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 Chapitre 17 - Le Noir Marais

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar


Messages : 541

MessageSujet: Chapitre 17 - Le Noir Marais   Mar 8 Nov - 22:12

Chapitre XVII – Le Noir Marais


Le lendemain matin, nous traversâmes l’Olsir par la porte sud de la ville et prîmes la direction de Sombre-Gué. La journée se passa sans anicroche et nous atteignîmes le village comme prévu. La plupart des maisons étaient évacuées ou en voie de l’être. Nous trouvâmes un abri pour la nuit dans une ferme habitée par une sympathique famille de nains qui étaient ravis d’avoir un peu de compagnie et des nouvelles du vaste monde.
Nous repartîmes au matin, de bonne heure, après un solide petit-déjeuner. Pour ça, les nains savent y faire. Quelques heures plus tard, depuis ma position d’éclaireur, j’aperçus une barricade érigée de façon à bloquer toute traversée du gué suivant. Je revins vers les autres pour leur exposer le problème. Compte tenu de la forte position défensive des orks et de leur nombre inconnu, nous décidâmes de contourner l’obstacle et de chercher un autre passage. Ce qui ne fut guère compliqué pour un adepte éclaireur.

En fin de journée, alors que je cherchais un emplacement approprié pour s’y arrêter la nuit, je découvris un campement ork protégé sur deux côtés par des carcasses de chariots. Nos guerriers étaient frustrés d’avoir dû éviter le précédent affrontement et ils insistèrent pour rentrer dans le lard des orks. Bizarrement, mon avis plus mitigé n’emporta pas la majorité.
Bref, le combat s’engagea bientôt contre la petite dizaine orks établis là. La confrontation fut acharnée et Thregaz dût, entre autres, faire face à un terrible serpent hérissé de piques. Malgré un affrontement difficile et incertain pendant un temps, notre groupe finit par l’emporter, comme d’habitude. Et ma prestation martiale fut ridicule, comme d’habitude. Au moins avais-je réussi à éviter de trop recevoir, faute de beaucoup donner, et ce n’était déjà pas si mal.
Dans les restes des chariots orks, nous découvrîmes des caisses contenant des armes et des armures. Toutefois, toutes les armures étaient de taille naine et les armes étaient trop lourdes pour nos lanceurs de sorts et trop petites pour nos guerriers. Bref, sans intérêt pour nous.

Après une nuit de repos calme qui permit au groupe de récupérer d’une partie de ses blessures, nous obliquâmes plein est, vers le Noir Marais. Le terrain se fit de moins en moins régulier et progressivement plus humide, voire franchement traître par endroit avec ses tourbières. Cet endroit demandait une vigilance de tous les instants mais ce n’était rien d’insurmontable pour un éclaireur déjà chevronné comme moi. Le plus difficile était de trouver un chemin qui convienne à nos deux poids lourds. Je ne m’inquiétait pas pour les t’skrangs car tomber dans l’eau, même vaseuse, ne les effrayait pas outre mesure. En revanche, pour nos guerriers bardés de protections et d’armure, c’était une autre paire de manche. Si je n’étudiais pas soigneusement le terrain et sa résistance, cette histoire pouvait vite tourner en eau de boudin et sentir mauvais. D’ailleurs… à propos de sentir mauvais, je remarquai soudain que le coin puait littéralement ! Une odeur de pourriture et de décomposition atroce qui me donnait une seule envie : m’en éloigner. Maîtrisant mon instinct, je poussais plus loin pour savoir quel truc pouvait dégager une odeur aussi horrible.
Ce relent répugnant avait dû oblitérer tous mes sens tant la créature qui surgit brusquement me prit par surprise. Avant de comprendre ce qui m’arrivait, je fus projeté à terre et lardé de griffures et de morsures. Je fus secouru par l’arrivée rapide de Thregaz qui obligea la créature à s’envoler pour ne pas subir ses assauts dévastateurs. Le volatile puant effectua alors des attaques rapides en piqué mais qui n’eurent pas l’efficacité escomptée. Aguerri et bien soutenu par Gothzul et par la magie des t’skrangs, Thregaz fit bientôt mordre la poussière (plutôt la boue en fait) à la créature.
Furieux, blessé dans ma chair et dans mon amour-propre d’éclaireur - qui était désormais bien sale - je me lamentai sur mon état et sur celui de ma belle tunique de cuir. Une bestiole aussi dégoûtante ne respectait rien ! Écœuré, je boitillai un peu plus loin pour revenir sur un coin plus sec et où l’odeur était moins répugnante. Les guerriers et So’tek inspectait la créature pendant que Jeb fouillait le tas de cadavres qui dégageait cette odeur de pourriture. Beurk !

Ce fut le moment que choisi l’autre saloperie pour se manifester. Une petite voix plaintive dans ma tête se désolait de mon attitude. Elle me demandait un peu plus de collaboration. Il fallait retrouver et lui rapporter l’épée en os qui avait été volée chez Selwyn. Tout mon être se révulsa à ce contact mental et ses fausses promesses. J’envoyai une pensée de refus - accompagnée d’une bordée de jurons – aussi fort que possible. La réaction ne se fit pas attendre et je fus pris d’une migraine violente et de vomissements sanglants. Vu mon état, cela suffit à me faire rapidement perdre connaissance…Rideau !

Un temps indéterminé plus tard, je repris conscience sur l’épaule de Thregaz. Je lui demandai de me reposer et constatai que je pouvais à peu près marcher, même si j’étais blessé et affaibli. Je fis la connaissance d’un petit groupe de sylphelins qui avaient rencontré le groupe et nous accompagnaient à leur village. Leur hospitalité ne serait pas du luxe pour moi.
Une fois dans la communauté du petit peuple ailé, nous fîmes la connaissance de leur chef, Leleria.
« - Bonjour étrangers et bienvenue dans notre modeste village. Tout d’abord, je tiens à vous remercier de nous avoir débarrassé de cet espagra. Cette ignoble créature a encore tué l’un des nôtres ce matin. Le pauvre Lanikar n’est plus et nous célébrerons dignement sa disparition demain. Ceci étant dit, pourrais-je connaître la raison de votre présence en ces lieux, les étrangers sont rares en ces contrées.
- Nous nous rendons au lac de Rhem, répondit Jeb, afin de vérifier s’il ne s’y déroule pas des événements étranges.
- Hum ! Des événements étranges… vous ne croyez pas si bien dire, répondit pensivement la sylpheline. Mais qui êtes vous et que vous importent ce qui peut se passer en ces lieux reculés ?
- C’est le baron Lemak de Brindol qui nous envoie. En plus, y’avait un dessin bizarre à l’endroit du lac de Rhem sur une carte qu’on trouvé, répondit Gothzul avec sa concision habituelle.
- Le baron de Brindol ? C’est donc que ça doit être important, commenta Leleria. A l’origine, Rhem était la capitale d’un ancien royaume nain. Ce royaume, comme les autres, n’a pas survécu au châtiment et un lac recouvre désormais les ruines, hormis les bâtiments les plus hauts qui dépassent à peine le niveau de l’eau. Récemment, des orks et des t’skrangs ont fait leur apparition et se sont installés dans les ruines dans le lac. Depuis, les espagras et les créatures mauvaises des marais se multiplient et sont plus agressifs que jamais. Ce n’est certainement pas une coïncidence.
- En effet, tout cela ressemble bien aux agissements, directs ou indirects, d’une Horreur tel que nous avons pu le voir ailleurs, commentais-je d’un air songeur. Je pense que cela confirme la nécessité d’aller faire un tour à ce lac.
- On part quand ? demanda Thregaz.
- Je pense que nous vais rester là demain afin de récupérer encore de mes blessures. Puis j’irai faire un repérage du coin avant de revenir vous rechercher.
- Tu veux y aller tout seul ? m’interrogea Gothzul avec un air mi-surpris mi-réprobateur.
- En effet, pour aller jeter un coup d’œil, je serai plus discret.
- Et si tu tombes sur un autre espagra ? s’enquit So’tek d’un air malicieux.
- Hé bien, je serai encore plus discret un fois caché au fond de son estomac… Bon, les gars, merci de vous inquiéter pour moi mais je serai prudent, promis. »
Les autres n’étaient pas trop convaincus par mon apparente confiance. Je ne pouvais pas leur en vouloir car je ne m’étais même pas convaincu moi-même. N’empêche que le rappel de l’espagra était un coup bas…
Le lendemain eut lieu la célébration en l’honneur de Lanikar. Ce fut plutôt une fête en son honneur. L’esprit espiègle et joyeux des sylphelins ne concevait pas une cérémonie funèbre et recueillie. Pour eux, Lanikar avait été un compagnon qui méritait que l’on fasse la fête en son honneur. Notre groupe y pris part de son mieux. Gothzul et Treghaz éclusèrent une partie de l’alcool local. Pour ma part, mes modestes talents musicaux eurent un certain succès.

Après une nouvelle nuit de repos, j’étais a peu près rétabli et je me mis en route à l’aube, accompagné d’un guide sylphelin. Cela me permettait de gagner du temps car il connaissait la route et sa vision en hauteur me permettait d’éviter bon nombre de pièges naturels de cet endroit traître. Les talents d’éclaireur sont très utiles mais ne confèrent pas une protection ultime.
Une fois sur place, je pus observer les environs et remarquai les deux bâtiments qui dépassaient de l’eau stagnante du lac et les pontons en bois érigés autour d’eaux afin de les relier. Les orks y accédaient à l’aide de barques camouflées dans des buissons au bord du rivage. Mais les buissons n’avaient aucun secret pour moi. Il y avait sans doute des patrouilles et des guetteurs et il faudrait être vigilants. Le groupe qui surprendrait l’autre aurait un avantage décisif et il valait mieux que ce soit le nôtre. Je retournai vers mon petit guide et nous prîmes le chemin du retour.

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