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 Chapitre 22 - Un retour contrarié

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


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MessageSujet: Chapitre 22 - Un retour contrarié   Ven 11 Nov - 16:32

Chapitre XXII – Un retour contrarié


La nuit avait été calme, hormis quelques aboiements au loin. Le groupe avait bien profité de sa nuit de repos. Pas moi. Je me sentais toujours aussi faible et à deux doigts de tourner de l’œil. Heureusement que Jorr était là car, dans mon état, je ne valais pas tripette comme éclaireur. A la mi-journée, un groupe de nuages de pluie décida de faire copain-copain et ne nous quitta plus. Thregaz demandant à Jeb s’il était possible avec sa magie de changer des nuages d’eau en nuage de bière. Le t’skrang, amusé, répondit par la négative mais promit d’y réfléchir.

J’étais en piteux état, mais pas au point de ne pas remarquer que nous étions suivis.
« - Les gars, je vous informe que nous sommes suivis par un groupe de cavaliers.
- Nombreux ? s’enquit Thregaz.
- Entre six et dix, je dirais.
- Tu sais qui c’est ? demanda à son tour Gothzul.
- Non, la pluie ne m’aide pas beaucoup. Mais, vu l’endroit, je ne pense pas que ce soit des amis.
- On fait quoi ? On accélère ? s’enquit So’tek.
- Compte tenu de notre état et de leur proximité, ça ne servirait à rien. Ils peuvent nous tomber dessus quand ils voudront, de jour comme de nuit. En plus, ils sont sans doute meilleurs cavaliers que nous, répliquais-je.
- Eh ! causes pour toi mon gars ! s’énerva Gothzul.
- Sauf Gothzul bien sûr ! m’excusais-je. Pour ma part, je propose une embuscade pour s’en débarrasser.
Ils me regardèrent tous comme si j’avais un troisième œil qui m’était poussé au milieu du front.
- Toi, tu proposes un combat qu’on peut éviter ?! s’exclaffa l’ork.
- Et s’ils ne nous suivaient pas ? interrogea Jeb
- Qu’est-ce qu’ils foutraient là sinon ? Et ils voyagent à la même vitesse que nous. Non, ce n’est pas une coïncidence. Et ils ne vont certainement pas nous regarder rentrer tranquillement à Brindol.
- Et si nous utilisions une ruse ? intervint Thregaz.
Nouvel instant de stupeur dans le groupe, moi y compris. Thregaz qui veut ruser ?
- Comment ça ? Tu penses à quoi, lui demandai-je.
- Jorr continue avec toutes les montures et nous on se planque. Sans cavaliers, Jorr pourra aller plus vite, ils les entraînera derrière lui et les distancera. Et nous, nous serons dans leur dos sur une autre route.
- S’ils ont un pisteur pas aveugle, il verra assez vite que les montures sont moins chargées et il en tirera les conclusions qui s’imposent, rétorquais-je.
- Pas sûr avec la pluie, intervint Jorr. Le plan de Thregaz peut marcher.
- Humpf ! Je ne le sens pas ce coup-là mais si vous êtes tous d’accord, on fera ça.
- Notre équipe n’est pas vraiment en état de tendre une embuscade, fit remarquer Jeb, non sans justesse.
- Mouais, mais on ne sera pas en meilleur état le moment où ils nous tomberont dessus à l’improviste. Et nous aurons perdu l’avantage de la surprise. So’tek ?
- Je préfère le plan de Thregaz.
- Gothzul ?
- J’ai rien contre une bonne baston en temps normal, mais là, on n’a déjà tous eu notre dose. Alors si on peut éviter, je préfère.
- OK, c’est décidé. On va faire la ruse de Monsieur, conclus-je sans enthousiasme.

Nous appliquâmes donc le plan de Thregaz. Le groupe démonta et quitta le sentier pendant que j’effaçai nos traces, aidé par la pluie. Jorr nous confia également ses chiens afin de pouvoir accélérer si nécessaire. Nous nous cachâmes juste avant que nos poursuivants n’arrivent à notre hauteur. Ils étaient neuf orks : six wargs du crâne, un pisteur, un maître des animaux avec deux chiens et un cavalier monté sur une bête de la toundra corrompue. C’est sûr que même dans une embuscade, nous ne partions pas gagnants.
Nous marchâmes jusqu’à la fin de journée en longeant la piste. Je dégottai un endroit correct pour le campement et nous fîmes une halte. Je fus réveillé par Jeb peu avant l’aube car les chiens étaient nerveux et semblaient flairer un truc dans une direction. Je partis discrètement de manière à arriver de flanc vers l’endroit qui affolait les chiens. Je finis par repérer une bestiole qui rentrait dans un gros terrier. Un gros lézard avec des yeux qui semblaient briller d’un feu intérieur. Cela me rappela vaguement une histoire ou un conte déjà entendu et j’identifiai le bestiau comme étant sans doute un basilic. Un truc très dangereux. Je repartis vers le camp encore plus prudemment que j’étais venu et réveillait tout le monde pour prendre notre petit déjeuner un peu plus loin.

Le lendemain, à la mi-journée, je remarquai un cadavre au milieu de la piste que nous longions de loin. Accompagné de Jeb et de Gothzul, j’allai prudemment y jeter un œil. Il s’agissait de l’un des wargs du crâne qui nous poursuivaient et il avait été tué de plusieurs coups d’épée. Avaient-ils rattrapés Jorr ? Les traces étaient nombreuses autour, mais je n’y décelai nulle indication d’un combat. Perplexes, nous reprîmes notre route.
La nuit suivante, nous fûmes attaqués par le groupe d’orks. Ils avaient retrouvé notre piste et nous assaillaient à l’improviste, de nuit. Bref, exactement ce que j’avais initialement craint. Pour une fois, j’avais eu raison de choisir l’option combat. Mais il avait peu de chances que je puisse m’en vanter : blessés, surpris, mal protégés et en sous nombre, mes compagnons et moi-même n’étions pas en position de remporter un tel combat. Cela risquait même de tourner au massacre.

So’tek s’effondra dès le début, assaillis de toutes parts. Le reste du groupe, aidé par les chiens essaya de faire face. Alors que j’affrontai déjà un adversaire, la bête de la toundra me renversa et me blessa cruellement. Mal en point, je parvins à me relever pour tenter d’occuper un ennemi, à défaut de vraiment le blesser. Il s’ensuivit une mêlée confuse où les blessures s’accumulèrent des deux côtés sans avantage réel. Toutefois, c’est la fraîcheur physique qui allait faire la différence. Quelques passes d’armes plus tard, Thregaz tomba sous l’accumulation des blessures, suivit quelques secondes plus tard par Jeb. Ne restaient plus que Gothzul et moi. L’ork tenait le centre et monopolisait l’attention de nos assaillants. Contraint à la défensive par le nombre d’adversaires, notre guerrier ne parvenait que rarement à les blesser. Pour ma part, après en avoir fini avec mon ork, j’assaillis le maître des animaux et parvint à le blesser. Alors que je m’apprêtais à enchaîner une nouvelle attaque pour profiter de mon avantage, je fus heurté une seconde fois par la monture du cavalier ork. Mon corps décida que cela faisait trop pour lui et je sombrai à mon tour dans l’inconscience…

Nouveau réveil douloureux. Cela devenait une habitude des plus déplaisantes. Nous étions tous dans une minuscule chambre. Mes compagnons m’informèrent que nous nous trouvions à l’auberge de Daoss. Nous en étions à émettre toutes sortes d’hypothèses sur notre sort futur lorsque nous entendîmes les orks présents dans la salle du bas faire un raffut tel que nous avions l’impression qu’ils s’étripaient. Alors que le vacarme diminuait peu à peu, la porte s’entrouvrit et un vieil ork entra discrètement. Après nous avoir jeté un rapide coup d’œil, il déclara qu’il nous prenait désormais en charge et nous emmenait à son maître, Karak Œil-de-sang. Ce dernier avait des informations à nous communiquer. Voilà une tournure de phrase étonnante. Il nous aurait dit qu’il avait des questions à nous poser avant de nous tuer, j’aurais compris. Mais là…nous étions tous perplexes.
Il nous laissa là jusqu’au lendemain, afin que nous remettions un peu de nos blessures. Nous quittâmes ensuite l’auberge, non sans remarquer que nos anciens gardes avaient disparus et qu’il y avait de belles gerbes de sang ici et là dans la salle principale. Mourgo – le vieil ork – nous escorta avec un détachement vers Brindol. En fin de journée, nous aperçûmes la ville assiégée qui tenait encore bon. Nous traversâmes l’armée ork à la nuit tombée, alors qu’elle se repliait pour prendre ses quartiers du soir. Si j’avais été général ork, c’est la nuit justement que j’aurais lancé mes forces à l’attaque afin de profiter de l’avantage de la vision nocturne de mes troupes. Mais bon, ils devaient savoir ce qu’ils faisaient. Malheureusement.

Nous continuâmes à voyager pendant une heure en direction du sud et atteignîmes une ferme isolée et partiellement en ruines. L’intérieur était chichement éclairé de quelques bougies. Nous y rencontrâmes Karak Œil-de-Sang. Trapu, imposant et balafré, il dégageait à la fois une impression de force brute et de lassitude. Le chef ork nous observa un moment d’un regard incisif, puis entama la discussion d’une voix rauque.
« - Vous voilà enfin ! Vous m’avez causé bien des soucis et cela fait déjà un bon moment que j’ai l’ordre de vous neutraliser. Je vous ai enfin à ma disposition, mais la situation a changé et je pense que vous pouvez désormais m’être utile.
Nous étions intrigués par ses propos et nul ne pipa mot.
- Il faut que je vous explique la situation, continua-t-il. Je ne suis plus le véritable chef de notre armée car j’ai été ensorcelé - ainsi que les autres orks - par les mensonges et les sortilèges d’une sorcière du nom de Shaërul Verbe-clair. Pour ce que j’en sais, c’est une adepte troubadour martial. Je me planque depuis plusieurs jours ici afin d’échapper à son influence et je ne veux plus la suivre. Toute cela va trop loin ! Je n’aime ni ses fréquentations, ni ses intentions. Elle fraye avec des Horreurs et autres saloperies.
Là, pour le coup, nous étions assez estomaqués par l’évolution de la situation.
- Et qu’attendez-vous de nous ? m’enquis-je
Surpris d’être questionné par un misérable humain - en piteux état qui plus est - Karak me jeta un regard noir mais répondit toutefois.
- Je sais où elle se terre et je veux que quelqu’un nous en débarrasse.
- Pourquoi ne pas intervenir vous-même ? questionna Gothzul.
- Tout d’abord, je ne sais pas trop à qui je peux faire confiance parmi mes hommes. Personne ne bronche pour l’instant, mais si je demandais à mes hommes de l’attaquer, certains se retourneraient peut-être contre moi. Vous, je suis sûr qu’elle ne vous a pas déjà ensorcelé. En plus, elle est bien entourée et je ne suis pas certain de réussir une telle attaque. Vous, je peux vous sacrifier sans qu’elle fasse le lien avec moi.
- Comme c’est gentil ! commenta doucement So’tek.
- C’est bien beau tout ça, mais on y gagne quoi à tenter votre mission suicide ? contrais-je. Pour nous, que l’armée ork soit commandée par elle ou par vous, ça reste une armée ork qui massacre à tour de bras.
Il se pencha vers moi et répondit lentement, en pesant chaque mot.
- Si vous me débarrassez de Shaëerul, je reprends en main la horde et je lève le siège. J’en ai marre de cette guerre qui a déjà coûté la vie de beaucoup trop de monde, dont de nombreux orks.
- Qu’est-ce qui nous prouve que vous tiendrez parole ?
- Rien du tout, petit humain ! Mais avez-vous vraiment le choix ? Si tu ne veux pas y aller, tu ne sers à rien. Et si tu ne me sers à rien…
Je ne lui en voulu pas du tout de ne pas finir sa phrase.
Je consultai du regard les autres et tous semblaient plutôt d’accord. Et, comme l’avait souligné Karak, nous n’avions pas vraiment le choix.
- Très bien, nous acceptons. Mais nous ne sommes guère en état de faire des étincelles en combat.
- En gage de bonne volonté, je vais mettre ma guérisseuse personnelle à votre disposition ».

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