughar, et sa troupe sur les arrières de l'ennemi eut un impact certain dans la bataille. Toutefois, la nouvelle de la mort de Nasrig-Tog fut encore plus efficace et les renégats des clans orks furent bientôt défaits. Tous ceux qui étaient corrompus se battirent jusqu'à la mort. Certains des autres se rendirent et demandèrent pardon. Rares furent ceux qui furent épargnés car Torrig Brisépée n'entendait pas reconstruire son clan avec des lâches et des traîtres.

Une fois tous les combats terminés, Torrig organisa la conquête du camp de surface des Plaies-Béantes. Une fois les lieux sécurisés et les blessés installés, il mena une expédition de nettoyage dans les souterrains avec quelques dizaines de volontaires et avec Gothzul à ses côtés pour le seconder. Thregaz et Gortrash s'y joignirent.
So'tek resta au camp où ses talents de guérisseurs furent très appréciés. Pour ma part, j'avais déjà donné et je n'aspirais à rien de plus que du calme et du repos, loin des scènes de carnage.
De plus, tout ceci n'était que la première étape de la reconquête et je songeai qu'il faudrait bientôt marcher au nord pour déloger les membres de la Main de la Corruption installé dans un kaer.
J'espérai que tout ceci pourrait se faire après la fête d'Astendar.     
   
 
 
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