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 Chapitre 23 - Shaërul Verbe-clair

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


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MessageSujet: Chapitre 23 - Shaërul Verbe-clair   Ven 18 Nov - 23:11

Chapitre XXIII – Shaërul Verbe-clair


Karak tint parole. Il nous fit emmener dans la grange de la ferme ou nous pourrions tranquillement nous reposer, nous rendit nos affaires et nous envoya sa guérisseuse. Une vieille ork, questrice de Garlen, qui se révéla très efficace. Après une bonne nuit de sommeil et un baume de soins pris sur les réserves de So’tek, je me trouvai le lendemain dans une forme que je n’avais pas connue depuis longtemps.
Mourgo continua de nous servir de guide et nous emmena vers le campement de Faërul, situé à une journée de marche. En milieu de journée, des nuages de pluie s’accrochèrent de nouveau à nos basques. Et ils avaient de gros copains cette fois. Pour désagréable qu’elle fut, cette pluie serrée allait servir nos intérêts et masquerait notre approche. D’un autre côté, il me semblait difficile de faire une vraie observation du camp dans ces conditions. A l’approche du campement, Mourgo nous en fit un dessin sommaire mais précis dans la boue. Deux bâtiments allongés se faisaient face, de part et d’autre d’un ruisseau, au milieu d’une clairière vaguement ovale qui faisait approximativement cinquante mètres par cent. Et six tours de guet placées de manière à couvrir toute la clairière. Celle-ci était bordée par la forêt sur trois côtés et par une petite falaise sur le quatrième. Fort de ces éléments, je partis avec Gothzul pour faire une reconnaissance depuis la falaise. Sa vision nocturne d’ork allait m’être précieuse pour avoir une vue d’ensemble et connaître les effectifs ennemis.

Les six tours de guet étaient occupées et il y avait deux patrouilles de deux orks qui tournaient au milieu du camp. Plus deux autres orks qui gardaient des prisonniers attachés au milieu du ruisseau. Il fallait mettre au point un plan à base de diversion et de synchronisation. En gros, un truc qui avait toutes les chances de merder dans les grandes largeurs.
Nous rejoignîmes les autres et les informèrent de nos observations. Enfin, surtout celles de Gothzul, parce que l’éclaireur humain de nuit sous une pluie diluvienne, il n’y voyait pas à quinze mètres.
Dans le bâtiment que nous avions identifié comme étant celui des chefs, il y avait une porte tournée vers la forêt. Il faudrait faire quinze mètres à découvert en prenant le risque d’être vu depuis au moins deux tours de guet et par les orks qui patrouillaient.
La diversion était donc indispensable, et si possible sans que cela réveille tout le camp car l’idée était de neutraliser Shaërul dans son lit. J’insistai sur le fait que nos chances seraient nettement meilleures si une adepte troubadour n’avait pas le temps de parler.
Quant à la diversion, So’tek pouvait utiliser sa magie pour attirer des prédateurs nocturnes. Son choix se porta sur des vers krill, des saloperies qui ressemblaient à un gros ver mais avec des ailes de chauve-souris, une bouche garnie de crocs et des tentacules. En gros, exactement ce qui nous fallait pour foutre la merde sans que ça pue trop la diversion. Il envoya un groupe de ces charmantes bestioles emmerder l’ork d’une tour de guet située assez loin. L’effet ne se fit pas attendre : le garde beugla comme un damné, ce qui ne manqua pas d’attirer l’une des patrouilles. J’en profitai pour foncer vers la porte et m’introduire discrètement dans le bâtiment. Je pénétrai dans une vaste pièce qui servait à la fois de dortoir et de salle de repas. Par chance, elle était déserte. Je fis aux autres de me rejoindre. Thregaz et Gothzul arrivèrent bientôt mais les deux t’skrangs étaient plus loin et ils durent se camoufler pour éviter la seconde patrouille qui approchait. C’est le moment que je choisis pour me vautrer bruyamment, emmenant la table avec moi et provoquant un fracas tout à fait inapproprié. Les deux orks approchèrent, intrigués. Pendant que Gothzul, Jeb et So’tek neutralisaient prestement ces deux gêneurs, Thregaz et moi poursuivîmes notre inspection et passâmes dans la pièce suivante. C’était une chambre, certainement celle de Faërul à en juger par les affaires et les vêtements, plutôt féminins. Nous ne nous y attardâmes guère car la trappe ouverte dans le plancher indiquait précisément où étaient passés les occupants du bâtiment.


Alors que le reste de l’équipe nous rejoignait, Thregaz et moi entamâmes la descente de l’escalier en colimaçon. Après avoir descendu une bonne cinquantaine de marches, nous arrivâmes dans une vaste salle souterraine. Tout ceci semblait ancien et la cabane avait certainement été construite volontairement dessus. Nous tombions en plein rituel, avec nécromancien, cercle de crânes et tout le reste. Les protagonistes s’interrompirent à notre arrivée. Il y avait une mince et avenante troll – certainement Faërul – deux gardes humains, un ork et un archer sylphelin.

La discussion s’engagea immédiatement entre Thregaz et Faërul qui semblaient bien se connaître. Tiens, tiens… Monsieur nous avait fait des cachotteries ! La discussion s’éternisa sur des événements inconnus du reste du groupe. D’après ce que j’en compris, la jeune troll était la seule survivante du clan de Thregaz, avec lui-même, et il cherchait à obtenir des informations sur ce qui s’était passé le jour où tout le clan s’était étripé. Et comme je l’avais craint, la voix de Faërul avait des effets perturbants sur notre ami qui semblait désormais hésitant et nettement moins vindicatif. Comprenant également la situation, Gothzul s’avança vers Faërul mais un garde s’interposa. Sans hésiter, l’ork frappa l’humain et déclencha un combat généralisé, comme si chacun n’attendait qu’un geste pour sauter sur ceux d’en face.
Pour ma part, je fonçai immédiatement sur le sylphelin que j’avais identifié comme le pénible n°1, hormis Faërul. La facétieuse créature esquiva mon assaut et se mit rapidement hors de portée en s’envolant vers le plafond d’où elle pouvait décocher ses flèches. Cette petite raclure nous causa quelques soucis jusqu’à ce que So’tek s’intéresse à son cas et lui fasse faire connaissance avec son sort de danse des os.

Dans la salle, le combat fit rapidement rage et Thregaz semblait l’homme… enfin le troll… à abattre pour ceux d’en face. Il écopa de plusieurs blessures, y compris celle, vicieuse, d’un adepte voleur ork qui jaillit des ombres pour le planter cruellement. Même s’il distribuait également, Monsieur n’était pas dans son meilleur jour, sans doute déjà ensorcelé par Faërul. Il y eut la blessure de trop et notre troll tomba dans l’inconscience.
De son côté, Faërul utilisait ses talents pour nous affaiblir individuellement à tour de rôle, par des sarcasmes qui minaient notre concentration et notre efficacité. La troll menant le camp d’en face, nous décidâmes de concentrer notre action sur elle. Après quelques assauts de Gothzul, bien épaulé par la magie des t’skrangs et plus modérément par mes modestes attaques, Faërul consentit à tomber dans l’inconscience. Comme nous l’avions espéré, une fois la chef à terre, les autres adversaires se dispersèrent rapidement et fuirent la zone.

Peu après, Thregaz reprit connaissance et n’était pas particulièrement ravi de s’être fait manipuler et d’avoir été obligé de manger la poussière une fois encore. Entre-temps, nous avions attaché et bâillonné la jeune troll. Il n’était plus question de la laisser nous influencer. Nous décidâmes de l’interroger par écrit. Elle fit bien évidemment des difficultés au début, mais elle comprit assez rapidement qu’elle n’avait pas trop le choix. Elle nous expliqua qu’elle avait été formée secrètement par son père, au sein de son clan. Elle avait utilisé ses talents de troubadour et sa magie pour déclencher un combat de masse au sein du clan et provoquer une extermination complète. Seul Thregaz y avait échappé car absent ce jour-là. Depuis, l’écumeur du ciel avait cherché partout Shaergraz (le vrai nom de Shaërul) pour connaître la vérité. Shaergraz nous expliqua ensuite que les Horreurs faisaient partie de la vie et qu’elles étaient là pour nettoyer le monde afin qu’il puisse renaître au cycle suivant, que nous ne faisions que lutter contre l’inéluctable, que nos efforts pour nos petites vies étaient pitoyables, etc. Bref, une nouvelle fanatique endoctrinée à la même école que l’autre abruti de danseur caudal t’skrang du lac de Rhem. Suite à nos questions, elle nous informa aussi qu’elle n’était pas capable d’asservir les Horreurs et que c’était le boulot d’un certain Tyrlaan, un nécromancien elfe qui s’était rallié à ses desseins.
Shaergraz étant, avec lui, la dernière survivante du clan Garnaz, Thregaz ne put se résoudre à la tuer. Cependant, en punition de ses actions déshonorantes, il décida de lui couper les cornes. Ce rituel avait sans doute plus d’importance pour l’écumeur du ciel que pour la troubadour, elle qui était loin des questions d’honneur.
Pendant ce temps, j’attirai l’attention des t’skrangs sur la nécessité d’ôter l’attirail magique qu’elle portait sans doute sur elle. En effet, un sort de détection et quelques manipulations plus tard, un petit tas d’objets avait rejoint leurs sacs à dos. A examiner plus tard. Nous décidâmes d’emmener la troll avec nous, en cadeau à Karak.

A l’extérieur, c’était la panique. D’autres vers krill étaient venus se joindre à la fête, puis une femelle. Et là, c’était plus la même histoire, car madame faisait presque la taille d’un troll, avec ailes, tentacules et tout le bazar. Bref, c’était un sacré foutoir, et le fait que la patronne n’était plus là pour donner des ordres n’arrangeait rien. Surtout si les fuyards avaient répandus l’info qu’elle avait été capturée.
Assez rapidement, les orks fuirent le camp. Nous en profitâmes pour libérer les prisonniers. Et parmi ceux-ci se trouvait le père de Gothzul. Là, ça commençait à faire beaucoup. Après la troll du même clan que Thregaz, voilà le père de notre ork qui arrive en plein milieu. Je commençais fortement à douter que notre présence au milieu de cette guerre soit vraiment un hasard. Et je me disais que mes compagnons étaient vraiment de vilains cachottiers…

Nous retrouvâmes Mourgo Blanches-blessures. Il fut assez étonné que nous revenions avec la troll. Selon lui, notre mission consistait à la tuer. Nous la lui remîmes en lui disant qu’il pouvait en faire ce qu’il voulait. Une seconde plus tard, l’épée de l’ork transperçait le corps de Shaergraz. Deux secondes plus tard, elle séparait la tête du corps. Mourgo ramassa la tête et partit la porter à Karnak après un rapide remerciement. Il nous conseilla, toutefois, d’attendre un jour ou deux avant de rejoindre Brindol. Le temps que Karak reprenne en main ses troupes et que le reste se disperse.
Nous décidâmes de repartir au camp de Shaergraz pour y patienter. C’était un endroit qui en valait un autre et nous avions tout sur place : maison, nourriture et lit. En espérant que les vers krill n’y aient pas élu domicile. Et en espérant aussi qu’un certain Karak Œil-de-sang honorerait sa promesse.

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