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 Chapitre 36 - Explorations marécageuses

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


Messages : 543

MessageSujet: Chapitre 36 - Explorations marécageuses   Jeu 20 Fév - 19:10

Chapitre 36 – Explorations marécageuses
 
De retour à Fort Vräss, les contraintes de la jeune communauté se rappelèrent rapidement à nous. L'auberge du village était quasiment terminée et tous avaient hâte qu'elle soit inaugurée dignement.
Par ailleurs, il fallait aussi que nous décidâmes de nos attributions respectives, dans un souci de clarté pour les habitants. Ainsi, Thregaz fut nommé dirigeant, Jeb trésorier, Gothzul chef de la garde et So'tek, notre méticuleux nécromancien, reçu la charge de bibliothécaire et érudit de la communauté. Pour ma part, j'héritai des fonctions de prévôt et de la sécurité des alentours.

Alors que nous étions à l'auberge pour vérifier l'avancée des travaux, un étrange groupe de nains fit son entrée. Sales, grossiers, hirsutes et bagarreurs, ils ne passaient pas inaperçus. Même si leur comportement avait plutôt tendance à semer un certain désordre, ils semblaient désireux de faire des affaires dans le coin. De toute manière, compte tenu de la taille modeste de notre communauté, nous ne pouvions pas nous montrer trop exigeants. Après tout, quelques tarés de plus dans le coin ne se remarqueraient pas.

Dès notre arrivée, certains habitants nous avaient signalé des mouvements d'écorcheurs orks au sud de Vräss, vers le Noir Marais. Nous avions initialement prévu d'explorer la zone sud-est, le long de la route qui menait à la mine occupée par les Plaies-Béantes mais la présence de ces cavaliers était inquiétante. Si les écorcheurs avaient un campement sur nos arrières, il convenait de le découvrir avant d'entreprendre toute autre action.

Alors qu'une semaine seulement nous séparait de la fin de l'année, nous reprîmes notre équipement et tournâmes résolument nos pas vers la zone marécageuse située à l'ouest de Vräss, bien décidés à savoir ce qui se tramait là-bas.

Lors du second jour d'exploration, alors que nous étions au nord du Noir Marais, au sud du Bois d'Olsir, je remarquai une chose curieuse qui mit mes sens aux aguets.
J'avais déjà vu des tentes cachées dans les broussailles ou recouvertes de végétaux pour faciliter leur dissimulation. Mais c'était la première fois que je voyais une tente entièrement recouverte d'une belle herbe verte. Par ailleurs l'étrange monticule situé devant m'intrigua. Je m'approchai avec prudence en demandant aux autres d'être vigilants. Je m'aperçus alors que la forme était en fait une silhouette humanoïde et qu'elle bougeait. En fait non, le corps ne bougeait pas mais c'était l'herbe dessus qui rampait rapidement dans ma direction ! À peine So'tek avait-il identifié la créature comme étant une vigne-rasoir que Thregaz et Gothzul lui tombaient dessus à grand coups d'arme. L'affaire fut promptement expédiée.
Franchement, après avoir combattu une horreur, des hordes d'écorcheurs et des cochonneries extra-planaires, nous n'allions quand même pas nous laisser emmerder par un bout de gazon, même maudit !

Nous découvrîmes devant la tente le cadavre d'un ork ainsi que tout l'équipement d'un écorcheur que Gothzul identifia comme appartenant au clan des Lances Sanglantes. Notre guerrier décida de récupérer le bouclier et la lance de cristal afin de les remettre à son clan plus tard et de transporter le corps jusqu'au camp du clan Kiri Kitor, à quelques heures de là, pour édifier un bûcher funéraire.
Après un accueil toujours aussi sympathique chez nos amis sylphelins, nous passâmes la nuit dans leur camp et reprîmes nos recherches le lendemain. Eux-mêmes nous confirmèrent que des cavaliers orks rôdaient parfois dans la partie sud du Noir Marais.

À l'aube, un frais soleil nous tint compagnie jusque dans les marais puis décida de nous y laisser, l'endroit humide et brumeux n'étant pas à son goût. Progressant avec précaution sur un terrain marécageux en quête de cavaliers orks ou d'un indice quelconque de leur passage, j'en vins rapidement à m'interroger sur ma présence en ces lieux inhospitaliers. J'aurais dû être à Brindol, au côté de Carelia pour l'aider dans son rôle de mère et m'occuper du problème posé par notre enfant. Ou à Throal, en compagnie de Maloniel pour y reprendre notre idylle naissante, à la bibliothèque pour poursuivre mes recherches sur le luth et trouver des indices pour retrouver une cité perdue, avec un bon barde pour développer mes compétences artistiques, ou encore avec Kelleshane pour développer d'autres compétences…
Bref, il y avait des dizaines d'endroits où j'avais envie de me trouver plutôt que dans un marais puant à la poursuite d'écorcheurs dans le brouillard et… ploutsh !

Mon pied venait de s'enfoncer dans la vase de trente bons centimètres. La surprise et l'inconfort soudain me ramenèrent à la réalité de ma situation. Un rapide coup d'œil aux alentours ne m'apprit rien d'agréable : j'étais perdu dans ce cloaque détestable !
C'était la seconde fois que j'entrai dans cet endroit et c'était la seconde fois que mes talents d'éclaireur étaient pris en défaut. Sans aucun doute, le Noir Marais recelait une magie puissante qui brouillait les sens de quiconque y pénétrait. L'étranger était conduit malgré lui au centre du piège, pris dans la nasse aussi sûrement que par une toile d'araignée d'une taille monstrueuse.
Rageant et pestant, j'allai de l'avant, bien décidé à me battre contre cette entité malfaisante insidieuse.
Pourtant, la nuit nous surprit alors que nous pataugions toujours, tête baissée sous une pluie fine et glaciale, avec un moral en berne. Même Grokon faisait peine à voir et se désolait de l'endroit. Nous trouvâmes refuge sur un misérable monticule de terre cerné de boue, sans abri et sans le moindre espoir de faire un feu. La nuit s'annonçait longue et inconfortable.

L'humidité et les mille petits bruits intrigants du marais ne nous accordèrent aucun réel repos. Un temps indéterminé plus tard, d'autres bruits vinrent secouer notre épuisement morose. Quelque chose s'approchait, de plusieurs directions à la fois et convergeait vers nous. Bientôt, nous distinguâmes dans l'obscurité des silhouettes humanoïdes faites de bois et d'ossements et qui ne  cachaient pas leurs intentions hostiles.
Perturbé d'être coincé sur ce monticule avec mes compagnons, je décidai de rejoindre une espèce de grosse motte qui dépassait, à quelques mètres de là.
La fatigue avait dû altérer mon jugement (à moins que ce ne soit une fois de plus le marais) car le petit tertre s'enfonça sous mon poids et ne m'offrit guère de stabilité. Du coup, nos assaillants semblèrent très intéressés par la proie isolée et facile que je constituai. Deux créatures me prirent en tenaille et avancèrent prudemment mais résolument sur moi. De son côté, Gothzul avait empoigné l'un de ses adversaires et le projeta sur l'un des miens. Je profitai de l'occasion pour attaquer l'ennemi restant et parvint à le blesser d'un coup d'estoc bien placé. Décontenancé, la créature recula d'un pas… et écopa d'un sort de So'tek ! Mes deux adversaires à terre, je tournai le regard vers mes compagnons pour aller leur prêter main-forte à mon tour, même si les choses semblaient sous contrôle de leur côté.

Alors que je m'apprêtais à les rejoindre, je trébuchai et chus dans la boue, les pieds saisis par mes deux adversaires, toujours vaillants, qui m'agrippèrent et m'entraînèrent dans la boue. Visiblement, cette boue était leur élément car elles ne semblaient nullement gênées, contrairement à moi qui éprouvais les plus grandes difficultés à conserver la tête à la surface. Je me débattis mais en vain : elles m'entraînèrent vers un sort funeste.
Alors que j'étais au bord de la noyade, je sentis la traction s'arrêter et une main puissante m'extraire de la vase : mon pote Thregaz m'avait sauvé la vie une fois de plus et me remis sur mes pieds. Je recrachai la moitié du Noir Marais et maudis une fois de plus ce sinistre endroit qui avait encore failli avoir ma peau. Quelques minutes après, dégoûtant, blessé et ruminant une colère noire, j'invitai le groupe à reprendre la route. De toute manière, nous n'arriverions jamais à dormir dans un tel environnement, surtout depuis que nous avions fait la connaissance d'une nouvelle facette de la faune si accueillante de ce marais de merde. Ulcéré, je repris la marche sous le regard amusé de mes compagnons d'aventure.

Après environ une heure de marche - ou une éternité tant notre fatigue était grande – nous perçûmes d'étranges craquements, comme un mélange de croassement et de branches qui cassent. So'tek, notre expert animalier et monstres en tout genre, identifia ces cris comme étant ceux de craque-becs : de gros piafs carnivores qui se déplaçaient en groupe. De mieux en mieux ! Il n'y avait décidément rien de bon dans ce marécage infect.
Nous décidâmes de prendre la direction opposée et nous aperçûmes bientôt un arbre qui se tenait sur un large monticule qui semblait à peu près sec. Bref, un vrai paradis pour nous. Mais au fur et à mesure de notre avancée, l'arbre apparaissait énorme et un brin menaçant dans sa solitude. En prenant pied sur la partie sèche, nous remarquâmes, ici et là, des ossements au milieu des racines. Notre soulagement fut de courte durée et notre méfiance revint au galop. Alors que nous approchions avec circonspection, des créatures semblables à celles qui nous avaient attaqué pendant la nuit sortir de l'intérieur de l'arbre ou en descendirent. Leur nombre et attitude n'auguraient rien de bon. Nous décidâmes un repli rapide et repartîmes dans le marais.

C'est alors que des appels à l'aide s'élevèrent du sommet de l'arbre où un type semblait prisonnier. Vu l'opposition offerte, nous n'allions pas tous crever pour tenter de sauver un inconnu ! Pour ma part, je ralentis à peine ma fuite. Toutefois, notre tête brûlée de guerrier ork fît demi-tour et fonça vers les êtres de bois et d'os, suivit par Thregaz. Voyant cela, j'eus une hésitation puis revins à mon tour sur mes pas, avec So'tek, en lâchant une bordée de jurons bien sentis. Par toutes les Passions, ces abrutis allaient nous faire massacrer pour sauver un parfait inconnu !
Gothzul fit charger Grokon dans la mêlée des ennemis et cela les désorganisa un temps mais l'étau se resserra progressivement autour de nous. Dans notre état de fatigue, voire de blessure pour certains, les chances semblaient fortement en notre défaveur. Au centre, Gothzul et Grokon tenaient fermement la position mais les attaques commençaient à pleuvoir sur eux. Sur l'aile gauche, Thregaz rendait coup pour coup et les siens faisaient plus mal. Situé à l'aile droite, je m'efforçais de faire bonne figure mais je n'avais ni la capacité offensive de nos combattants et encore moins leur armure. J'encaissais blessure sur blessure sans réellement nuire à mes adversaires et ces derniers avaient bien compris que c'était une question de temps avant que je ne m'effondre.

Une fois encore, le salut vint de notre nécromancien. So'Tek n'avait pas son pareil pour renverser les situations désespérées grâce à sa magie. Placé sur nos arrières, au centre de notre dispositif, le t'skrang mit la dernière touche à son tissage de filaments. Rapidement, une étrange nuée se déploya devant nous et frappa les créatures. Ces dernières glapirent de terreur et la grande majorité s'enfuit, en proie à une peur panique.
Les quelques êtres de bois et d'os restant, ayant perdus leur avantage numérique, furent promptement massacrés par Thregaz, Gothzul et Grokon. Sans ses créatures pour le protéger, l'arbre était sans défense et nous le détruisîmes méthodiquement, nous sans avoir sauvé son prisonnier auparavant. Ce dernier était un nain crasseux et hâbleur qui me donna immédiatement une impression de déjà-vu, ce qui n'était guère étonnant vu qu'il faisait partie de la famille de nains pénibles qui s'étaient installés à Vräss juste avant notre départ pour cette pitoyable expédition.  Vodanicus nous remercia pour l'avoir sauvé du sort funeste qui l'attendait et il fut également satisfait de savoir où se trouvait le reste de sa famille. Apparemment, il s'était perdu dans le marais et avait été capturé par les créatures de l'arbre. Étrange que le reste de la famille ne nous en ait pas parlé.
Compte tenu de notre état de fatigue et de la désormais relative sécurité de l'endroit, nous décidâmes de nous reposer ici pour le reste de la nuit.

Au matin, nous reprîmes la route. Nous avions décidé de repartir à Vräss pour y déposer Vodanicus et nous reposer un peu car ce nouveau passage dans le marais avait été éprouvant, surtout pour moi.
Cette fois, je parvins à déjouer les maléfices et nous quittâmes le Noir Marais par le sud.   
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Augure
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MessageSujet: Re: Chapitre 36 - Explorations marécageuses   Ven 21 Fév - 9:59

Super, je me demandais si tu avais rédigé les dernières parties. Il faut que je trouve le temps un de ces jours de poster les éléments de la dernière séance (plans des mines, PNJ, illustrations... et récompenses de légende !!!)
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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


Messages : 543

MessageSujet: Re: Chapitre 36 - Explorations marécageuses   Ven 21 Fév - 17:35

Salut Arnaud !

Voui, je travaille encore ici et là aux chroniques, quand j'ai un peu de temps et l'envie, sachant que j'ai rarement les 2 en même temps !
Il me reste encore de la matière pour les 2 chapitres suivants, je suis loin d'être à jour.
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Chapitre 36 - Explorations marécageuses
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